13/02/2017

Les Eleveurs – restaurant bien élevé – Halle, Brabant Flamand, Belgique.

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Voilà une maison qu’elle est ancienne, 120 ans au compteur, un patron, Andy De Brouwer , qui est la 4° génération de patron familial de l’institution, ancien café de village, devenu hôtel-restaurant, et ça y est, bingo, c’est arrivé à Halle aussi, au-delà du ring, à 16 km de Bruxelles et 280 de Paris, sur l’enseigne,  ya marqué « bistronomie ». 

Bistronomie, on ne sait plus que faire avec ce mot valise qu’on nous sert à toutes les sauces ;  allez, on décide qu’on s’en tape du mot, d’autant qu’on sait déjà, parce qu’on est déjà venus, que le patron il assure sa race en matière de vins, qu’il adore la découpe en salle et que le chef, Michel Borsy, ancien du Chalet de la Forêt, du Rouge Tomate et de feu l’amateuriste Gaspar (mais la cuisine était bonne) qui officie aux Eleveurs  depuis un an sait y faire quand il s’agit de gourmandise.

J’y avais mangé il ya quelques mois un plus que bon menu avec dedans du volatile tiré en vol (je n’aime pas trop la chasse mais j’aime bien quand ça tombe dans mon assiette) et là nous optons, ma commensale et moi pour la carte, parce quand même c’est trop gai de manger à la carte, que ce soit à la friterie ou dans un deux étoiles, oui, bordel, j’aime la carte, donnez moi la carte (que ça fait parfois encore plus fumer la tienne de carte, mais tant pire).

Donc, Saint-Jacques rôties pour moi (avec un beurre blanc que je terminerai à la cuiller) et excellent gratin moutardé de tête de veau pour mon amie qui aime manger qui m’accompagne. La tête de veau manque un fifrelin d’assaisonnement – on corrige avec deux grains de fleur de sel –  on poursuit  d’une volaille rôtie pour deux, pour laquelle nous prenons l’option demi-deuil avec truffe mélano glissée sous la peau. Cette option nous sera facturée 40 euros, ça douille un peu mais c’est de la vraie mélano.

La volaille vient de la Pouletterie de Lustin,  l’éleveur en vogue du moment et ça vaut toutes les volailles de Bresse et c’est local. L’autre jour que je cherchais où était Mettet, je me suis perdu à Lustin, c’est pas loin, c’est local.

La volaille arrive entière, Andy réalise des prouesses à la découpe, il faut le voir, il est plus précis qu’un chirurgien plastique, il renvoie ensuite la volaille en cuisine qui revient  sur assiette avec une très belle sauce au porto, des légumes juste cuits (mais cuits) et même quelques frites que nous n’hésiterons pas à demander en sus.

La truffe est juste présente, bien là, on ne regrette pas les 40 euroballes.

Dans les verres ? Au verre, à l’initiative d’Andy qui, sans chercher à épater avec des vins trop nature, préfère quand même en général  le bio. Avec les vins au verre, j’oublie toujours ce que j’ai bu, mais ça m’est un peu égal, vu que les accords étaient justes, notamment avec mes Saint-Jacques .

Avec la volaille, nous avons bu le vin fait « pour Andy », en Grèce, déjà bu lors d’un précédent dîner, rond et équilibré et qui se mariait très bien tant avec la sauce, la chair que les truffes qui embaumaient le volatile décédé.

Les Eleveurs, c’est une vraie maison, un vrai restaurant avec aux commandes un restaurateur et en cuisine un vrai chef.  Ici, cela transpire le métier, fait avec passion, pour le plaisir du client qui aime manger et boire.

 

Les Eleveurs.

Suikerkaai 1A

1500 Halle

16:25 Écrit par Carlo dans chefs, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

19/01/2017

La Péniche - Bistrot presque décadent - Quai au bois à brûler 37 - 1000 Bruxelles

 

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C'est un endroit qui ressemble à quelque chose qui n'existe plus, le bruxellois de souche; ici on en tiendrait plutôt une, de couche, tant le lieu, un bistrot bringuebalant où on mange vraiment, affiche une vétusté assumée mais pas forcément en pleine conscience, pour tout dire, ça confine un peu au brol.

Quai au bois à brûler, oui, Sainte-Catherine quoi, à un jet de pils de nombre d'adresses branchées du quartier, Henri, Selecto, San, Gramm, pique et pique et Viva M'Boma; et, selon la formule tartignole consacrée, le temps s'est arrêté à la Péniche.

La charmante hôtesse des lieux parle encore un peu bruxellois, le patron est en cuisine, tout cela ne respire pas forcément l'HACCP hyper rigoureux, mais on est tout de suite juste bien et le menu du jour (qui se réduit très vite, les gens ici mangent à midi pile le repas chaud du midi) se compose de stoemp saucisses, d'immenses soles, de steak et surtout, d'un de mes dada, j'ai nommé le steak de cheval, oui j'aime le steak de cheval, henni soit qui mal y pense. Je le demande à l'ail (kuck eleï), on me répond "What else?" (enfin, on me le dit en Beulemans) et, je reçois un magnifique pavé de cheval, avec le jus de cuisson tout près, le genre de jus de cuisson à base de beurre un peu tout à fait brûlé (d'ailleurs, est-ce du beurre?), avec les morceaux d'ail dedans. t'as plus mangé ce genre de choses depuis le décès de ta belle-mère, et putain, c'est bon ce jus sur le cheval bien saignant, bien meilleur encore que le cheval melba du regretté Desproges.

Tu reçois encore un bol de salade qui est une vraie salade (pas ces saloperies de bouts de plastique avec plein de salades dures comme du chiendent livrées en vrac par tous les food service du royaume) avec de la salade de blé et du chicon, une clotte de mayonnaise, juste bon. Des frites? Oui, des frites, qui font le job, sans plus, mais j'en viendrai à bout, de mes frites, ce qui est toujours plutôt bon signe en matière de frites.

Une bière un café, une petite addition toute modeste, j'ai bien mangé tout mon steak et ma salade, j'avais même réussi à me garer devant et à faire fonctionner le parcmètre le plus compliqué du monde, joie et turgescence, vive la Péniche!

 

14:22 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

29/12/2016

Mes restaurants 2016 qui m'ont (bien) tenu par l'appétit (et les papilles ça va sans dire, mais ça va mieux en le disant)

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ne liste non exhaustive de restaurants fréquentés en Belgique en cette année 2016, truffée d’alzheimer (donc d’oublis) forcément subjective  et  qui n’obéit pas à la règle des dix meilleurs, vu que ça ne veut rien dire les dix meilleurs. On pourra aussi observer ou reprocher la bruxello-ixello-centralité de la liste, j'ai choisi de ne pas mettre ici de restos fréquentés à l'étranger et j'aime manger près de chez moi.

Il y a là dedans des restaurants où je n’étais pas allé depuis mille ans, et d’autres que je fréquente assidûment et qui restent à la fois « top of list » et top of mind ». Il s’agit, tous, de restaurants qui agissent directement sur mon appétit, qui excitent mon envie d’y retourner. J’ai très bien mangé dans moult autres adresses, j’en fréquente assidûment d’autres qui ne sont pas dans cette liste, j’ai décidé d’arrêter à 17, parce que, c’est deux fois huit plus un.

On ne sait jamais, des fois que ça intéresse des gens, et sinon c’est pas grave, car le simple fait de me repasser les photos de ces excellents moments pour ma bouche mon nez et parfois autre chose, m’a déjà à moi, fait passer un bon moment et m’a rappelé pourquoi je n’allais jamais pouvoir m’offrir une Rolex (je m’en fous j’ai passé  cinquante ans et le speedmaster de mes 26 ans est toujours au top) .

J’ai choisi d’associer un lieu avec un plat, donc pour entrer dans la liste, fallait –entre autres - déjà que je me souvienne d’au moins un plat dans le restaurant en question, si je ne me souviens pas d’au moins un plat, alors je ne coupdecoeurise pas, mais il y a quand même deux exceptions où j’ai  kiffé le menu, voire l’expérience globale sur plusieurs repas.

Le classement  est dans le désordre, merci pour votre bonne attention.

  1. Osteria Bolognese.

Rue de la Paix, 49, 1050  Ixelles. Parce que je ne me lasse pas de leur « tagliere » de charcutailles avec les « crescentine », que je tartine de mousse de mortadelle et de pesto modenese. Les plats – après l’antipasto - sont simples, voire minimalistes ? Les pâtes fraîches sont importées ?  Peut-être, mais  cela va où ça doit aller. Et la photo d’Alberto est sur le mur du comptoir avec les autres ancêtres du CCN pour l’éternité.  Une seule requête, Giacomo,  ne restez plus jamais à court d’ « Amaro del Capo » Per favore !.

  1. Yi Chan

Rue Jules Van Praet, 13, 1000 Bruxelles. Neo-chinese (+ cocktails, why not ?) finalement. Oui, finalement un renouveau dans la cuisine chinoise à Bruxelles.J’y suis retourné pour le cocktail Penicilin smokey… ?  Je ne sais plus,  wathever, même si une fois sur deux le smoking gun n’était pas là pour fumer encore plus le bazar. Cette alliance de fumée et de whisky tourbé c’est juste magique.  Et aussi,  j’y retourne encore et encore pour le dim sum farci au bouillon. Mode d’emploi : tu mets le dim sum dans ta cuiller tu perces pour libérer le bouillon, tu slurpes le bouillon, tu gobes le dim sum, argh.

  1. Little Paris

Chaussée de Bruxelles, 89, 1410 Waterloo. Mon bistrot gourmand préféré du moment. Pour tout, pour toutes les assiettes, pour Arold, l’homme qui sourit à la vie et Stefano et son troisième degré sous le bras.  Une joie de tous les moments à chaque fois. Un oscar particulier pour la croquette de pieds de cochon. J’aurais bien sucé les orteils de cet ongulé toute la nuit.

  1. Bozar Brasserie

Rue Baron Horta, 3, 1000 Bruxelles. Maintenant qu’il est étoilé, il a plein de nouveau amis. J’ai tout aimé, j’y ai souvent trop mangé. J’ai domestiqué le chef Karen Torosyan (pas plus d’une petite entrée, sinon je décède) et  j’ai apprivoisé la découpe du Pithiviers pour ne pas qu’un tel travail s’effondre au bout de deux coups de fourchette. Je suis persuadé que l’on fera de plus en plus, depuis la France,  et même depuis  le monde entier, le voyage vers Bozar Brasserie, pour rencontrer cette gastronomie qui met les connaissances d’aujourd’hui au service des classiques anciens. Un tel artisanat est juste totalement unique chez nous.

  1. Bon-Bon

Avenue de Tervueren , 453, 1150; Woluwé-Saint-Pierre. Je ne fréquente pas assez les très grandes maisons pour me permettre de dire kicéki kè le meilleur. Je m’en fous, de fait. Mais, après deux années sans croiser la cuisine de Christophe, je me suis pris la claque sur son menu –j’étais invité pour l’occasion par le chef, je précise – pour le menu, donc, intitulé « Kiekefretters ». Ici pas de coup de cœur sur un plat, mais bien sur l’ensemble du menu, une véritable création artistique et gourmande de dix services tout autour du « coucou de Malines ». Et la joie de retrouver cette manière si particulière au chef Hardiquest de pratiquer l’intensité gustative. Mon meilleur repas 2016 (on avait dit pas de meilleur, tant pis)

  1. Umamido Bailli.

Rue du Bailli, 14, 1000 Bruxelles. Depuis qu’il y a un Umamido plus grand rue du Bailli, j’y retourne, celui de Flagey étant tellement petit que la probabilité de trouver une place est juste proche de zéro. J’y vais souvent et surtout  pour le « special » avec des gros morceaux de lard fondant. Soul-comfort-essential food

  1. Les Caves d’Alex.

Rue Caroly, 37, 1050, Ixelles. Il y a Alex, un homme discret, courtois. Un resto qui peu à peu à fini par remplir la salle tous les soirs, en tenant particulièrement bien la promesse initiale. De la vraie viande, cuite et reposée comme il faut, des fonds et des sauces maison. Mon meilleur moment :  une côte à l’os Rubia Gallega, prise « en direct », sans entrée pour mieux profiter, avec sauce bordelaise et des frites de compète.

  1. Racines

Chaussée d'Ixelles 353, 1050, Ixelles. Encore des gentlemen de la restauration. N’étant pas raide dingue  de poisson, je n’y vais pas si souvent, même si j’aime leur démarche et leur cuisine. En 2016 ils ont sorti une « pasta box » qui m’a d’abord fait sourire. Des pâtes et de la tomate dans une boîte, ok, d’accord, mais WTF fut la première réaction. Mais quelles pâtes! Des « pappardelle » maison au blé « Senatore Capelli ». avec une conserve de tomate qui m’a fait ressurgir l’odeur des murs de l’appartement de Rome de la Nonna. Je mange des pâtes à la tomate toutes les semaines, depuis toujours ou presque. Mais les pâtes de la « pasta box » de Racines m’ont ouvert une nouvelle fenêtre du goût !

  1. 97 Rue Piervenne

Rue Piervenne 97, 5590, Ciney. Une maison qui est un restaurant ou un restaurant dans une maison? On cherche, mais alors qu’on pouvait craindre le style table hôte, c’est un vrai resto, no doubt. On prend l'apéritif en cuisine, puis on s'installe dans la salle à manger qui est,quand même, une vraie salle de restaurant, sans l'être tout à fait.  J’y retournerai pour le solide poulet fermier en cocotte, les frites au couteau et le service au plat, comme à la maison, sauf que c’est un vrai restaurant (no doubt, bis).

  1. Comme chez soi

Place Rouppe, 23, 1000 Bruxelles. Ce monument d’histoire de la gastronomie belge – plus de soixante ans d’étoile au compteur - a fêté ses 90 ans en 2016. On s’accorde à dire que Lionel Rigolet a su insuffler son style en préservant quelques très grands classiques. En juillet 2016, j’y ai résolument dîné à la carte, et j’ai encore intact le souvenir de la « mousse de jambon Pierre Wynants ». Quoi une mousse de jambon ? Oui, tout est harmonie dans les assiettes ici, et c’est encore une de ces adresses où tu peux commander ce qu’offre la carte. J’y retournerai pour beaucoup de choses qui rendent cette endroit unique (comme la repasse, systématique) mais aussi pour cette bonne vieille mousse de jambon.

  1. Colonel

Rue Jean Stas, 24, 1060, Saint-Gilles. Un succès qui ne faiblit pas depuis son ouverture. Adresse à viande, avec un comptoir à viandes, Colonel, c’est aussi une carte de suggestions très réussies proposée par le chef Benjamin Laborie. Coup de cœur permanent sur la qualité et la cuisson des viandes, et une mention spéciale pour un plat dégusté en novembre, un morceau de bœuf un peu japonais mais d’Australie, confit de chez confit et ourlé d’un jus hyper concentré.

  1. Humus chez Hortense.

Rue de Vergnies, rue de Vergnies, 2, 1050 Ixelles. Je suis à peu près ignorant de tout en cocktails, et je me régale des cocktails de Matthieu Chaumont (qui bricole ses petites infusions dans son coin) depuis quelques années. Quand il associe ses cocktails à la gastronomie végétarienne hyper-goûteuse de Nicolas Decloedt, je capote. Mention spéciale pour un produit exceptionnel, un « brie » fermier danois ( ?) de lait de brebis (bref, tout sauf du brie, mais du lourd).

