15/01/2016

Un pistolet mitraillette aux crevettes

pistolet crevettes.jpgPistolet Original, le concept de réhabilitation nationale du pistolet comme on l’aime porté par Valérie Lepla a lâché sa nouvelle arme. A priori rien de nouveau; on connaît le pistolet, et pas n’importe quel pistolet puisque que c’est le boulanger Yves Guns qui est à la manœuvre, on connaît la croquette aux crevettes, et pas n’importe quelle croquette aux crevettes puisqu’elle est façonnée par Patrick Vandecasserie; mais Valérie a eu l’idée de mettre l’une dans l’autre, si vous voyez ce que je veux dire.

Et c’est là qu’elle est l’idée toute simple! Une croquette dans le pistolet qui se fait mitraillette aux crevettes.

Il y a quoi ? On l’a dit, un pistolet, une croquette frite minute, une belle feuille de laitue croquante, du persil frit, une giclée de citron, on ferme, on mord ?

Pas toute de suite, prends le temps de bien fermer ton pistolet, de bien caler la croquette contre le pain, laisse redescendre un peu la température, parce que la croquette, elle est chaude comme une baraque à frites.

Ca y est, tu peux y aller, la température a perdu quelques degrés, tu peux mordre. Croquant de la croûte sur croquant de la chapelure, tu tombes dans le moelleux encore chaud mais presque plus brûlant du dedans de la croquette.

Tu rouvres l’affaire, tu remets trois gouttes de citron et c’est reparti.

Alors, ce pistolet à la croquette? A manipuler avec précaution (tu risques quand même de te prendre un peu d’intérieur de croquette dans l’oreille si tu mâches de manière un peu trop virile), mais on a tous les ingrédients du plat culte. Des produits au sommet, de la tradition un rien bousculée, un peu de gras, beaucoup de croquant, du moelleux, un concentré de goût de chez nous, moi ce pistolet du midi, avec une petite Zinnebier tout près, il m’a mis en joie pour l’après-midi.

Pistolet-Original

Rue Joseph Stevens 24-26

1000 Bruxelles

 

16:26 Écrit par Carlo dans Plats cultes, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

05/12/2015

Encore des boulettes, mais suédoises, kötbullar, il parait qu'on dit "cheutbuller"

 

boulettes2.JPG

Pour l'émission ouske je suis dedans, On n'est pas des Pigeons La Une RTBF, enfin pas tous les jours, mais souvent, je m'étais attelé à faire mieux -pas difficile, mais quand même - que les boulettes Ikea, qui sont un peu quand même il faut le bien dire, à la boulette, ce que la fricadelle de friterie est à la saucisse artisanale.

Cela dit, parfois, le goût industriel, on aime ça. J'avoue, bien avant la torture, que de temps, une mauvaise fricadelle industrielle bien épicée et accortement traînée dans la mayo, ça peut résoudre des faims ataviques dans une joie certaine.

Donc, les cheuuuuuuutbullllères version synthèse de tout ce que j'ai pu glaner sur le web et notamment aussi en tirant quelques éléments du Petit Traité de la Boulette de Pierre-Brice Lebrun (éditions Le Sureau), j'ai pondu celle-ci qui a été assez bien appréciées sur le plateau, essayez, et dites moi quoi.

köttbullar med gräddsås

Pour les boulettes:

500 g de viande hachée, je vous conseille de prendre 300 g de porc et veau + 200 g de bœuf pur), 250 ml de lait, 75 g de chapelure, 1 œuf, 1 oignon, sel, poivre blanc du moulin, 3-4 baies de piment de la Jamaïque (concassé par vos soins au mortier), 1 dl ou plus de crème 40%, du beurre, du beurre, un peu de fond de veau si vous en avez, quelques gouttes de sauce soja claire, une lichette de Cognac.

Pour la garniture garnissante:

1 kg pommes de terre à chair ferme, un sachet d’airelles, un peu de sucre si besoin pour les airelles.

Au boulot:

Hacher l’oignon au couteau, le faire revenir dans un peu de beurre. Il doit légèrement colorer, mais pas trop, réserver.

Mélanger dans un grand bol: les viandes, l’œuf, la chapelure (le mieux c’est de faire de la chapelure soi-même, sécher du vieux pain au four et le concasser au rouleau à pâtisserie) du sel (attention, le haché est souvent déjà salé), le lait, l'oignon, du poivre et un peu piment de la Jamaïque concassé. Goûter et corriger l’assaisonnement, car le piment de la Jamaïque est très parfumé, point trop n’en faut.

Façonner en petites boulettes, 3 cm de diamètre.

Dans une poêle, faire rissoler les boulettes (au beurre) sans brûler le beurre. Dans un monde idéal, terminer la cuisson des boulettes au four à 180°, 5 minutes.