  1. Ristorante Rossi.

Standonckstraat 2, 3000 Leuven. De plus en plus, je vais dîner dehors pour un cocktail humain-manger. J’ai du mal à m’attabler si je n’ai pas envie d’embrasser le chef, non pas pour poser avec lui sur la photo, mais parce que j’aime ressentir cette vraie envie de faire plaisir à l’autre qui anime de nombreux humains-chefs, au-delà de leur légitime et combien nécessaire ambition commerciale de réussir. Felice Miluzzi est de cette trempe, et parmi nombre de plats aimés chez lui, un lapin parfaitement contemporain dans sa cuisson et passionnément italien dans ses parfums m’a fait chavirer.

  1. Brasserie de la Villa Lorraine.

Avenue du Vivier d'Oie 75, 1000 Bruxelles. J’étais resté longtemps sans y aller, et la cuisine de cette « brasserie » (on peut gloser à l’infini sur le terme, et on s’en fout) est percutante de finesse et gourmandise. Je reste assez peu fan de la moquette et des lambris – ça plait – mais cela mis à part, accueil, service, assiette et vins sont au rendez-vous pour une expérience impeccablement ciselée. Ce soir d’août, le service était calme et Antoine, l’excellent sommelier,nous a gratifié d’une dégustation de Madère qui m’a renversé. J’y retournerai, d’office, pour le ris de veau parfaitement cuit, nettoyé, saucé, que j’ai mangé ce soir là.

  1. Canterbury

Avenue de l'Hippodrome 2, 1050 Ixelles. Que vient faire cette vénérable institution bourgeoise dans cette sélection ? C’est simple, c’est une des quelques adresses bruxelloises qui tient littéralement mon appétit en otage depuis des années. Avec le coquelet, la salade de crevettes, ou, mieux, l’américain frites (avec cresson et cornichons tout près) et des flots de mayonnaise. Je ne cherche pas à avoir raison, mais je ne prends plus l’américain que là, il a trouvé ma langue depuis trop longtemps. Et ce moment, rare, précieux (et pas 100% automatique, ça dépend de l’intensité du service, si c’est très blindé, ça n’arrive pas forcément) où on te demande, alors que ton bol de frites n’est qu’au deux tiers vide : « Quelques frites chaudes ? ». Allez, un bémol, le fondu parmesan est quelconque et quoi qu’il arrive, quelle que soit la saison, avec les salades on te met de mornes tomates.

  1. Isabelle Arpin.

Je mets son nom, parce que c’est son style que je n’aime et pas forcément les restaurants dans lesquels elle officie, pour l’instant c’est au WY, but who knows ? Isabelle, c’est l’exception, car je l'aime pour le menu, avant tout. Je ne me souviens jamais précisément d’un plat dégusté chez elle, mais en revanche je me souviens de l’émotion d’un menu.  A chaque fois, ses assiettes, pleines d’ingrédients, m’interpellent, et à chaque fois ça m’uppercute. Le menu, la succession de saveurs, l’équilibre, elle maîtrise, à fond.

  1. Stéphane Chermanne

Avenue de l’Europe, 62, 6000 Charleroi. Je suis dingue de bistrots gourmands et je suis souvent déçu . Pas chez Stéphane, un hôte délicieux et qui envoie de la gourmandise au mètre. Spécial accessit à un plat hors carte, le « vitoulet » (boulette) farci au foie gras qui nous a été servi juste avant une nocturne radio, en décembre. Il nous fallait du vrai, du solide, pour affronter la nuit.  Mais quelle furieuse boulette de joie avec ce cœur de foie gras!  Rhâ lovely !

17:09 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |

21/05/2016

C’ chicounou – tapas syrio-libanaises (mezzé, quoi) quartier Flagey- Bruxelles

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Kchikoukwa ?

C'chicounou. Je ne sais pas ce que ça veut dire, et à vrai dire, c’est tellement imprononçable qu’on renonce à chercher, on est pas là pour ça. Donc C’chiccounou (ils ajoutent « by George » pour faire genre, il manque plus que le « waht else ? ») voilà un lieu ouvert déjà depuis deux trois ans, à deux pas de Flagey, qui se revendique « tapas » (pour le genre, toujours, I presume) alors que si on nous disait syrien ou libanais, on aurait compris tout aussi vite. Bref, un endroit très petit, où tu vas te sentir (surtout si tu as un gabarit qui se rapproche du mien) légèrement serré, mais on verra plus tard qu’en regard de l’addition, on ne va pas avoir ici ses aises comme dans un étoilé de lukske

Un drôle d’endroit, vraiment. J’y suis allé au moins 4 ou 5 fois et l’impression qui me reste est toujours la même. Un service souvent confondant de gentillesse et d’absence totale de professionnalisme – toute tentative d’engager la conversation sur les plats, le vin, l’origine des produits ayant tourné systématiquement au sketch façon Jean-Yves Lafesse – et une, ou plutôt des, assiettes vraiment excellentes.

Il paraît qu’il y a une formule menu, mais là aussi, la comédie de l’explication de komanqueçamarchelaformule me fait préférer à chaque fois de choisir les « tapas » (puisqu’ils insistent sur le mot) de mon choix et surtout du choix de mes commensaux-commensales, parce que ce qui est top bien dans le mezzé-tapas c’est que au plus que tu es à table, au plus que tu peux prendre des choses différentes et te régaler de diversité gustative. Et, vraiment à chaque fois, c’est bon de chez bon, pas saisonnier pour un sou, on va pas non plus leur demander de faire de la fattouche au panais, mais frais, net, propre, on sent que la cuisine débite du couvert et que les mises en place sont quotidiennes.

A boire ? Laisse tomber les mono-cépages du Sud à 50 centimes l’hectolitre, choisis un arak quand il y en a, ou une bière, parfois il y a de la Triple Westmalle, ça va avec tout.

L‘addition est ultra-raisonnable, et la plus belle fille du monde ne pouvant donner que ce qu’elle a, on ne va pas « faire son difficile » par rapport au service ou au confort, c’est déjà très réjouissant de manger frais et bon à environ 25 euroballes par personne, et à ce prix la, au risque de me répéter, c’est normal qu’ils casent un max de gens dans le bouzouki et qu’ils renouvellent les tables!

Rue de la Levure 29
1050 Ixelles

 

08:50 Écrit par Carlo dans carnets de route, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

17/05/2016

Carnets de route - Humphrey (Monsieur et Madame Bienfuffé ont un fils) - Bruxelles




(l'inutile boule anti-spectaculaire)

Le spot qu’a fait beaucoup cause de lui déjà avant d’ouvrir, vu que le chef, Yannick Van Aeken, a même été sous-chef du Noma que c’était le meilleur restaurant du Monde entier, enfin selon le classement des 50 meilleurs restaurants du Monde entier dont il était le mieux classé, bref on s’en fout, sauf que le Noma c’est vraiment une expérience unique, mais je m’égare (sur ce que j’en pensais en 2012, tu peux lire https://lc.cx/4LW4 ). Donc, un tapas system où tu commandes des trucs à partager, comme chez les libanais, les grecs ou les chinois, le tout emballé dans un décor de bois brut et de métal hurlant très Dansaertvlaming, mais c’est joli et apaisant.

Dans l’assiette à partager? Du très bon, du moyen, du pas très bon, bref, des aller-retour bizarres entre fulgurance et platitude. Une tête de cochon extrêmement pornographique, un demi avocat rôti où le chef avait oublié de prélever le sel dans la Baltique (ou chez Cérébos ç’aurait été bien aussi), un curry de queue de bœuf qui nous a départagés, mon commensal et moi (lui a aimé, moi je crois que j’ai juste trop mangé de Kaffir lime dans ma vie, je ne peux plus) un dessert très réussi, un autre, juste ridicule, tu vas voir : une coque de chocolat, que l’on vient casser devant toi en grande cérémonie pour avoir accès à …des truffes, bref, d’abord c’est pas un dessert, à la rigueur des mignardises, ensuite toute cette mobilité dramatique pour te libérer juste des truffes totalement « statiques » , bloody nonsense.

Donc ? Tsé quoi ? Les fuglurantes fulgurances qui quand même laissent un très bon souvenir, me génèrent quand même une envie, deux mois plus tard. Y retourner, voir de quoi il retourne, maintenant que l’ouverture a été sûrement digérée mieux que le curry de l’autre fois.

Humphrey, 36-38 rue Saint-Laurent, 1000 Bruxelles. Ouvert du lundi au vendredi.

06:53 Écrit par Carlo dans carnets de route, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

08/04/2016

Stefan Jacobs, Capsule Culinaire, quelque part au bout d’une voie romaine avec des pavés en Wallonie

IMG_6955[1].JPGStefan Jacobs? Vous vous souvenez de ce Mozart de la cuisine, très rapidement étoilé en 2013 après seulement quelques mois d’ouverture de son restaurant ucclois Va Doux Vent, à 23 ans à peine.

Puis le Va doux Vent a fermé (il y a maintenant le prometteur Brinz’L de Laure Genonceaux à la place) et Stefan Jacobs s’est lancé dans un projet à la fois minimaliste et ambitieux: créer un restaurant dans l’enceinte de la ferme Brasserie Bertinchamps, avec juste un gars en cuisine et un gars en salle, mais avec la même ambition que celle affichée au Va Doux Vent. Même que, ce déménagement à la campagne est l’occasion d’un virage encore plus localoslowvoriste, ce qui m’excite déjà avant de commencer.

Donc, la vieille (et bien suspendue) C 200 cdi du jour (à part ça, Sergio, tu me rends ma Mini quand tu veux) tombait juste à pic pour affronter le dernier tronçon d’un km de route pavée digne d’un Paris-Roubaix qui mène à la Ferme Bertinchamps (Les utilisateurs de SUV et autres SAV pourront pour une fois se réjouir de leur achat). Le lieu respire tranquillement la ferme à brol, même si, par contraste, l’espace Capsule Culinaire où officie Stefan est propre et net, blanc et bois, pas vraiment écoré, mais simple et agréable.

Un seul menu, rappelons que le chef a juste un commis en cuisine, produits locaux, intitulés lisibles, formule bière (de la Bertinchamps) et vins qui va avec, on n'a pas le choix, mais on n’est pas là pour commander un steak au poivre, il y en a d’autres pour ça.

Bref, dans l’assiette? Ben, j’aime autant de le dire tout de suite, Stefan m’a claqué une bonne claque dans les dents dès la première mise en bouche et, comme disent les amateurs de vins qui savent, c’est resté tout "tendu" pareil jusqu’aux mignardises, sans faiblir. J’ai mieux mangé qu’au feu Va Doux Vent, même que, j’ai ressenti la même intensité que lors d’un dîner chez Isabelle Arpin (Restaurant Alexandre, quand c’est elle qui cuisine,mon coup de coeur 2015). Lard confit et sarrasin, truite crue marinée, hure de porc, asperges et ravioles de paleron, pour ne citer que quelques un des moments (très) forts de ce repas. Dans le verre? Beaucoup de vins du Ventoux (je me demande même si du blanc au rouge, on n'a pas bu que ça), bio et francs du collier, pas exceptionnels, mais gentiment accordés à la cuisine. Je n'ai pas zieuté la carte des vins, mais vu l'ambition simpliste du lieu, j'espère que les amateurs de flacons haut de gamme sont autorisés à apporter leur boire, moyennant droit de bouchon.

Bref, Stefan Jacobs n’a peut-être pas là l’écrin absolu que mériterait son grand talent, WTF, comme diraient mes filles, il nous a emmené vers une très belle intensité gourmande, le tout emballé par un service très gentil et attentionné (et émaillé de très nombreux « voilà-voilà ») et surtout, la présence à la fois omniprésente et discrète de Stefan, lequel à la différence de ce qu’il faisait au Va Doux Vent, sort lui-même avec les assiettes.

Un grand très jeune talent, un garçon qui sait à la fois cuisiner, accueillir et raconter, un gars qui va, j’en suis sûr, encore faire beaucoup parler de lui et dont le talent - et l'ambition -  ne font qu’éclore!

Last but not least, tandis que la 200 cdi ronronnait pépère à 140 au cruise control sur la E 411 du haut de ses onze ans d’âge, je me sentais à la fois repu et léger, léger, comme le professeur Tournesol dans la pub Fruidor, et ça aussi, ça compte !

"Capsule Culinaire"

BRASSERIE-FERME DE BERTINCHAMPS 
rue de Bertinchamps, 4 
B-5030 GEMBLOUX

Ouvert jeudi, vendredi, samedi, dimanche midi.

15:10 Écrit par Carlo dans chefs, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

14/02/2016

Des momo, des burgers, une révélation, une croquette de pied de porc, une polenta au guanciale, un revenant; chroniques des quelques tables qui m’ont réjoui la couenne en février.

Momo

27 Rue Defacqz,

1050 Bruxelles

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Bruxelles, Ixelles, rue Defacqz, un mini fast-good girly dont j’avais déjà poussé la porte, Momo. Momo, c’est, ce sont des raviolis tibétains farcis de viande et/ou de légumes, poêlés comme des gyoza, vapeur comme des dim-sum ou en soupe comme des wan-tan.

C’est surtout très bon, surtout les momo aux shi-také (et d’autres choses) et ça vient avec un panier de légumes vapeur juste arrosés d’un trait de sauce soja.

L’endroit, bien qu’éclairé comme un hôpital, est girly, on pourra même l’affubler du sobriquet de néo-cantine-branchée-qui-nous-fait-découvrir-une-spécialité-méconnue-toute-en-légèreté.

De fait, c’est plein de filles jolies, fraîches et concernées et c’est health conscious car tu peux faire un vrai repas vegan, même si et non, pas de chance, ce n’est pas sans gluten, mais je suis sûr que c’est sans lactose. Au final, si t’as envie de goûter quelque chose de plus pur, moins assaisonné (plus fade aussi dirait un mangeur de soupe Royco) que les gyoza, wan-tan, nems et autres standards asiatiques, enfile-toi un ou plusieurs momo, tu sortiras légère et le corps réjoui. Je ne sais pas si on peut dire enfile-toi sans risquer un bashing, la police de la pensée est particulièrement active de ces temps-ci, tant pis, allez je le laisse.

Be-Burger

Hector Henneaulaan 164
1930 Zaventem (Vlaanderen)

be burger.jpg

Tu connais Roland Debuyst ? Un de ces chefs – ils sont de plus en plus nombreux - qui, il y a quelques années a tourné le dos aux étoiles pour se tourner vers une vraie bonne cuisine de Brasserie, avec sa Brasserie Orange.

Roland, il connaît le business, il connaît la musique, et il s’est lancé avec beaucoup d’assurance dans on serait tenté de dire le ènième concept de burgers, en ouvrant une première enseigne dans un ancien moulin (qui était déjà un restaurant), à Zaventem, à 10 minutes de Bruxelles, quand ça roule.

Un fast food ? Un fast good ? Presque. A la différence près que contrairement à Manhattn’s, par exemple, on vient prendre ta commande à table mais tu dois aller ensuite chercher ton plateau quand le désormais connu pager-buzzer aura pagé-buzzé, mais tu peux ensuite recommander tes boissons à table; bref un hybride au niveau du service et c’est pas plus mal que de devoir faire la queue à la caisse, d’autant qu’on peut même réserver.

Et le burger ? Il est king size, avec un bun délicieux, large et plutôt plat qui vient du fournil de Yves Guns (Où n’est-il pas, Yves Guns ?) et dedans, de la viande irlandaise (ou au choix, du wagyu) et des toppings de qualité.

Il est tellement maousse qu’il t’échappe un peu des mains, et tu finis par finir l’affaire avec des couverts, mais c’est extrêmement gourmand, même si, attention, micro-bémol, l’option wagyu ne m’a pas transcendé par rapport à l’irlandais de mes commensales.

Remarque perso, après des dizaines de néo-burgers, finalement, entre le pain, la viande et la salade ou les légumes, on s’en fout des frites, pour ma part, je ne commande plus qu’une portion pour deux, voire pour trois ou quatre, ça suffit amplement, tu peux rester focus sur le burger sans exploser les deux mille kilocalories.

 

Brinz’L

Rue des carmélites, 93
1180 Bruxelles

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Un coin connu, rue des Carmélites. C’est le lieu qui avait vu naître Bon-Bon, avant son déménagement à Woluwé, pour ensuite accueillir le Vadouxvent de Stefan Jacobs, bref un lieu où dès qu’un chef se pose, il se prend une étoile sur la veste et c’est bien la même mésaventure qui pourrait arriver à la jeune chef qui a pris possession des lieux.

Laure Genonceaux, elle ne vient pas de nulle part. Gril aux herbes d’Evan (c’est une copine de Stéphanie Thunus de Au gré du vent – Seneffe-) puis 4 ans chez Bon-Bon dont deux en tant que sous-chef, la jeune chef a d’abord rafraîchi solidement l’endroit qui prend du coup un bon coup de jeune et ne ressemble finalement plus à un stamcafé amélioré.

Et sinon, dans l’assiette? Nous avons pris le menu 3 services (précédé de trois mises en bouche) à 45 euroballes. Une entrée de betteraves, anguille fumée, fromage de chèvre, sarrasin, suivi d’un pigeon en deux services (les suprêmes avec des salsifis et un jus de cuisson et à côté dans un petit bol séparé des rillettes de cuisses) le tout parfaitement exécuté. On a reçu en bonus track une raviole de crevettes bisquée assaisonnée de Dieu le père, une bonne claque sur la langue. On est dans une gastronomie qui est bien dans son époque, sans révolution aucune (pour le moment), avec des intitulés de plats avec des « / » (betterave/anguille, tu vois le genre ?) ce qui est le marqueur d’au moins trente chefs étoilés ou non en Belgique et ailleurs depuis au moins 5 ans, mais tout cela est nickel au niveau des cuissons, produits, goûts, et tutti quanti.  Bref, même si on pourra reprocher à la présentation des assiettes d'être un peu  timide, on s’est régalés, idem avec le dessert, des mandarines, une chiboust et un crumble avec de très (très)  bonnes mignardises pour suivre.

Bref, profitons-en tant que la donzelle se lance, car ce menu à 45 zeuros dévalués, ça ne va pas durer avec les distinctions et autres gommettes qui ne vont pas manquer de pleuvoir à foison sur cette adresse qui démarre très fort, même si pleuvoir à foison ça ne se dit pas, non ?

Stéphane Chermanne

62 Avenue de l’Europe

6000 Charleroi

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Dites, il paraît que Charleroi, c’est le contraire de Bruxelles. Tandis que la capitale s’effrite de ses tunnels, il semblerait qu’à Charleroi ce soit le renouveau.

C’est en tout cas le crédo de Stéphane Chermanne, un jeune chef avec déjà plus de 20 ans d’expérience, que l’on a connu dans différentes enseignes et qui se fait plaisir maintenant sous son propre nom, à Charleroi, en ville.

Un bistro-nomique (Dieeeeeeeeu que je n’aime pas ce mot !) gourmand, avec des croquettes de pied de cochon, de queue de bœuf, de la cervelle meunière, tartare, des ris de veau et des rognons. Et pour les plus timorés, du suprême de pintade, du filet pur ou de la côte à l’os, maturée,  la côte à l’os, si c’est pas maturé, de nos jours tu es un untermensch.

C’est bon ? A fond, et la béarnaise est atomique, les frites allumettes bien tournées, et ce qui ne gâte rien, il y a pléthore de légumes dans ton assiette. Un rien de bémol sur la purée de mon ris de veau, parfaitement texturée et sûrement amoureusement passée au chinois, mais qui aurait pu connaître encore plus de beurre à mon goût.

Là aussi, bonus track, une soupe de topinambour, avec dedans une quenelle de Mont d’Or et un râpé de mélano par-dessus, indécent !

Osteria Bolognese

Rue de la paix 49
1050 Ixelles

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On ne présente plus Osteria bolognese, mais ça fait des mois que je n’y étais plus allé. Un jeudi soir, on passe devant et on se dit, merde, voilà l’endroit où il faut réserver avec trois semaines d’avance, allez, il est 7 :00 pile, on s’arrête quand même, « Giacomo c’è posto ? » « Si, basta che mi liberate il tavolo per le 8 un quarto ». Bref, c’est faisable.

Tellement faisable qu’entretemps une table ayant annulé, on pourra se poser tranquille jusque 21 :00.

La planche d’antipasti 99% cochon est toujours aussi riche et délicieuse, flanquée de ses "crescentine" (le pain frit tout en légèreté ou presque) . Un nouvel antipasto a fait son apparition, de la polenta frite (oui, frite, encore du frit) avec du "guanciale" (de la joue de cochon comme du lard, mais de la joue). Après toute cette protéine animale, difficile d'attaquer les tortellini, lasagne et autres "maccheroni al lardo (encore!) e pecorino". Il y a également un "polpettone" que j'ai déjà pris par le passé et qui est redoutable mais également riche comme un repas de Noël. Bref, je me suis rabattu sur des "tortelloni verdi ricotta e spinaci" (avec du beurre, hein, je vous rassure) qui m'a permis d'atterrir en douceur.

Le tout, arrosé de vin local, et rincé par un doigt de "nocino".

Bref, pour ne pas devoir me dire que il n'y a jamais de place, j'ai réservé pour dans trois semaines, histoire de remettre le couvert.

L'addition s'étant établie à 60 euroballes pour deux (avec pas beaucoup de vin), raison de plus pour y retourner!

Yamato

Rue Francart 11

1050 Bruxelles

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He's fucking back!

Le patron de Menma a rouvert le Yamato (enfin c'est ce qu'il nous a expliqué, je capte un mot sur deux quand il cause) et non seulement il a rouvert mais il n'en a pas fait un Menma bis! (J'adore le Menma - bar à ramen avenue des saisons à 1050 Bruxelles -  là n'est pas la question) Mais Yamato avait cette pureté de la simplicité, le même ramen que dans le film Tampopo, juste des nouilles, du bouillon, une tranche de porc et surtout, l'option porc pané.

Yamato, je l'ai découvert en 1990 quand je faisais encore bureaucrate dans un immeuble du quartier et depuis j'ai la passion des ramen à la fois dans  mon estomac, mon esprit et mon sang, une passion trinitaire.

Monsieur Menma il nous a rouvert le Yamato (fermé fin 2014) dans son jus, voire même dans son environnement broleux presque crasseux, avec les recettes de l'époque, le bar tout pareil, les même vieille tefal à bout de course, la table pour deux à côté de la plonge et l'immense marmite de bouillon qui bouillonne. Prix canon, plaisir total du ramen sans fioriture, merci, merci, arigato!

 

 

12:07 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

15/01/2016

Un pistolet mitraillette aux crevettes

pistolet crevettes.jpgPistolet Original, le concept de réhabilitation nationale du pistolet comme on l’aime porté par Valérie Lepla a lâché sa nouvelle arme. A priori rien de nouveau; on connaît le pistolet, et pas n’importe quel pistolet puisque que c’est le boulanger Yves Guns qui est à la manœuvre, on connaît la croquette aux crevettes, et pas n’importe quelle croquette aux crevettes puisqu’elle est façonnée par Patrick Vandecasserie; mais Valérie a eu l’idée de mettre l’une dans l’autre, si vous voyez ce que je veux dire.

Et c’est là qu’elle est l’idée toute simple! Une croquette dans le pistolet qui se fait mitraillette aux crevettes.

Il y a quoi ? On l’a dit, un pistolet, une croquette frite minute, une belle feuille de laitue croquante, du persil frit, une giclée de citron, on ferme, on mord ?

Pas toute de suite, prends le temps de bien fermer ton pistolet, de bien caler la croquette contre le pain, laisse redescendre un peu la température, parce que la croquette, elle est chaude comme une baraque à frites.

Ca y est, tu peux y aller, la température a perdu quelques degrés, tu peux mordre. Croquant de la croûte sur croquant de la chapelure, tu tombes dans le moelleux encore chaud mais presque plus brûlant du dedans de la croquette.

Tu rouvres l’affaire, tu remets trois gouttes de citron et c’est reparti.

Alors, ce pistolet à la croquette? A manipuler avec précaution (tu risques quand même de te prendre un peu d’intérieur de croquette dans l’oreille si tu mâches de manière un peu trop virile), mais on a tous les ingrédients du plat culte. Des produits au sommet, de la tradition un rien bousculée, un peu de gras, beaucoup de croquant, du moelleux, un concentré de goût de chez nous, moi ce pistolet du midi, avec une petite Zinnebier tout près, il m’a mis en joie pour l’après-midi.

Pistolet-Original

Rue Joseph Stevens 24-26

1000 Bruxelles

 

16:26 Écrit par Carlo dans Plats cultes, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

05/12/2015

Beijingya, restaurant 5 étoiles à Tripes Advisor.

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Beijingya, prononcez le comme vous voulez, moi je ne sais pas comment. Bon, quand on cause cuisine chinoise, les gens disent toujours que c’est pas bon, qu’il préfèrent la cuisine thaïe ou les sushis et hop, on balaye d’un revers de la main une des grandes cuisine du mon dentier.
Bon, c’est vrai que les restos chinois ne sont souvent pas bons, mais c’est pas la peine de faire le procès de la cuisine chinoise pour autant.
Alors, Beijingya, c’est comment? Ben, je pense bien que pour une fois c’est différent. Même si je n’emploierai pas le mot authentique, d’abord parce que Jambon Aoste  emploie ce mot là sur ses paquets de jambon faits avec plusieurs porcs pour une cuisse et ensuite parce ce que qui je suis pour juger, hein, de l’authenticité d’un chinois, de sa cuisine et de sa culture?
Il y a un truc qui me fait marrer aussi, c’est les commentaires des yelpeurs qui comme souvent se mettent le doigt dans l’œil en croyant faire œuvre critique au service de leur communauté communautarisante et qui tous ou presque parlent du canard laqué de la maison. Ok, il n’est pas mal, mais il ne casse pas trois pattes à un canard et de toutes façons, yelpotripadvoristes, faut se lâcher un peu, il y a certes le canard, mais aussi de la bouffe pour adultes, et ça se fait rare, donc allez-y, osez prendre à la carte les trucs tordus.
De fait, malgré un canard faiblard, pour le reste je me suis régalé. Régalé de feuillet de bœuf (un des estomacs du ruminant) d’œufs de cent ans au tofu soyeux, de tripes frites, de tripes sautées, de pattes de poulet, de de dim sum.
Et il faut bien racler le fond des plats de service car les accompagnements, salés, piquants, vinaigrés sont ébouriffants, on a envie de lécher l’assiette.
Le service est accorte et aimable, la lumière, très intense – pour peu on croirait une séance de luminothérapie – et le cadre est celui d’un restaurant avec des chaises. Le chef est taciturne, il débite des carcasses de canard en tachant sa veste, on est pas là pour le feng shui, on est la pour bouffer, et ça marche.
Comptez 40 euroballes le couvert, même avec du vin;  il y a le parking 58 à deux pas pour ceux qui angoissent à l’idée de se garer près d’un piétonnier (toutes les angoisses sont bonnes pour s’en prendre à ce pauvre piétonnier).
Bref, le temps de retrouver des convives qui n’ont pas peur de constater que dans un animal il n’y a pas que le filet pur et les suprêmes, et j’y retourne.

Rue Melsens 6
1000 Bruxelles



18:15 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

18/10/2015

San (chichis), restaurant avec bols que c'est très très bon ce qu'il y a dans les bols

sanrestaurant.JPG

Sang-Hoon Degeimbre! On ne le présente plus, ce chef wallonissime (mais né en Corée), il est installé dans la cour de sa magnifique ferme transformée en paradis de la gastronomie, à Liernu, du côté d'Eghezée, il a lancé le mouvement de chefs wallons de Wallonie, le bien nommé Génération W (avec un "w" comme dans "wallon").

A Liernu, Sang-Hoon - que tout le monde appelle San - avait déjà un restaurant, un jardin potager exceptionnel grâce au talent de Benoît Blairvacq, un espace de cours de cuisine et des chambres d'hôte. Il manquait quoi? Allez, mais oui, mais c'est sûr, un chef qui réussit, il doit avoir une deuxième adresse, pas forcément à Tokyo, hein, parfois, comme chez Anne-Sophie Pic, c'est en face, non, mais une deuxième adresse, plus accessible, une adresse "diffusion" où le chef peut toucher plus de gens, lesquels gens seront attirés par la notoriété du dit chef qui, sans cuisiner lui-même, pourra accorder son onction étoilée à la carte, au chef et au lieu afin de drainer immanquablement plus de mangeurs plus rentables, car on le sait, un restaurant étoilé, ce n'est pas forcément l'activité la plus rémunératrice du monde.

Alors, pour San, ce sera San, et pour l'occasion, il change même de pays et d'univers. Liernu n'est la capitale que d'elle même, mais en revanche la deuxième adresse de San - qui s'appelle San; je veux dire la deuxième adresse de San s'appelle San, car San aussi s'appelle San, enfin, ses amis l'appellent San - se trouve au centre de Bruxelles, donc de la Belgique, donc de l'Europe, presque du Monde. On est rue de Flandre-Vlaamsestraat, quartier Sainte-Catherine Dansaert, à un jet d'espuma de Henri (ma brasserie préférée dans le quartier), et même que San est contigu à Viva m'Boma, mon restaurant d'abats préféré du quartier(c'est pas difficile, vous allez me dire, y en a qu'un). Il est même juste à côté des éditions 180° éditions de Robert Nahum, l'homme qui à l'université, noircissait ce qu'il ne fallait pas retenir dans ses syllabus plutôt que de surligner ce qu'il fallait étudier, mais ça n'a rien à voir, mais bon, j'aime beaucoup Robert Nahum.

Chez San, il y a quoi? Des bols. Quoi juste des bols avec de la soupe? Mais non, allons-y direct. Chez San, il y a des bols avec de vraies superbes créations gastronomiques dedans. On n'est pas du tout dans une déclinaison brasserie du talent de San. On est dans une volonté vraiment gastronomique, mais réduite à l'essentiel.

Deux gars en cuisine, deux (ou trois) personnes au service, et trois menus (3-4-5 bols).

Les bols changent tous les mois.

Combien les menus? 35-45-55 euros.

Et on boit quoi? Une sélection de vins dits "nature"qui font couler jusqu'à présent plus d'encre que de sulfites.

Bon, et l'expérience San, ça donne quoi? Une fois de plus je vous donne la mienne, elle en vaut que pour moi, mais on ne sait jamais, si ça peut vous être utile, je continue. J'ai raide kiffé les bols; ce soir là il y  avait notamment le Liernu (des légumes et du jus de légumes lactofermentés, frais-puissant), le Gent (un waterzooi ++ riche et onctueux) et le Roussillon (un dessert qui sublimait - merde, c'est parti tout seul, "sublimer"- les fruits à noyaux).

Les vins? A part l'Amphibolite (un Muscadet que j'aime encore bien) qui manquait à l'appel, les vins goûtés étaient tous des "nature" très propres, sur le fruit, le terroir et sans arômes parasites d'oxydation ou de réduction.  Je laisse aux polémistes naturosceptiques le soin de continuer le débat. Pour moi, ce débat pro ou contre "nature" est obsolète.

Et donc, au final, cette expérience? (bis). Nous étions au bar. Le service est un poil lent, le responsable de salle un tout petit peu tendu et nous a fait lanterner pas mal avant de nous proposer les cartes et/ou de nous rincer le gosier, préférant accorder une part importante de son temps à deux très charmantes jeunes filles arrivées après nous.

En revanche les deux chefs sont charmants, détendus, efficaces et on peut parler au wattman pour lui demander des détails sur l'un ou l'autre bol, il prend le temps, tout en continuant de dresser et d'envoyer avec science et précision.

Le défaut de s'installer au bar? Les voisins de comptoir. Nous avions hérité de l'amateur oenophile du jour, qui a prononcé le mot "tendu" 453 fois - en référence aux différents vins qui lui étaient servis, son expertise en tension de strings étant à vue de nez inversement proportionnelle à ses aptitudes olfactives vinicoles -  suivi ensuite du mot "problème" (ce vin a un "problème") énoncé avec l'aplomb implacable de ceux qui savent quand il y en a un; ceux-là mêmes qui les créent, le plus souvent, à défaut de les résoudre. Bref, un vrai de vrai. Au final, y a pas de mal, cet épisode nous a fait plus rire qu'un sketch de Laurent Gerra.

En résumé. J'aime. J'aime parce que San nous offre une réelle expérience de gastronomie (et oui, amis mangeurs "il y a assez à manger"). San Degeimbre, en faisant San, a tout simplifié, sauf le plaisir que t'as en bouche.

Et -parce que j'ai entendu ça et là "c'est cher"- un tel plaisir gustatif à 35/45 ou 55 le menu, mon portefeuille et moi pensons que ça les vaut.

Mais on n'est surtout pas obligé de penser comme moi, manquerait plus que ça.

San.

Rue de Flandre, 19 - 1000 - Bruxelles

 

17:53 Écrit par Carlo dans chefs, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

10/10/2015

Bozar Brasserie (en croûte!) restaurant gourmand avec chef artisan.

tourte bozar.JPG

Y a des endroits comme ça on n'y va une ou deux fois, puis on y va plus, puis on se dit qu'on devrait y aller, puis on se dit que la lumière est un peu froide, on finit par ne plus se souvenir qu'on y avait bien mangé et un jour, à force d'oublier d'y penser on finit quand même par y retourner. Bozar Brasserie, ça fait déjà cinq ans que ce restaurant attenant au Bozar et à la Cinématek (mais avec son entrée à lui depuis la rue, ce n'est pas un restaurant du Bozar, il est à Bozar, et la fonction de brasserie d'après-spectacle ne saute pas vraiment aux yeux, et perso, je m'en tape) est ouvert.

Cette brasserie est placée sous la direction de David Martin que c'est un de mes chefs préférés - j'ai refait à La Paix il y a peu un dîner mémorable dont le masterpiece était un plat de côtes qui platecôtait sa race d'Angus - mais il y a aussi et surtout un vrai chef artisan aux commandes, Karen Torosyan (non, pas la cousine de Kim Kardachian) un raide dingue de plats traditionnels français de France dont il traque les subtilités jusqu'au bout avec une vraie envie de perfection classique chevillée au corps.

Karen Torosyan est ce que l'on peut appeler un artisan avant d'être un chef. Il y a de l'esprit MOF dans ce chef. Le tour de la carte que j'ai fait ce soir là m' a plus que convaincu de toutes ses capacités de chef créatif qui maîtrise à la fois les textures et les cuissons (je me marre tout seul à chaque fois que j'écris maîtrise des textures et des cuissons, je pense à toutes les fois ou d'autres frères tâcherons l'ont répété à l'infini) Un exemple? ce moule frite "revisité" (je me demande si "revisité" n'est pas pire que "sublimé, mais soit) où la frite est une espèce de croquette mais une frite quand même et où le jus de moule (les connaisseurs apprécieront) est un ravissement des papilles (aujourd'hui on peut jouer au jeu des 7 tartignoleries dans ma chronique) .

Tout ça, c'est très bien, mais en sus, Karen Torosyan, il a une passion, c'est la quête inlassable du plat un peu bourgeois, un peu désuet, mais surtout, parfait. 

Prenons l'exemple de son pâté en croûte. Normalement un pâté en croûte, tu le vois, tu te réjouis, tu te dis, chouette je vais bouffer du pâté en croûte, et bof, la pâte est molle, détrempée, la farce quelconque et rien ne se passe ni dans ta bouche, ni dans ta tête, faut pas demander, dans le slip. Et ça même s'il vient d'une bonne maison comme Douce France, où tout est assez bon, mais le pâté en croûte est moyen.

Sauf que là, le pâté en croûte de M. Torosyan, il parle, il fond et résiste à la fois, il te réconcilie avec le pâté en croûte, et ça c'était juste le pâté froid proposé au Bozar.

Parce qu'à la carte, il y a une tourte, une tourte chaude, servie uniquement pour deux couverts (une trentaine d'euros le couvert) et là, t'es projeté à la fois dans Le Festin de Babette et Les Saveurs du Palais (avec le chevrotant d'Ormesson mais la pétillante Catherine Frot).

La pâte brille, elle est guillochée comme une pièce d'orfèvrerie. Dedans la farce épouse la pâte  qui la serre collé-serré comme un push-up. La farce: cochon, volaille, chou, foie gras. Autour, un jus de veau bien serré et de vrais légumes.

Bref, c'est pas pour toutes les bouches ni tous les estomacs, mais on aura compris que comme on dit chez nous (enfin, pas vraiment chez moi), ça m'a bien goûté.

Un bémol? Ben, deux choses. La première, c'est que, comme je le disais il y a des années pour la Paix, ce n'est plus vraiment une brasserie, on est dans de la gourmandise d'inspiration brassière, mais même en prenant juste un américain, c'est plus cher que dans une Brasserie, est-ce un bémol? je laisse aux spécialiste ès bémols le soin d'en juger.

Il reste un truc qui n'a rien à voir avec la cuisine, c'est l'ambiance générale. L'architecture de la salle, qui est née art-déco, est sublime. La cuisine ouverte est aussi très belle. La lumière, depuis la dernière fois que je suis venu s'est réchauffée un peu; mais, l'ambiance reste un peu froide, et je n'arrive pas à comprendre pourquoi.

Je dis ça c'est pour que vous y alliez et que vous passiez outre cet inconvénient mineur (qui ne le sera pas pour certains, mais peut-être pour d'autres en quête de restaurants romantiques) car pour une raison qui m'échappe, le choeur des faiseurs d'opinion bruxellois parle rarement de cette adresse et de son chef.

Ben moi, Je créerais bien un club des amis de la tourte façon chef Torosyan.

Palais des Beaux-Arts
Rue Baron Horta, 3
1000 Bruxelles

 

14:48 Écrit par Carlo dans chefs, Plats cultes, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

19/09/2015

Les Petits Ruisseaux, restaurant éphémériste, Mechelen, Vlaanderen, jusqu'au 11/11.

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C'est à Mechelen, oui, la capitale de l'archevêché Malines-Bruxelles, renommée pour son catéchisme (de Malines) et son coucou (de Malines) que le chef Maarten van Essche a refait un restaurant éphémère. En bon francophone, j'en avais jamais entendu causer - mais Graziella oui, du coup elle nous y a entraînés avec Umberto et Laurette -, mais l'homme  n'en est pas à son coup d'essai, et il a posé ses casseroles dans une, semble-t-il, ancienne cale sèche à sécher les bateaux pas secs laquelle jouxte une maison néo-classique dix-neuvième juste à peine croyable, entourée d'un fabuleux jardin, le tout en pleine ville, ça en jette.

Dedans, une subtile harmonie de briques peintes et de tables de bois brut donnent une atmosphère qui invite à rejoindre Maarten dans sa quête d'une gourmandise épurée et tournée vers le produit (moi aussi je peux le faire, hein).

Donc, vu que c'est éphémère, c'est jusqu'au 11 du 11, juste pour info.

Je dois dire que j'aime les moyennes distances (30 bornes depuis Bruxelles) pour aller dîner. D'abord, ça fait venir l'appétit, ensuite, j'aime profiter d'une adresse sans jugement de valeur par rapport au quartier, la rue, comme on est toujours stupidement tenté de le faire dans sa propre ville.

Deux menus, un avec "dieren", l'autre sans "dieren", accueil charmant, Maarten nous parle spontanément dans notre langue, bien plus à l'aise en français que nous ne le sommes en néerlandais.

C'est parti pour deux menus avec (dieren) et deux sans, avec le forfait vin qui va avec, rien que du nature, nous dit le chef.

C'est bon? D'emblée, oui, on est ici en plein dans les assiettes que j'appelle de juxtaposition, on pose des ingrédients différents l'un à côté de l'autre, et ici, je dois dire que ça fonctionne, on est dans la jurisprudence Noma-scandinave, sans excès de technicité ou de conceptualisation, un peu comme chez feu Neptune ou encore à La Buvette, voire même, Bouchery (le tout à Bruxelles, capitale de la Belgique). J'avoue que je ne suis pas trop fan de cette tendance juxtapositionnelle, je préfère le plus souvent que les choses dans l'assiette s'interpénètrent plus fort, à la manière de la cuisine d'une Isabelle Arpin, de chez Alexandre (on est toujours à la capitale). Cela dit, il y a quelques véritables morceaux de bravoure dans ce menu, comme la "salade", une romaine cuite, surmontée d'oseille et je sais plus mais c'était très bon, un canard aux betteraves, une sèche aux échalotes. Last but not least - et aussi très tendance, mais c'est une tendance qui me ravit - le wortelpeterselie en dessert, délicieux.

Côté vin, du nature, qui se présente parfois avec des défauts, surtout un blanc dont je me suis dépêché d'oublier le nom, "spacciato" pour oxydatif (certes il l'était) mais l'oxydatif qui tire vers la pomme à cidre cuite m'excite moins que les vraies senteurs de noix d'un savagnin bien fait. Le wortelpeterselie en dessert était escorté en revanche d'un chenin de Loire moelleux mais pas trop, un accord juste excellent.

Alors, sur la E19 du retour, tandis que les 71 malheureux bourrins de la Twingo bleu ciel du jour - qui semblaient avoir étés nourris à la Kétamine - peinaient à atteindre un règlementaire 120 km/h, je me demandais si j'avais envie d'y retourner ou de suivre encore Maarten dans d'autres aventures. Oui pour la magie d'un lieu, le cocooning calinothérapeuthique sobre de l'accueil, les assiettes juste et légères, un peu moins pour les accords vins-mets - j'aime les vins nature mais j'aime pas quand c'est trouble (au nez et ou à l'oeil) , et un peu moins quand même pour l'addition. D'accord c'est éphémère, mais le souvenir de l'addition est assez durable. Plus de 120 euros par personne, avec les vins, d'accord, mais ça fait quand même cher la carotte de persil tubéreux.

Allez, quand même, on va dire "à suivre",car ce jeune homme talentueux n'a sûrement pas fini de faire parler de lui.

http://www.maartenvanessche.be/FR/#Start

 

14:12 Écrit par Carlo dans chefs, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

10/08/2015

Nous irons quand même au Grand Forestier, mais une autre fois, en attendant le Canterbury nous a souri.

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Il y a une dynastie dans la restauration à Bruxelles, c'est les Niels. Ils seraient nés dans le Nord est de l'Italie, pour sûr qu'ils se seraient appelés Cipriani et qu'ils auraient inventé le Carpaccio. Mais ils sont Bruxellois et l'ancêtre, Joseph Niels, n'a peut-être pas inventé le hachoir, mais sa recette à lui "d'américain frites" - pour les français non expats qui nous liraient, de "tartare" de boeuf avec de la mayo et plein de choses - sa recette d'américain, donc,  n'a pour moi pas d'équivalent, c'est la seule qui me tapisse la langue et le palais de cette manière, la seule que quand je la mets en bouche, je m'apaise de dix degrés sur l'échelle de Scoville du stress de la vie moderne, la seule qui me fait oublier que chaque fois que j'ouvre mon fil d'actu facebook, je lis des commentaires fachos toutophobes ou des appels au meurtre de dentistes imbéciles lionicides.

Si on lit bien la littérature du site web d'une partie de la famille Niels, après moult ouvertures d'adresses en plus de cent ans, les Niels de la génération de maintenant ont séparé le business: d'un côté le Canterbury et la Marie-Joseph, de l'autre le Vieux-Saint Martin et une nouvelle adresse, Le Grand Forestier, à Boitsfort.

Ce que j'aime par dessus tout dans les enseignes Niels (peu importe la branche familiale) c'est cette constante excellence dans le service, la qualité de la bouffe, la belgitude ultra-bourgeoise; pour moi c'est aussi fort que du Cipriani (Harry's Bar de Venise) - oui je sais, je me répète -, le côté touristique en moins, c'est une façon de faire de la restauration qui tient à la fois du musée et d'une ultra-quotidienneté ultra-rassurante.

Bon, tout ce bla-bla pour dire, qu'il me tardait de découvrir (non, Laurent Syn, pas tester) le nouvel opus de la famille, et donc, vu qu'on peut pas réserver, direction Boitsfort avec Graziella.

Premier impact, la terrasse, belle, blindée de monde à 20h15; deuxième impact, la salle, grande, carrée, over-bruyante, des garçons au stress palpable courent en tous sens.

Un gentil blondinet à cravate nous sourit, nous annonce qu'il y a de l'attente, bientôt rejoint par une blonde "bossy" clairement "in charge" qui le regarde d'abord d'un air réprobateur pour nous inviter ensuite  à patienter dans le jeu de quilles, mais il y aura de l'attente, non je ne sais pas combien, pour un peux j'aurais cru avoir affaire à la dame des Brasseries G. ou pire, à celle du Yamayu. Doouchefroidisés par l'accueil et le côté réfectoire aussi bruyant que celui du Chamois à Leysin lors de mes classes de neige 1976, nous rebroussons chemin, notre envie d'américain frites bien calée dans la tête; en remontant dans notre automobile, je salive comme un vieux dogue de Bordeaux à qui on a annoncé un quart d'heure de retard pour ses croquettes Royal Canin.

Tant pis, on reviendra à 19h00 un lundi soir, direction l'autre Nielsbranche, Canterbury, en face des Etangs d'Ixelles.

Là tout pareil, c'est blindé, mais le maître d'hôtel, jamais stressé, à la fois patelin et superpro nous propose de prendre l'apéro en terrasse, le temps qu'un couple de jeunes retraités finisse sa dame blanche.

Rhâ fucking lovely, 20 minutes après nous sommes à table, une gueuze Boon devant moi (après un kir à l'apéro en terrasse, non il n'y pas de Spritz ici, pour ça il y a le Harry's Bar, Bloody Hell!)

Je pense à tous ceux, yelpeurs, tripadvisoristes et autres facebookiens chroniqueurs d'adresses qui crient à cor et à cri que quand même plus de 20 euros pour un américain c'est cher et que tout cela n'est pas très original, que ce n'est pas créatif, que c'est de la cuisine de brasserie et tutti quanti,je pense à eux, je pense à vous, et  faites-moi plaisir. Fermez les yeux, raclez l'américain à la fourchette, chopez deux feuilles de vrai cresson au passage, avec votre main gauche, trempez une frite chaude dans la mayo, mangez tout en même temps, jetez-vous une giclée de geuze ou de gamay maison, et recommencez.

Et surtout, observez ce moment où le service, comme si c'était un point d'orgue de la partition, débarrasse ton bol de frites presque vide pour vous ramener, dans la foulée de nouvelles frites chaudes, vraiment chaudes, et quelles frites, quelles frites!

C'est alors que passe Christian Nihoul, le célèbre pâtissier bruxellois, qui te glisse dans l'oreille, "et avec le café, c'est mes madeleines".

Jamais comme ce soir là, je n'ai mangé deux bols de frites autant "en pleine conscience". Serait-ce dû à la frustration initiale de la soirée?

WTF, nous irons encore au bois et nous retenterons le Grand Forestier, en attendant, l'émotion de ce qui ne change jamais est toujours aussi intacte au Canterbury.

Que le Monstre de Spaghetti Volant soit loué, Ramen!

Au Grand Forestier (nous n'y sommes pas allés)

Avenue du Grand Forestier 2
1170 Watermael-Boitsfort

Le Canterbury

2 avenue de l'Hippodrome

Bruxelles 1050

15:44 Écrit par Carlo dans Humeurs, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

13/07/2015

Restaurant Comptoir des Galeries, avec petit Comptoir compris (mais il est où, de fait, le petit ?) Bistronomie comme on dit.

©Serge Anton3 light.jpegCa fait déjà plus d’un an d’ici que Julien Burlat le chef de Dôme d’Anvers (et de Dôme sur Mer et de la boulangerie attenante) officie (de près ou de loin, je ne sais pas) en tant que consultant d’un beau projet qui a vu le jour dans « Les Galeries » (quand on dit « les Galeries » à Bruxelles on veut dire la Galerie du Roi, de la Reine, ou des deux, à un jet de sauce andalouse de la Grand Place, les galeries, sublime témoignage d’une architecture néo-classique d’une Belgique du XIX°, industrielle et triomphante, conservatrice et éclairée, créative et conformiste, mais je m’égare).

Donc il y a un hôtel, l’hôtel des galeries, un restaurant, le tout a fait l’objet de bien plus qu’une rénovation, c’est un très bel investissement dans notre belle capitale, un truc qui te fait dire qu’un beau projet classieux avec vue sur la pauvre rue des bouchers, ça est comme qui dirait une fois bien rafraîchissant. Signalons  que même si les amateurs de déco à la « Flamant du Sablon » vont trouver ça « un peu froid », le lieu est sobrement design, et c’est à mon modeste avis de type qui a rarement un avis en termes de déco, ce qui pouvait arriver de mieux dans l’environnement architectural des Galeries.

Alors l’hôtel ? Je sais pas, j’y suis pas été.

Et le Comptoir ?

Pas si vite, parlons d’abord du restaurant. Ben oui, parce que au niveau de l’hôtel, c’est clair, c’est un hôtel, au niveau du restaurant c’est assez clair, c’est un restaurant qui s’appelle Le Comptoir (vous suivez ?) mais au niveau du Comptoir, on nous avait d’abord dit qu’en plus du resto y aurait un Comptoir genre sur le pouce (mais même après deux dîners on avait pas compris le concept du Comptoir qu’était pas le resto) et puis là il y a quelques semaines, le Comptoir devient le Petit Comptoir et c’est toujours un comptoir (petit) à l’entrée du restaurant (qui s’appelle le Comptoir) où tu vas pouvoir grignoter des trucs à l’apéro très très bons.

Je vais me débarrasser d’un truc : si on parle de la cuisine du resto Le Comptoir des Galeries, je suis fan, c’est de la bistrocequevousvouleznomie de haut vol, tout est gourmand, plein, intense, saucé.

On y retrouve les cuisses de grenouille de Julien Burlat, un homard dépiauté à la sauge, du jambon maison avec du boudin de je sais pas quelle maison mais diablement bon, du ris de veau bien élevé sous sa mère, des croquettes (de la carte du Petit Comptoir mais que tu sais une fois avoir au restaurant Le Comptoir), le tout avec des petits légumes (un peu trop vapeur) et des pommes dauphines que tu t’envoies avec les doigts comme des crackanuts.

Dessus on rince avec du nature bien élevé, bref, même si je dois retourner à Bozar Brasserie pour me refaire une idée (et j’ai très envie) , même si Gaspar fait de mieux en mieux et me tient bien par les papilles via son chef Michel Borsy,  on est ici dans le top des bistrots gourmands bruxellois.

Bon où c’est que ça coince alors ? Car il y a un truc qui coince.

Primo, il y a ce Comptoir du Comptoir qu’est devenu le Petit Comptoir. Quand t’arrives à 20h30, par l’entrée des Galeries (on peut aussi rentrer, horresco referens, par la rue des bouchers) t’es obligé de passer par Le Comptoir devenu petit où …la lumière n’est même pas allumée. Bref, tu te dis, je vais aller au Comptoir et prendre l’apéro au petit Comptoir pour diner au Comptoir, et non, « c’est jusque 19h30 ».

Deuxio, il manque quelqu’un pour habiter la salle. Le service est prévenant, gentil, attentionné, mais il n’y a pas quelqu’un pour te câliner un peu, se souvenir que c’est la quatrième fois que tu viens au moins,  un directeur de salle,  (ou une directrice, hein, c’est pareil)  non, ça titube un peu, même.

A défaut, il y aurait le chef qui sortirait te demander si c’était bon et tu lui collerais deux bises sur les joues pour lui dire combien tu aimes sa cuisine, ça rattraperait.

Tierço, c’est un tout petit peu cher, mais au vu de la qualité, et le jour où il y aura une âme ailleurs que dans les assiettes, je paierai sans douleur.

Alors ? Alors, on a une adresse bétonnée au niveau de l’assiette, on a un véritable œillet à la boutonnière de la ville de Bruxelles   dans un quartier où le bruxellois ne se laisse pas forcément aller à y aller, bref, on a un truc béton, et dommage, il manque la petite patte pour en faire le lieu culte.

Et d’ailleurs, alors que ça devrait être « bourré massacre », c’est rarement fully booked.

Ca ne m’empêchera certes pas d’y retourner, mais ça serait bien, enfin, moi je trouve que ça serait bien, qu’après de tels investissements - qui ont donné naissance à un lieu superbe, rappelons-le-, les propriétaires trouvent (il semblerait qu’ils cherchent) à un vrai directeur-trice de salle qui ferait même un peu sortir le chef de sa cuisine, tiens, et du coup, l’âme du lieu ferait mieux que de vivre dans les assiettes et la déco, elle serait partout, pour sûr que j’en suis sûr.

Galerie du Roi 6,

1000 Ville de Bruxelles

photo c. S. Anton.

 

07:16 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

20/06/2015

Restaurant Alexandre (du nom de celui qui n'y est plus mais là n'est pas la question) - cuisine qui met des claques en série

alexandre.JPG Donc on reprend, pour les ceusses qui suivent l'actu des restaurants Bruxellois, il y un lieu, à un jet de sauce ponzu de la Place Rouppe, où dans le temps il y avait un restaurant nommé Re-Source. Christian Baby Yumbi, un chef originaire de la RDC y avait récolté un succès bien plus que d'estime, le lieu avait des good vibes, et même si Christian s'en est retourné depuis à Kinshasa, il est toujours un chef qui fait parler de lui, mais ce coup-ci, chez lui. Fin du premier acte.

Puis vinrent Anca et Alexandre. Alexandre, c'était le belge de service dans topmastersuperchef d'il y a quelques années, un caractère bien trempé, un talent qui s'est affirmé très vite, couronné par une étoile au Guide Rouge, avec un succès qui ne devait pas se démentir. L'Acte 2 s'émaille de quelques scènes (de ménage), et en novembre 2014, Alexandre déménage précipitamment avec armes et bagage de soute à la Villa in The Sky où Michelin, considérant que le chef avait déménagé avec équipe et talent lui attribue illico une étoile. Comme je l'ai déjà écrit abondamment, je ne prends plus parti sur  cékiki mérite des étoiles ou pas, Michelin, c'est son guide, il en fait ce qu'il veut, en attendant, son aura est toujours aussi balèze, yaka parler cinq minutes à un chef qui a perdu ou gagné une étoile pour comprendre.

On peut juste rappeler qu'à l'époque, le Groupe Villa Lorraine avait fait la bonne affaire de l'année, en gardant l'étoile d'Alexandre qui avait déménagé (à La Villa dans le ciel) et en gardant aussi l'étoile du chef Bianchin qui était parti (de la Villa Lorraine), le tout sans "proclamation" puisque pas de "nouvelle" étoile, enfin pas tout à fait, donc un peu désordre, mais on répète, c'est leur business.

Et le Restaurant Alexandre dans tout ça? On l'a dit, le lieu a des good vibes, et Anca, désormais sans Alexandre mais en décidant de garder le nom, cherche et trouve une chef...   Et une vraie rencontre a lieu entre deux femmes, Anca Petrescu, donc, et Isabelle Arpin, une chef française d'Ostende, longtemps gratifiée d'un 15/20 au Gault et Millau, à Ostende, on vous l'a dit.

Maintenant, on oublie un peu les histoires de famille, on oublie même le nom du Restaurant, on s'assoit, on goûte (non, on ne teste pas!).

Et c'est là que j'ai regretté d'être le dernier à y être allé.

Le lieu, d'abord, il était déjà simple et de bon goût du temps de Christian, il a évolué, et comment, et sans ostentation, c'est sobre, beau, enfin, moi je trouve ça beau, et sans aucune faute de goût, enfin, par rapport au mien de goût, le bon goût, hein, c'est quoi?

Anca est en salle, elle dégage passion, énergie, caractère.

Et arrivent les assiettes d'Isabelle Arpin.

On va prendre des précautions oratoécrivatoires: l'expérience que j'ai vécu est totalement personnelle, je n'y ai dîné qu'une fois, et peut-être, amis lecteurs, vous ne vivrez pas la même, car nous n'avons pas forcément les mêmes goûts ni la même sensibilité, that's it.

Mais, j'ai tout adoré, du début à la fin, je me suis pris en pleine poire une gourmandise "mozzafiato" continue; limite, je n'arrivais pas à reprendre ma respiration. J'aurais voulu être au moins déçu par le dessert ou les mignardises, non! Dès la première mise en bouche, j'étais high, genre sous LSD et c'est resté. Pourtant, il y plein de trucs - du genre que d'habitude je dirais qu'il y en a trop - dans les assiettes, des points, des feuilles, des poudres. Mais tout est groupé-serré et en bouche tout se tient.

Voilà le compte-rendu le moins descriptif de l'année 2015, je n'ai même pas envie de parler de ce que j'ai mangé, c'est le menu tout entier qui m'a excité tout au long de cette soirée.

Alors voilà, comme de plus, j'ai une sensibilité de midinette, j'aime bien cette histoire ou pour le moment tout à l'air de se terminer bien (ou mieux, ou allant ver les mieux, WTF!) pour tous les acteurs de ce qui a été une mini tragédie du petit monde des restaurants de Bruxelles.

Merci Isabelle et Anca pour ce moment, je vais le garder précieusement quelques temps en moi avant de revenir, mais je ne vais pas trop traîner non plus, histoire de re-kiffer encore votre cuisine, juste avant que les étoiles (font ce qu'ils veulent, hein, au Rouge) ne vous rattrapent, ou pas, d'ailleurs.

 

Rue du Midi 164,

1000 Bruxelles

02 502 40 55

 

07:53 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

30/05/2015

Toscana 21 - Restaurant italien que si tu sais pas tu passes à côté - Sablon ou presque - Bruxelles

Je dois à un ami bienfaiteur d'avoir découvert - non pas testé - un restaurant italien, dans le piétonnier qui part du Sablon, que si j'étais passé devant vingt fois je ne sais pas si je serais rentré. Toscana 21, déjà le nom, tu te demandes. Snobisme de ne pas être attiré par un cadre qui à l'air broleux de loin et qui confirme l'impression une fois dedans? Conformisme qui consiste à n'avoir qu'une demi-molle dans certaines enseignes italiennes mais à continuer à y aller? Je l'ai déjà dit et écrit, mais les restos italiens branchouilles de notre belle capitale, s'ils offrent souvent des plats et des produits de qualité, se contentent le plus souvent de ronronner autour de la burrata, des tomates semi séchées, des linguine et au speck-radicchio et autres tartignolades vues et revues.

Un peu comme si il y avait eu les restaurant italiens des années 70 et leurs déclinaisons toujours vivantes (pizza-escalopes-spaghetti puttanesca-scampi diavolo (ma che cazzo)-tranche milanaise) puis les restos italiens années 2010, tout aussi conformistes dans leur pseudo attitude terroir.

Mais voilà, à Bruxelles et ailleurs, ça bouge, et le plus souvent dans des enseignes qui malheureusement mettraient comme un point d'honneur à cultiver le moche au niveau de la déco, faisant ainsi mentir l'adage qui voudrait que les ritals aient toujours tellement de goût.

Osteria Bolognese à Ixelles, Ristorante Rossi à Leuven, (celui-là je trouve que son minimalisme a quelque chose de beau); dans un genre post-immigratoire réussi, il y a aussi Monticelli à Uccle qui a vraiment grimpé d'un cran récemment  jusqu'à m'exciter tellement les papilles que je dois y retourner pour me conforter dans cette excellente impression; là, je n'ose pas me lâcher de peur de me tromper. Et dans un genre encore différent, minimaliste (réussi) slow foodien anti-viande pro-poisson durable, il y a Racines, à Ixelles.

Et ce Toscana 21. On a pris le sempiternel assortiment charcoutérie fromages pour commencer et boum, là où d'habitude, entre jambon de Parme, bufala trop froide et mortadelle, tu as pris l'habitude de ne t'attendre à rien si ce n'est grignoter pour patienter, et boum, donc, un assortiment de "pecorino" et charcutailles que même dans ta Toscane des vacances, tu ne le trouves pas. Puis, comme primo, un truc avec lequel rien qu'à l'annonce tu déclencherais l'alarme du David Lloyd: des testaroli, sorte de morceaux d'une grosse crêpe rôtie, puis cuits brièvement à l'eau, noyés (les morceaux, toujours) sous la saucisse et les champignons.

Le vin maison est un Chianti qui au lieu de goûter la planche usée, te fais mordre dans le fruit cerisé du sangiovese; café addition, je reviens c'est promis.

 

Toscana 21

Rue de Rollebeek 21, 1000 Bruxelles

Tel: 0032 (0)2 5023621

 

 

09:56 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

16/05/2015

Carcasse – les pattes arrières tellement c’est bon – restaurant à viandes – Saint Idesbald, Royaume de Belgique Libre de Listeria

carcasse.jpeg

Il y a un type, il s’appelle Hendrik Dierendonck et c’est ZE boucher vedette de Belgique. Dans sa boutique de Saint-Idesbald à la mer, il alimente tous les jours au moins vingt mètres de linéaires de bonne bidoche. Ce gars là il a plusieurs casquettes dans une, non seulement il surfe sur la mode de la viande maturée, bien nourrie (avant d’être morte et maturée, s’entend) , etc.. mais en plus il fait boucher à la belge comme on aime. Je m’essssplique, dans son comptoir on peut y aller, se défouler sur de bonnes spécialités charcutières comme la salade de viande le potjesvlees ou le pâté grootsmoederwijze, tout est bon, avec une mention particulière pour la salade de museau, parce quand on est gourmand on aime toutes les salades de museau, aussi bien avec des copines qu’avec du cochon.

Bref, ce petit bout de bonhomme aux mains en pales de moulin à vent a ouvert en janvier un restaurant  contigu à la boucherie qui s’appelle Carcasse, un nom qui claque comme une drisse sur les espars d’un bateau de plaisance dans le port de Nieuport un jour de tempête de nord ouest, oui, Carcasse!

Oui, au rez-de- chaussée d’un bête immeuble en brique comme il y en tout plein à la mer, un espace avec quelques tables  et un chef à l’expérience étoilée, Michael Yates, lequel  a en effet bossé au fameux Oud Sluis de Sergio Herman.

L’espace est lumineux, aéré, avec une chambre de maturation transparente, une petite cuisine, une belle trancheuse Berkel et de jolies demoiselles nourries à l’herbe des prairies au service. Elles sont blondes, souriantes et parfaitement attentionnées.

Accueil souriant, donc,  dans toutes les langues, et hop on t’installe à une grande table où tu auras d’autres voisins, j’adore, c’est sympa, ça me rappelle quand à La Paix, les tables se touchaient. A ma gauche 4 cthis en goguette, à ma droite un couple de retraités gantois italophiles bobos, la conversation démarre, un peu flamand, un peu français, un peu italien, on s’enquiert de ce que les voisins ont commandé, trop bien. Si vous n’aimez pas de rencontrer des gens ou si vous devez discuter divorce, allez ailleurs !

Entrée, des ris de veau au saté, Graziella a choisi des côtes d’agneau laquées, les deux entrées sont remarquables de profondeur, d’intensité. Avant, on avait grignoté des lobes d’oreille de cochon, enfin, juste des oreilles, pas les lobes, tout à fait croustifondants.

Puis, la bidoche, je choisis le choix raisonnable, tant niveau prix que niveau localité, le zesrib – comme du spiringue si tu veux – de vache rouge des Vlaaaaaanderen.

Une viande certes moins persillo-maturée que de la rubia gallega, mais c’est très très bon, ces côtes finales, avec un bon goût de vraie viande, intense et jamais écoeurant. C’est servi dans un plat Staub qui reste chaud, j’ai envie de dire aux concurrents viandards, Jack o' Sheas et Colonel, faites-le aussi on mangera plus à son aise. Ca vient avec une top salade tiède de patates au cerfeuil et des asperges au jus d’asperges-grillées-avec du beurre dessus, juste parfaites.

Bref, bref, bref, à part que j’aimerais que ça soye encore plus rock and roll dans l’ambiance, mais bon c’est mon goût pour la transgression, j’ai fait mon meilleur repas 2015 et oui, so far chez Carcasse, mais bon, je suis plus bidoche que quinoa, quoique. Donc, non seulement j’y retourne, mais en plus, je vous le recommande chaudement, mais réservez, c’est plein avec trois mois d’avance.

Combien? 176 euros à deux avec un dessert pour deux et très peu de vin, c’est pas mal d’euros mais ça les vaut, les bonnes maisons à bidoche comme la table du boucher ou Colonel sont dans ces eaux là voire un poil au-dessus.

Carcasse, c’est à saint Idesbald, derrière la boucherie Dierendonck, en Flandre, Royaume de Belgique libéré de la Listeria, Union européenne, Monde.

Avenue Henri Christiaen 5
8670 Coxyde
+32 (0)58 51 72 49
info@carcasse.be

 

09:38 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

26/04/2015

Racines – Restaurant italien engagé – Ixelles

racines.jpeg

Tiens un nouveau restaurant italien? J’avais croisé trois types (dont Francesco Cury et Ugo Federico, chevilles ouvrières du projet) il y a quelques mois au marché Flagey et ils tenaient une échoppe où l’on trouvait à la fois des fromages , des « pizze fritte » et des légumes bio en traction animale.

Et  donc, tiens, ils ont ouvert une nouvelle enseigne italienne post-post moderne, pour laquelle, Dieu merci, aucun critique gastronomique d’aucune sorte (ni pro ni yelpeur, ni blogueur) ne pourra sortir l’indispensable phrase « on trouve ici quelques classiques transalpins de bonne facture ».

Foin de classiques transalpins ici, disons le tout de go, mors (et Sodome) ici à pleines dents dans une cuisine résolument moderne, slowfoodienne, voire engagée.

La maison, ouverte depuis quelques semaines à un jet très court d’huile d’olive de la place Flagey repose sur quelques piliers, quelques partis pris, bien solides.

L’utilisation de produits italiens vraiment rares et bons – notamment parmi les fromages, un pecorino di fossa remarquable-  et pour le produits frais, le recours à des produits locaux (locaux d’ici, donc) le plus souvent possible.

Pas de bidoche, que du poisson durable, pas de poisson d’élevage, on est ici, pour reprendre le vocabulaire utilisé généralement par plus branché que moi, dans une « néo-cantine qui a su intégrer les codes actuels du bien manger respectueux de l’environnement et ainsi toucher une clientèle à la fois jeune et moins jeune en recherche d’une gastronomie à la fois responsable et goûteuse ».

Bien, et ça donne quoi, cette enseigne où ahimè, je ne pourrai jamais manger le ragù ?

Ben, c’est bon, très bon, propre et juste, selon l’expression consacrée! Le pain et la focaccia que l’on vous apporte illico sont exceptionnels, surtout la focaccia, et les plats sont simples, certains frisent même presque la désinvolture, à les voir arriver, mais tout est efficace et bien envoyé.

Désinvolture? A peine, mais par exemple, la papillote de shi-také, sur laquelle, une fois ouverte, on verse des haricots cannellini parfaitement cuits-assaisonnés, c’est vrai qu’à 16 euros ça douille, mais c’est juste très bon.

Mes « crespelle » de farine de pois chiches, farcies de ricotta et champis, voilà un primo qui ringardise en un instant les neo-cantines de la vague d’avant, celles qui carburent à la burrata-linguine.

Donc, du neuf, à la fois centré-produit et centré-cuisine, avec bien entendu des quilles bio, et aussi, des vrais desserts d’Italie, comme un « budino al cioccolato amaro » d’une intensité très intense, je l’ai encore sur les papilles deux jours après.

Bref, c’est nouveau, c’est juste, c’est de la cuisine italienne trois point zero, ça marche, les clients affluent et on se réjouit.

Il y a même un coin épicerie, je leur ai acheté des tagliatelle aux œufs très très bonnes et, sorry les gars, je me suis fait un putain de ragù pour les manger!

Racines

Chaussée d'Ixelles 353

1050 Ixelles

16:26 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

23/04/2015

Trois questions à Filippo Santangelo, chef, Pouic-Pouic, Chapelle-lez-Herlaimont

pouicpouic3.jpg

 

Filippo Santangelo est le chef de Pouic-Pouic, un restaurant gratifié par le guide rouge d'une étoile, bien accrochée au fronton de la maison depuis que c'est Filippo, justement - qui était en salle jusque 2009 - qui s'est installé aux fourneaux. On est dans la région du Centre, le lieu a été rénové de manière, on va dire, assez visible, mais sans faute de goût, la cuisine s'ouvre sur la salle, normal pour un chef, qui y était avant, en salle.

J'aurai l'occasion d'y retourner et de vous entretenir par le menu de la cuisine de Filippo, retenons toutefois de ce premier passage un jus de queue de boeuf (sans jeu de mots) absolument mémorable (l'affaire nécessite 50 kilos de bidoche pour 6 litres de sauce, on la savoure) et un crescendo étonnant au moment des desserts, à base de légumes, qui vous font quitter le lieu léger comme une fée clochette, oui, même moi.

C'était l'occasion, de poser les trois questions traditionnelles au chef:

Filippo, quelle est la cuisine qui vous plaît, que ce soit vous qui la fassiez ou quelqu'un d'autre?

FS: Clairement, je préfère la cuisine que font les autres! J'aime mettre les pieds sous la table, m'attabler aux grandes tables, j'ai véritablement appris à manger dans les étoilés de Belgique et d'ailleurs. Mes préférés? En Belgique, Slagmolen, et ailleurs, Jean-Georges Klein, de l'Arnsbourg, en Alsace, une table à la fois simple et sophistiquée.

Quelle évolution voyez vous pour la gastronomie dans votre région et dans votre pays?

FS: Dans la région, je suis content de constater que ça bouge, ça évolue, on est un peu plus nombreux à défendre la gastronomie. Plus généralement, je me réjouis de voir que l'on revient à de vraies valeurs, sans trop de fioritures, on a quitté le moléculaire et c'est le goût qui s'impose.

J'ai quand même vu quelques siphons passer entre vos mains ce soir...

FS.: Oui, mais c'est juste pour aérer un peu mes préparations (rires)

De quel produit, de quel ingrédient ne vous lassez vous jamais?

FS: les oeufs! J'adore les travailler, les manger. Mon oeuf préféré? A la coque, 6 minutes, départ à froid.

Mouillettes? Oui, au beurre salé.

pouicpouic1.jpg

Rue du Chemin de Fer, 57
7160 Chapelle-lez-Herlaimont
Téléphone: +32 (0) 64/21.31.33

19:58 Écrit par Carlo dans chefs, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

13/04/2015

Emile - Bistrot bien gaulé - Ixelles

emile photo.JPG

« Vous avez réservé? »

« Non peut-être et il y a même une dame qui m’attend»

« La jolie blonde de la table du fond ? Heureusement que vous arrivez, elle allait se barrer ».

Le ton est donné, l’accueil musclé, massif et débordant d’humour de la jeune fille tatouée – qui porte un sweat-shirt marqué « branleuse » - surprend dans un lieu « urban  presque chic », mais ça change du Canterbury qu’est à même pas 400 mètres.

Emile (de Béco) dans la rue du même nom est un bistrot qui s’est donné des ambitions de bien manger, et ça le fait, au-delà des apparences.

Oui, un endroit où l’on peut juste boire un coup ou manger, qui décidément, donne un coup de frais au genre.

Quel genre?  Ben, le genre « taverne » ou « bistrot » dont les poncifs vont de ces maisons poussiéreuses qui ornent le Boulevard de Waterloo a des paquebots plus détendus comme « L’Ultime Atome » mais où, au final, on sait bien que l’on risque de se retrouver nez à nez avec des carottes râpées, du céleri rémoulade, ou, pire, du maïs en garniture. Oui, en garniture, on va me dire, c’est pas grave, mais si, justement c’est grave.

Alors, Emile? (pas « chez Emile »).

Une jolie carte bien balancée de classiques belges, avec tout plein de croquettes (crevettes, fromââââche, scampis), des boulettes, et autres, et aussi un inévitable bœuf maturé parce que ossinon on ne sait plus faire de commerce de nos jours, sans bœuf maturé; et côté liquides, j’ai eu du mal à choisir ma bière, et de plus, à l’heure où j’écris ces lignes j’ai oublié mon choix, ce qui ne prouve rien sauf que ce n’était pas cent pour cent en ligne avec mes goûts tordus pour l’acide et l’amer (qui chante au fond des golfes clairs) et toujours côté liquides, mais côté vins, un peu trop de vins du sud et pas assez de vins vifs et légers (mais là aussi, hein, je ne peux pas demander à tous les restaurateurs bruxellois de ne mettre que du gamay - sans ma fille -  à la carte).

Respect toutefois à la dame au sweat shirt « branleuse » qui nous a orientés sur un « nature » avec syrah-grenache et tout le toutim sudiste, parfaitement fruité dont, là aussi, j’ai oublié le nom, la référence, le château et le nom de l’œnologue, ce n'est pas sérieux, mais en même temps, c’est gratuit (la chronique sur le blog, pas le vin).

Alors ces croquettes? La  « fromage » est full fromage – pas parmesan - juste fondante, tu ne sens même pas qu’il y a eu un « roux » de fait à un moment ou l’autre. La  «crevettes », au fumet de poisson, pas à mon goût, mais j’aime la bisque, pas le fumet. La «scampis » (faudra un jour que l’on dise à tout le monde que des scampis c’est des langoustines et pas des grosses crevettes, mais je pense que c’est trop tard) bisquée, goûtue, profonde, oui, profonde ! (le premier qui voit un lien entre grosse crevette et profonde peut sortir).

Le bœuf maturé? Du bœuf en fines tranches, en salaison – donc attention, c’est pas un steak de boeuf maturé - moins intense en goût que le même produit proposé par Hendrik Dierendonck (on en trouve chez Rob) mais vraiment bon.

Servi avec des top-frites, de la mayo, une salade – un peu trop de feuilles dures à mon goût, mais je suis amateurs de feuilles molles, mâche, pourpier, cresson, d’ailleurs j’aimerais que dans les restaurants les feuilles molles se ramassent plus souvent à la pelle – mais bon, une très honnête salade.

Ce bœuf maturé et ses top frites et sa bonne salade est facturé à 18 euros, courrez-y !

Izabella, une amie – reine de la com dans son prestigieux domaine – gourmande confirmée, qui a bien voulu ce soir là me faire bénéficier de sa conversation, partageait mon point de vue sans retenue. Pour le reste, au cas où la question serait posée, comme de coutume, la retenue était l’invitée première de ce dîner, non mais!

Emile? C’est un bistrot pan dans le mille, merci à mon confrère légèrement dégarni, il se reconnaîtra,  et à qui je dédie les jeux de mots encore plus nuls que d’habitude qui pourrissent cette chronique, de m‘avoir renseigné cette adresse qui jusqu’à ce jour m’avait échappé.

Emile

Rue Emile de Beco 22

1050 Bruxelles

Ouvert 7/7

16:27 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

22/03/2015

Waar Vlaamse Hippe buurtbewoners zich thuisvinden et le monde entier aussi. Henri - Restaurant où c'est bon - Bruxelles Centre - Dansaert

henri.jpgAvant c'était chez Henri et on y mangeait des moules et maintenant c'est Henri tout court; et c'est devenu, enfin ça fait déjà quelques années, un bistrot de cuisine - aïe aïe aïe, le mot - bistronomique, et d'ailleurs là, maintenant, cette classification bistronomique j'en peux plus de la lire ou de l'entendre, m'enfin en même temps les gens qui la lisent voient plus ou moins où on est.

Henri, sans dévoiler tout tout de go, c'est le prototype de l'adresse sans faute de goût. Décor simple, net, urbain à mort, rien d'ostentatoire, service complice et efficace, carte des vins qui synthétise parfaitement l'air du temps, carte bouffe "extended" mais cohérente.

Voilà c'est fini, on dit que le rapport qualité/prix est bon et on se tire?

Non, il y a un truc en plus et, d'ailleurs, amis lecteurs indulgents qui voulez bien me lire, j'en profite pour dire que s'il n'y a pas dans une adresse un "truc en plus" (non, pas les seins de la serveuse) j'en cause tout simplement pas sur ce blog.

la cuisine d'Henri fait que l'on on sent parfaitement la main et le goût d'un chef qui serait lui même un gourmand qui aime bien de tout manger ce qu'on met dans l'assiette. Tu veux un exemple? La salade qui accompagnait ma Rubia Gallega maturée. Du pourpier, parfaitement assaisonné, avec genre des piquillos et d'autres choses.

Un autre? Les pommes vapeur, qui semblaient avoir été épluchées à chaud, amoureusement caressées par du beurre persillé. Et je ne te parle pas des frites qui arrivent un peu de manière anodine et superfétatoire et qui te font regretter de ne pas avoir un appétit de rechange, parce que ces frites sont tout en haut de l'échelle de Frichter dans le classement des frites que l'on sert dans les restaurants bruxellois.

Nous étions quatre, et tous les plats ne m'ont pas excité au même niveau: j'ai adoré ma croquette aux chicons-jambon, mais le saltimbocca nous a paru à tous  un peu chargé, un peu "caliche" a dit Catarineta, la purée de haricots des Saint-Jacques de Giovanni passait un peu à côté, et, peu importe, j'ai envie de dire. Graziella qui a fréquenté énormément les lieux reconnaît qu'elle aime tout, mais qu'elle ne s'enthousiasme pas toujours sur tout.

Il n'en reste pas moins que même l'espuma de crème catalane (un truc revisité, quoi) te confirme que le chef - qui n'était d'ailleurs pas là en personne ce soir là semble-t-il - fait ici une cuisine d'intention gourmande qui fait de cette adresse une maison où tu reviens "drivé" par ton appétit et rien d'autre.

Allez, encore un truc en plus, cette ambiance "Dansaert Vlaming" qui te donne l'impression que Bruxelles est à la fois une ville étape des grandes villes du monde et une capitale à dimension humaine, hors des circuits convenus du haut de la ville, ça j'aime encore vraiment bien!

Resto Henri

Vlaamsesteenweg 113

1000 Brussel

02 218 00 08

07:49 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

17/03/2015

Sakura (lovely)(1) - Restaurant japonais (de poche) - Saint-Gilles lez Ixelles

sakura.JPG

Il est ces endroits dont les professionnels de la profession ne parleront jamais, ou presque. Ce genre de resto, trop moche pour qu'on en cause dans le journal ou un guide, trop bon marché pour qu'on lui fasse confiance, trop ringard même pour Metro.

Mais bon, quand t'as posé tes fesses au moins dix fois dans un ovni et que dix fois c'était bon et dix fois t'étais en bonne santé encore plusieurs semaines après l'ingestion, ton honneur d'amateur de la bouffe qui a de temps en temps la prétention d'écrire se doit de te dicter de relater ton expérience.

Bref, Sakura, resto japonais à prix cassés - tu te demandes quand même de quelle usine Tricatel vient le saumon,  mais il fait le job honnêtement - me nourrit régulièrement le midi, d'une bento box de sushi, salade, tempura etc..à 10 euroballes tout mouillés, ou d'un miso katsu ramen très convenable à 10.80, ou même comme ce midi, le katsu don (porc pané) sur riz et oeufs qui m'a bien tanqué, sans lourdeur, toujours pour un peu plus de dix francs suisses.

Bref, sûrement pas le meilleur japonais tenu par des chinois (c'est souvent!) de Bruxelles, mais- me vlà que je cause de rapport qualité prix maintenant - mais donc, disais-je un rapport qualité prix au taquet, le tout, sans le sourire de la crémière, mais ça fait partie du décor, comme l'aquarium.

Addition pour trois, 39 euros c'est sûr que c'est plus cher qu'un sandwich au pain décongelé et à l'américain full haleine d'oignons-poney et un coca zero, mais c'est beaucoup plus apaisant pour ton corps, et avec votre esprit, s'il vous plaît bien.

Sakura - Restaurant Japonais

Rue Simonis 2

1060 Bruxelles

 

(1) ceux qui ne comprennent pas le jeu de mots pourri peuvent m'écrire, les autres aussi.

 

16:54 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

14/03/2015

Socc'ml! (*) - Osteria Bolognese -Restaurant full cochon, full gluten, full lactose, full taste - Ixelles

bolognese.JPG

Osteria Bolognese est un petit phénomène. Un restaurant de poche, rue de la Paix à Ixelles, rempli tous les jours midi et soir rien que par le groin à oreille (de cochon). C'est quoi le principe? On bouffe comme à Bologne, des antipasti de charcutailles totally DOP, des primi avec encore du cochon (enfin, pas toujours), des secondi avec rebelote de cochon, le tout largement saupoudré de Parmigiano Reggiano, sous des flots de Lambrusco ou de Sangiovese.

Bologna la grassa, c'est ici que ça se passe. Certes, alors qu'à Bologne, outre le chef il y aurait une "sfoglina" qui ferait des pâtes toute la sainte journée, Giacomo - qui dans une autre vie tenait un restos à sushi à Bologne - a choisi de s'approvisionner en direct de pâtes fraîches chaque semaine, et il a choisi un putain de fournisseur car les tortellini juste in brodo, pour ne parler que d'eux,  sont juste comme il faut.

Bien mais une fois qu'on a réussi à réserver, on mange quoi?

L'antipasto maison qui croule sous le salame rosa, pesto modenese, mortadella, ciccioli, mousse de mortadella, est servi, Dio sia Lodato, avec de vraies crescentine! C'est quoi? Des carrés de pâte à pain frits, tu mets un peu de mousse de mortadelle dessus ou de pesto modenese (du saindoux en gros) et tu meurs là, dans un orgasme précoce.

Oui précoce, car il y a aussi les primi piatti. Tagliatelle al ragù, gnocchi, tortelloni, tortellini, bien torchés, envoyés, droit dans le bide.

Enfin (et il est juste impossible de faire les trois, il faudra choisir) les secondi sont peu nombreux mais sauvagement goûtus. Polpettone, côte de porc, flanqués de légumes, c'est corsé et droit.

Allez, avec un peu de recul, et quelques visites, c'est quoi mon choix de mon coeur dans cette petite maison?

L'antipasto encore et encore, les primi dans leur version "ripieni" (les pâtes farcies, quoi) et le polpettone dont je me suis empressé de tenter de refaire la recette. Last but not least, cet endroit d'apparence modeste, où l'accueil est certes  un poil psycho-rigide dans sa passion de la cuisine ultra-locale (mais les passionnés ont notre estime) vous déleste d'une bonne trentaine, max quarante, euroballes ce qui, compte tenu de la qualité des produits envoyés, est plus que raisonnable.

Allez, même les desserts, tiennent la route et il y a du Montenegro pour pousser le café.

Il se fait qu'ayant travaillé dans une autre vie pour le Parc Expo de Bologne, ayant quelques amis dans cette cité à la fois pétrie de traditions et libre-penseuse comme rarement, cette ville qui sait être à la fois puritaine et totalement dévergondée, pour toutes ces raisons, je m'entraîne depuis des années à dire avec l'accent, une expression tellement bolognaise qu'elle trouve, ici, particulièrement à s'appliquer:

Socccccccc'ml!(1)

(1) Non, je ne vous la traduirai pas, essayez avec Google Translate, avec un peu de chance, il va vous dénoncer et bloquer votre pc.

Rue de la Paix 49, 1050 Ixelles

02 608 51 54

On peut réserver, sauf le mercredi. Ce jour là la file se forme avant 7:00, à 7:01 c'est plein.

16:04 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

18/02/2015

Mon midi chez Maud – L’Heure de Table – Bistrot goûtu – Namur – Wallonie – Belgique

maud.JPG

Un bienfaiteur  inspiré m’a convaincu de quitter l’espace d’un déjeuner (enfin, je suis parti à 11h00 du matin pour être sûr d’être à l’heure) la capitale dont j’use au péril de mon gras qui pousse nombre de chaises de restaurants pour me lancer dans un voyage vers Namur,  dans une de ces adresses du genre qu’on se refile sous le manteau à pas trop de gens, merci, de peur de ne plus y trouver de place.

Quelque part dans la cité mosane, sur un coin d’un quartier sans relief, une petite salle de restaurant qui ne paie pas de mine mais où on se sent vite bien, les pieds sous la table. La cuisine est dans le resto, les clients sont dans la cuisine, la chef, Maud,  est derrière son fourneau et en salle à la fois, la serveuse est à la plonge et au service, ça bosse, ça envoie, ça sent bon.

Maud a une dégaine de joueuse de hockey, bien campée dans ses bottes, le geste sûr, la main sur le couteau, la poêle, le sel et le poivre.

Et notre chef ne joue pas en défense, c’est une attaquante qui marque des buts. Si la cuisine c’est couper, cuire et assaisonner, Maud l’a parfaitement bien compris et elle coupe, elle cuit, elle assaisonne.

Tartare de canard bien aiguisé en entrée, sur un lit de lentilles qui n’ont pas peur d’avoir du goût puis une andouillette tirée à la ficelle bien comme il faut, juste grillée, avec une petite salade (pour moi on pourrait laisser les tomates au marché matinal) , et à part, une jolie sauce moutarde bien moutardée. Les pommes de terre rissolées en accompagnement paraissent un peu fades dans cet environnement si gustatif, mais Maud nous dit que d’habitude c’est des frites, et qu’elle les coupe au couteau, tôt matin.

La salle se réchauffe, les vins – plutôt des flacons sudistes – coulent à flot sur les diverses tables (on rappelle que le resto n’ouvre qu’à midi, mais ici on prend le temps), mes commensaux à la ligne pourtant enviable ont assez d’appétit pour commander un pain perdu aux pommes. Léger goût de beurre noisette, pommes bien caramélisées, pain généreux et moelleux, glace parfaite, là aussi, Maud nous convainc de sa maîtrise des trois mamelles essentielles du BAba de la cuisine comme il faut : découper, cuire, assaisonner (bordel !).

L’ensemble des clients du restaurant finissent de farter leur système digestif à la Poire Williams, je m’abstiens comme un vieux pisse-froid pour cause de si je conduis je ne bois (presque) pas, l’ambiance est au zénith, il est temps de retourner travailler, après une si chaleureuse (double, voire triple) heure de table!

L’Heure de Table

Rue Denis Georges Bayar 81

5000 Namur

 

10:21 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

09/02/2015

Bien calé dans mon ventre (saint-gris) – Ventre –Saint- Gris – Restaurant – Uccle – Bruxelles.

 

ventre.JPGDans ta vie de « foodie » - je vais d’ailleurs bientôt rayer ce mot de mon vocabulaire – t’es toujours un peu en train de chercher soit le dernier concept, soit l’artisan caché qui délivrerait le meilleur ceci-cela ou encore l’ultra-étoilé qui t’emmènerait au septième ciel du nirvana de l’extase culinaire.

Et tu finis par oublier que ce dont nous avons tous aussi besoin comme de pain quand nous allons au restaurant, c’est aussi de manger des plats rassurants, bien exécutés, par des professionnels de la profession, qui savent depuis mille ans qu’il faut faire reposer la viande après cuisson et que la béarnaise se sert chaude.

Il y avait longtemps que nous ne sous étions vus, Priscilla et moi, et depuis notre dîner au « Monde est Petit » il m’est apparu qu’elle serait définitivement ma commensale de tables rassurantes, où l’on se fiche de concepts mais où l’on travaille au bonheur de celui qui mange, sans chichis, sans extrémisme, mais sans trop de compromis non plus.

Quartier Saint-Job, Uccle, Bruxelles, capitale du Royaume du Roi des Belges  de Belgique  et de l’Europe.

Le bon géant Fabian accueille, conseille, met tout le monde à l’aise, une vraie chaleur humaine empreinte de vraies valeurs  émane de ce garçon sans jamais verser dans la familiarité.  Le chef Mike, sous des dehors bonhommes, tient sa cuisine d’une main de fer, un ami journaliste ayant fait des études de chef à 35 ans se souvient encore de son stage en cuisine, passionnant, mais dur.

Ici on a intégré depuis longtemps que même si on est dans les quartiers chics de la capitale, le client aime venir et revenir au restaurant et regarde l’addition: on doit pouvoir inviter sa belle mère, sa femme et deux joueurs de hockey adolescents pour moins de 250 euros tout en mangeant entrée-plat-dessert et en buvant un peu de vin, et justement il y a un menu du marché à 29 euroballes, une performance.

Alors on maaaaaaaaaaaaange: des croquettes aux crevettes, des petits-gris, des cocottes et des entrecôtes, et même, le jeudi, Mike qui a beaucoup voyagé se lâche dans des soirées à thème –on aurait peur  si on était au buffet du Club Med – qui tiennent sacrément la route.

Tartare de saumon d’Ecosse aux huîtres (simplissime et parfait) pour Priscilla, poêlée de petit gris et champignons (délicieux, mais j’aurais mis moins de champignons et quelques feuilles de roquette ou de pourpier pour verdir l’affaire) puis suprême de volaille morilles-savagnin pour la jeune fille (juste impec de cuisson, et comme dit Priscilla, « ce n’est pas rien parce que le blanc de poulet c’est souvent  sec », oui Priscilla n’est pas toujours poète) et entrecôte béarnaise frites pour moi.

L’entrecôte n’a peut-être pas un pédigrée de lévrier afghan de concours, elle est facturée raisonnablement à 24 euros, (très) goûteuse, bleue mais chaude, tendre et la béarnaise aussi est chaude. Les frites sont des frites livrées coupées mais fraîches, elles font mieux que le job. Fabian m’expliquera que Mike n’a pas attendu la mode de la viande « dry-aged » pour laisser rassir le bœuf en chambre froide avant de le servir au clients.

On a arrosé cela de champagne Drappier Brut Nature pour commencer, inondé cela de flots de Mercurey dont honte sur moi je n’ai pas noté les références, mais qui a rempli la fonction de faire plus que plaisir sur tout, et surtout dans le gosier, parce que le vin c’est d’abord fait pour boire quand on mange, et ensuite seulement ça peut servir à étaler sa science de dégustateur.

On attribue l’expression Ventre-Saint-Gris au calviniste plusieurs fois défroqué Henri IV ; dans cette maison, la seule austérité luthérienne, c’est la modestie réelle des personnalités qui la font vivre depuis 16 ans, avec un succès jamais démenti, et ça, ça vaut toutes les chroniques  gastronomiques du monde.

 

12:09 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |

07/02/2015

Leuven Felicecittà!- Ristorante Rossi – Restaurant – Leuven – Flandres – Belgique

rossiristorante.JPG

Mon ami Pitou Vdh m’avait dit d’y aller, puis je me suis souvenu que mon géniteur m’avait fait la même recommandation il y a quelques mois : il y a à Leuven un type qui fait de la vraie bonne cuisine italienne « slowfoodienne » sans faire de bruit si ce n’est celui des fourchettes,  vas-y. Ca tombe bien, j’adore changer de ville, me sortir de cet univers mental crétin qui fait que dans ma ville je dois toujours ranger les adresses dans des cases en fonction de mes affinités avec l’un ou l’autre quartier que souvent je crois connaître. Leuven, c’est à un quart d’heure de E40,  et en deux pas dans le centre je me sens en Lombardie prêt à attaquer la cuisine d’un gaillard du cru. Je suis vierge de préjugés, mon appétit est en forme, mon envie bien lunée de découvrir est immense, Graziella est là avec sa science de la dégustation qui parfois tempère mes enthousiasmes trop rapides.

Rossi , comme la marque de Martini Rossi, comme Paolo Rossi, comme le voisin de tout un chacun, en Italie, Rossi c’est comme s’appeler Smets, sauf que c’est plus joli.

A la réservation au téléphone on m’avait prévenu « op vrijdag is er een verplicht drie gangen menu maar als er is iedts dat niet lust mag je wel veranderen »

Un sonore « buonasera » du chef à l’arrivée me rassure sur l’italianité DOC de l’endroit. Drie gangen ? L'antipasto, bruschetta-anchois-cabillaud-légumes que je ne luste pas à l’énoncé et on me propose à la place une soupe de chou fleur qui s’avèrera être une vraie performance. Chou fleur passé, morceaux, jus vert, une micro quenelle de foie, de la cuisine genre « La Buvette » mais à l’italienne, une petite claque.

Graziella a opté pour la bruschetta délicieusement relevée d’une pointe d’anchois.

Avant cela, petite salade de fenouil-orange en mise en bouche, parfaitement assaisonnée, où on sent bien que le chef a tourné chaque composant de la salade dans l’huile d’olive avec ses petits doigts.

Après l’antipasto, le primo, des linguine aux artichauts, guanciale, mie de pain, pecorino. Un "vermicelli alla carrettiera" empowered, une association parfaite entre le guanciale de haut vol – où l’on croit déceler des notes de cannelle – et le soupçon de parfum anisé de l’artichaut.

Le secondo; comme une milanaise mais de lotte avec une mayonnaise sans œuf (montée au fumet concentré de cabillaud), des cime di rapa et des salicornes, acide, amer, gras, sel, tout est dans l’assiette.

Alors, non, ce n’est pas des plats « du répertoire », Felice a appris à l’école mais aussi chez les grands, comme Bottura. Mais ce qui est littéralement passionnant dans la cuisine de Felice, c’est que derrière sa soupe de chou fleur et sa mystérieuse quenelle de foie, derrière ses linguine ou sa milanaise de lotte, on sent une main qui a intégré les « dogmes du juste » de la cuisine italienne avant de s’en affranchir pour faire sa cuisine.

Felice est un personnage sans être encore une vedette du sérail. Avec sa femme Yue, chinoise de Shanghaï, ils s’attablent sur le coup de 23h00 pour manger le même menu que nous. Yue parle un excellent italien, Felice adore la cuisine chinoise, ces deux là envoient une énergie humaine de mangeurs de vie.

Tandis que le quatre cylindres à injection directe turbo essence de la mini ronronne gentiment à 121 au cruise control sur la E40 du retour,  je me souviendrai de la proposition finale de Felice

« Si tu veux une soirée juste autour du cacio e pepe, tu m’appelles ».

A faire.

 

Ristorante Rossi

Standonckstraat 2 3000 Leuven, Belgique

016 62 48 48

 

 

11:24 Écrit par Carlo dans chefs, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

13/01/2015

Foodista repentance - La suite - La Cité du Dragon - Bruxelles- Canard sa race!

canard.JPG Ben, oui, il y a des ces endroits, vous y êtes allé quelque part au début des années 90 quand ça a ouvert et où on pouvait avec un gros effort, trouver cela "épatant", dans un registre, juste au dessus d' Attila et encore, et ensuite, continuer à passer devant deux fois par semaine pendant plus de vingt ans sans plus jamais y rentrer.

La Cité du Dragon, est de cette veine, et ce n'est ni la déco à base de dorures et de carpes vivantes, ni la salle immense ni encore moins le buffet - sûrement à volonté- qui sont les premiers "élément de langage" que cette adresse vous envoie à la gueule qui allaient me faire changer d'avis. Dans la salle, des familles, des enfants, même une table avec des "escort" et des types pas beaux, ça bruisse, mais tout le monde à l'air de bonne humeur.

Nous sommes là pour une spécialité maison de la patronne soi-même, le Canard en trois façons, et on sait déjà que l'on ne va pas nous déstructurer le volatile en le décomplexant, non, on est là pour une expérience et on va se la prendre en pleine gueule.

Passons sur la carte des vins classiquement classique - un Sancerre retiendra notre attention, je l'ai déjà oublié - on s'impatiente, où es-tu canard mort?

Là il arrive, opulent, dodu, rôti à point. La patronne Mme Liem, qui s'exprime dans un français érudit, en découpe la peau avec dextérité et nous roule les crêpes - maison, pas Gigi - avec les baguettes, qui agissent comme des phalanges infinies à la précision millimétrique. Ce canard me file une claque, pendant ce temps les "escort" picorent leur assiette et les pas beaux leur volent des bisous, la table d'à côté entonne un happy birthday de restaurant mexicain et des enfants repus de chop suey courent dans le jardin à carpes.

Le canard est parti pour mieux revenir, sauté au poivre noir, avec des légumes, un peu de riz, l'extase moins forte, l'appétit se calme, est toujours là.

Il revient en troisième fois, en bouillon clair apaisant, nous sommes à quai, l'appétit s'est calmé, plus rien ne nous ferait plaisir, il nous faut garder ce souvenir.

Sergio m'apprendra ensuite que le même jour, d'autres que nous ont mangé le canard sans bénéficier de la science de Mme Liem.

Nous avons clairement bénéficié d'une parenthèse particulière, nous étions annoncés, disons-le, mais comme toujours, l'addition c'était pour nous, pas pour le restaurateur.

Alors, une parenthèse pareille, un canard de cette ampleur - même dans mes vieux souvenirs du Raffles de Singapour ce n'était pas aussi bien - ça m'a juste donné envie de découvrir pas plus tard que dans pas longtemps, un autre classique de la maison, une autre  carte maîtresse de Mme Liem, le cochon de lait.

A suivre.

La Cité du Dragon

Restaurant trop grand

Uccle, Bruxelles, Belgique.

20:11 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |

10/01/2015

Viens Biquette! - Hopla Geiss! - Restaurant 1060 Bruxelles

hopla.JPG

Ben oui, il paraît que Hopla Geiss, ça veut dire "Viens, Biquette" en français de l'intérieur. La France de l'intérieur, c'est ainsi que certains alsaciens nomment la France qui n'est pas l'Alsace, voilà, c'était pour introduire le sujet (et non quelqu'un d'autre) , à savoir la dernière création de Nicolas Scheidt, chef adulé de la critique pour La Buvette (j'aime encore bien) et patron également de l'enseigne créée alors par Pierre Lefevre (maintenant aux commandes de l'excellent King Kong), le Café des Spores.

Donc, le chef Scheidt nous propose une cantine à Flammekueche, la tarte flambée alsacienne, une pâte à pain très très fine  (comme une pizza qui serait très fine, donc) avec dessus de la crème, des champignons et même du Münster, si on veut. Quelques autres plats terroir complètent l'offre.

On s'assoit sur des tabourets, on commande une bière dans l'air du temps (turbo-amère, mais j'aime ça) une flammekueche forestière (pourtant on est à Saint-Gilles, mais la frontière est en haut de la rue) avec dessus des champignons, de la crème et une sorte de coulis de persil.

Ca percute bien tout de suite dans le gosier, surtout l'alliance crème-coulis vert, champi, ça refroidit assez vite, mais ça reste très bon, on se régale.

Entretemps, j'ai pas bien regardé s'il y avait des vins alsaciens mais on me propose au verre un cépage ancien rouge du sud d'un vin mouvance nature à cheveux longs qui s'avère très bon, sur le fruit avec une belle acidité comme disent les chroniqueuses.

Je suis juste un peu mal assis sur le tabouret en bois où j'ai l'impression de ne poser qu'une seule fesse à la fois, mais c'est un peu de ma faute (parce que je n'avais qu'à avoir qu'une fesse, non je ne suis pas gros.)

Ensuite, j'ai encore faim, ce qui est normal, on avait partagé la pizza d'Alsace en deux et je choisis la saucisse qui vient avec une salade de patates et une moutarde mélangée à de la confiture de prunes. La saucisse est fort bonne, la moutarde aussi, la moutarde est géniale, de fait, mais la kartoffelsalat manque un peu d'assaisonnement et de vivacité pour mon palais ravagé par des décennies de plaisirs gustatifs intenses. Mais , c'est bon, hein, même très. Allez, je fais mon beauf, mais je trouve que l'assiette se présente un peu... "petit bras" surtout après la gourmande flamme-vous-avez-compris qui fait presque un mètre carré.

Bon, entretemps on a sympathisé avec les deux voisines de la table d'à côté, ce qui tend à montrer la bonne énergie du lieu, et on goûte à la version au münster et cumin super goûteuse, bien riche aussi.

Brefff, 50 euros, ça peut paraître beaucoup à certains pour un restaurant minimaliste, moi, je suis comme bibendum, je ne regarde que l'assiette, j'ai mangé pour peu d'euros des trucs très très bons qui ont satisfait ma gourmandise, à l'heure où j''écris j'ai bien tout digéré, on dit merci qui? Merci, Biquette! (Marsi Geiss!)

Hopla Geiss.

Chaussée d'Alsemberg 108

Ouvert que le soir, et pas tous les jours.

18:53 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

25/12/2014

La ligne bleue des côtes !– Colonel - restaurant, Bruxelles

colonel.JPGLa bien pensance m’oblige à dire régulièrement que la viande, c’est un peu, pas trop souvent et surtout de la bonne (et je le pense bien fort dans ma tête) mais dans les faits de la vraie vie, il est des fois où j’en mange un peu trop un peu trop fréquemment, j’avoue, mais je ne le ferai plus, surtout depuis que je me suis confessé.

Bref, pour vivre à fond cette passion pour la viande qui m’anime , pour manger de temps en temps (mais juste de temps en temps) du très très bon pour mieux revenir ensuite pendant six ans de suite au quinoa-seitan flexitariste, j’aime courir les adresses qui revendiquent la viande, la vraie, la viande maturée;  et si en 2015 si tu ne sauras pas ce qu’est de la viande maturée, tu seras juste une tache.

Inutile de dire (donc je le dis) que je suis un fan de la Table du Boucher de Luc Broutard à Mons,  qu’Alex des caves d’Alex est une de mes cantines et que j’aime David Martin de La Paix d’un amour chaste et sincère et que bien entendu, j’ai les yeux embués à chaque fois que je croise Hendrick Dierendonck, le petit prince des côtes (de bœuf) de la côte (van de kust) qui outre sa boucherie, aura bientôt un restaurant nommé Carcasse.

Colonel vient d’ouvrir au coin de la Rue Jean Stas (le piétonnier qui m’a toujours fait penser à une succursale de la rue des bouchers) et quand mon amie la très belle Barbarella  m’a proposé de découvrir cette nouvelle adresse en prononçant les mots magiques qui font jaillir le désir – « viande maturée » - j’ai commencé à me réjouir d’avance.

Un lieu vaste, pensé, sobre et élégant, l’impression première , c’est qu’on est dans un vrai restaurant au sens de comme à Londres , un investissement solide et bien pensé , ça dégage de l’hyper pro dans la démarche.

La carte, c’est bidoche : des onglets, des hamburgers, et surtout des côtes, à choisir dans le frigo comptoir d’un boucher jeune comme un agneau de lait, gentil comme un veau sous la mère. Barbarella et son physique élancé aiment la viande mais du bout des lèvres, je lui évite donc la Salers et la Rubia Gallega pour choisir une belle normande, bien roulée.

Avant – on mangera de la salade demain – nous commandons un os à moëlle  et une planchette de Noir de Bigorre (du cochon avec pédigrée) qui se décline en jambon, en je sais plus et en boudin noir qui te ferait vendre tes enfants pour en ravoir.

Mention spéciale pour l’os (à moëlle), un bon grand demi coupé dans la longueur dans lequel on a mis les rondelles de moëlle, juste parfait.

Arrive la bête morte de Normandie, servie sur un plat en porcelaine. Nous nous servons et Barbarella demande très justement que l’on nous la garde au chaud. En effet, la porcelaine blanche laisse à penser – à juste titre – que dans 5 minutes cela sera froid; de fait, il faudra en tenir compte, mon Colonel, sans vouloir vous commander. Notre table se couvre de frites – excellentes – d’aligot  -bien tourné – de béarnaise - très très bonne, mais malheureusement froide: la normande, comme souvent dans cette riante contrée laitière, tient toutes ses promesses : qualité de la viande, cuisson, repos, c’est impeccable.

C’est bon, c’est bon, et glisse là dessus un « Sorcières » d’Hervé Bizeul (un des seuls vins du Roussillon que le buveur de gamay - le dimanche- que je suis, aime vraiment). Et si c’est bon c’est bien sûr parce que les produits sont excellents, et parce qu’en cuisine il y un chef, « con le palle quadrate », Benjamin Laborie, qui a appris son métier chez Michel Bras; Benjamin, c'est une gueule, un caractère, avec de vrais morceaux de passion dedans.

Un colonel pour se finir chez Colonel, une addition qui ne plaisante pas – le prix du lieu, des produits et du vrai chef, dans les 160 euroballes à deux – et l’impression que si le chef et les approvisionnements tiennent le coup, on a déjà affaire un un lieu culte, un classique en devenir, voire même un lieu incontournable sur la route des foodies viandophiles.

Colonel

Rue Jean Stas 24

1060 Bruxelles

Photo: Benjamin Laborie, chef de Colonel

 

21:58 Écrit par Carlo dans chefs, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

22/12/2014

Tout un pigeon (entier)! Le Monde est petit – Restaurant – Etterbeek

De temps en temps, j’emmène Priscilla  dîner. Certes, peu souvent, depuis qu’un homme partage son existence et qu’elle se consacre à plein temps à son rôle de mère, Priscilla a peu de temps pour dîner. Pourtant parfois, nous volons du temps au temps autour d’une table, et nous inventons des vies, à la Gotlib ou à la Lelouch, c’est selon, genre par exemple en train de courir sur la plage d’Ostende, avec la camera qui fait le tour,  et deux  Jack Russel  qui gambadent en jappant joyeusement- à propos, au pluriel Jack(s)  Russel(s) ?- .(Oui, merci pour le Xanax, j’en avais besoin)

En brave mouton moutonnier (donc revenons-y), je  décide d’emmener Priscilla et son décolleté au « Monde est petit » que les Michelin ont gratifié, à la surprise du chef, d’une étoile, pas plus tard qu’il y a quelques semaines.

J’avais rencontré le chef , Loïc Villers, il y a quelques années, lequel m’avait bien expliqué qu’il faisait depuis le début la cuisine que lui il aimait pour des clients qui aimaient la même cuisine que lui et qui venaient dans son restaurant pour manger.

De fait, dix ans plus tard, alors que nombre d’enseignes conceptuelles ont passé leur chemin, Loïc est toujours là, et son adresse s’est doucement muée en classique local et a fait son trou au milieu des façades anciennes de l’avenue de Tervuren .

Pas de faute de goût dans la déco, mais rien de moderne, rien de tendance, rien de conceptuel.

L’étoile Michelin est venue ici se poser sur les assiettes comme pour rappeler aux lecteurs du guide rouge qu’une étoile  ça sanctionne « une bonne table dans sa catégorie ».

Et à la carte ? Ben oui, on bouffe à la carte, on n’est pas ici chez un artiste (j’aime beaucoup les artistes culinaires, ne me faites pas dire…) du menu unique, si je veux des croquettes aux crevettes suivie d’un filet pur et d’une dame blanche, on peut.

Donc, c’est parti pour des croquettes aux crevettes pour Priscilla et moi, de mon côté je continuerai « sur » un pigeon et ma muse se contentera de Saint-Jacques, on ne peut pas toujours avoir envie de frites.

Côté liquides, je m’autorise deux verres, flics zélés obligent, ce sera un bon vieux gin tonic bien fait et un verre de gamay car j’aime le gamay, car gamay deux sans trois.

Réglons vite le sort des croquettes aux crevettes. Bien croustillantes, chargées de crevettes, l’appareil à croquette bien savoureux. Le chef fait un choix, celui du fumet de poisson plutôt que la bisque, c’est à la limite presque plus élégant , mais « moi personnellement je » aime encore bien quand le goût est bisqué, Priscilla aussi, mais bon, on respecte le choix du chef.

Arrive le pigeon, tout un pigeon bordel ! (Le chef me confiera que depuis qu’il est étoilé, les geignards foodistas dans mon genre « trouvent que c’est beaucoup, tout un pigeon »), les gennnnnnnnnnnnnns.

Putain de pigeon, rosé, la peau un peu croustillante, dense, cet oiseau à la robe grise est bien entouré de chou, de salsifis et d’une « espuma carbonara » (l’énoncé me faisait peur !) riche et onctueuse. Je me prends tout le pigeon dans le caisson et j’en suis tout réjoui !

Priscilla se régale de ses Saint-Jacques posées sur une tranche de « presa iberica »   (du chic cochon) un peu trop fine pour être reconnaissable (dans sa presa attitude, je veux dire, si vous me suivez toujours).

Le pigeon a occupé tout mon estomac, mon corps se berce d’une langueur monotone, plus de place pour le dessert, mais le café « vient avec » des pralines Passion Chocolat qui sont à la praline ce que Loïc est aux restaurants prétentieux, ça ne m’étonne pas que le chef ait fait ce (très bon) choix  de pralines un peu à l’ancienne pour ses pralines d’avec le café.

En conclusion, ne vous focalisez pas sur cette histoire d’étoile (surtout si vous êtes un foodista qui écume les restos dès qu’il se voient ornés d’un macaron) , et venez manger pour manger, Loïc Villers et son petit Monde restent accrochés à leur bien manger comme ils l’aiment, et si ce garçon tourne ses autres plats comme son pigeon, je risque d’encore une fois bien manger dans son Monde est petit!

 L’addition ? On n’a pas bu grand-chose ni pris de dessert, 120 euros pour deux, y compris tout le pigeon.

Rue des Bataves 65, 1040 Etterbeek (Av. de Tervuren, quartier Montgomery)
02 732 44 34

 

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