Dans la poêle où il y avait les boulettes, mettre la crème et le fond de veau, puis le cognac et la sauce soja, bien déglacer. Passer la sauce au chinois, transvaser dans un petit poêlon et faire bouillir pour épaissir en sauce bien nappante (mais oui, on peut faire bouillir la crème, les gens qui vous disent le contraire sont des aliens). Goûter, goûter et goûter. Selon que vous avez mis du fond de veau ou pas, il faudra mettre un peu plus de sauce soja, ou plus de cognac, poivrer en fin de cuisson. Pas de sel, le fond de veau et la sauce soja s'en occupent.

Par ailleurs j’ai préparé en garniture des patates à l’eau, ou une purée, une compote d’airelles et même éventuellement, une salade de concombres.

Je sers les boulettes toppées de crème, avec en garniture, les garnitures.

17:14 Écrit par Carlo dans Plats cultes, recettes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

10/10/2015

Bozar Brasserie (en croûte!) restaurant gourmand avec chef artisan.

tourte bozar.JPG

Y a des endroits comme ça on n'y va une ou deux fois, puis on y va plus, puis on se dit qu'on devrait y aller, puis on se dit que la lumière est un peu froide, on finit par ne plus se souvenir qu'on y avait bien mangé et un jour, à force d'oublier d'y penser on finit quand même par y retourner. Bozar Brasserie, ça fait déjà cinq ans que ce restaurant attenant au Bozar et à la Cinématek (mais avec son entrée à lui depuis la rue, ce n'est pas un restaurant du Bozar, il est à Bozar, et la fonction de brasserie d'après-spectacle ne saute pas vraiment aux yeux, et perso, je m'en tape) est ouvert.

Cette brasserie est placée sous la direction de David Martin que c'est un de mes chefs préférés - j'ai refait à La Paix il y a peu un dîner mémorable dont le masterpiece était un plat de côtes qui platecôtait sa race d'Angus - mais il y a aussi et surtout un vrai chef artisan aux commandes, Karen Torosyan (non, pas la cousine de Kim Kardachian) un raide dingue de plats traditionnels français de France dont il traque les subtilités jusqu'au bout avec une vraie envie de perfection classique chevillée au corps.

Karen Torosyan est ce que l'on peut appeler un artisan avant d'être un chef. Il y a de l'esprit MOF dans ce chef. Le tour de la carte que j'ai fait ce soir là m' a plus que convaincu de toutes ses capacités de chef créatif qui maîtrise à la fois les textures et les cuissons (je me marre tout seul à chaque fois que j'écris maîtrise des textures et des cuissons, je pense à toutes les fois ou d'autres frères tâcherons l'ont répété à l'infini) Un exemple? ce moule frite "revisité" (je me demande si "revisité" n'est pas pire que "sublimé, mais soit) où la frite est une espèce de croquette mais une frite quand même et où le jus de moule (les connaisseurs apprécieront) est un ravissement des papilles (aujourd'hui on peut jouer au jeu des 7 tartignoleries dans ma chronique) .

Tout ça, c'est très bien, mais en sus, Karen Torosyan, il a une passion, c'est la quête inlassable du plat un peu bourgeois, un peu désuet, mais surtout, parfait. 

Prenons l'exemple de son pâté en croûte. Normalement un pâté en croûte, tu le vois, tu te réjouis, tu te dis, chouette je vais bouffer du pâté en croûte, et bof, la pâte est molle, détrempée, la farce quelconque et rien ne se passe ni dans ta bouche, ni dans ta tête, faut pas demander, dans le slip. Et ça même s'il vient d'une bonne maison comme Douce France, où tout est assez bon, mais le pâté en croûte est moyen.

Sauf que là, le pâté en croûte de M. Torosyan, il parle, il fond et résiste à la fois, il te réconcilie avec le pâté en croûte, et ça c'était juste le pâté froid proposé au Bozar.

Parce qu'à la carte, il y a une tourte, une tourte chaude, servie uniquement pour deux couverts (une trentaine d'euros le couvert) et là, t'es projeté à la fois dans Le Festin de Babette et Les Saveurs du Palais (avec le chevrotant d'Ormesson mais la pétillante Catherine Frot).

La pâte brille, elle est guillochée comme une pièce d'orfèvrerie. Dedans la farce épouse la pâte  qui la serre collé-serré comme un push-up. La farce: cochon, volaille, chou, foie gras. Autour, un jus de veau bien serré et de vrais légumes.

Bref, c'est pas pour toutes les bouches ni tous les estomacs, mais on aura compris que comme on dit chez nous (enfin, pas vraiment chez moi), ça m'a bien goûté.

Un bémol? Ben, deux choses. La première, c'est que, comme je le disais il y a des années pour la Paix, ce n'est plus vraiment une brasserie, on est dans de la gourmandise d'inspiration brassière, mais même en prenant juste un américain, c'est plus cher que dans une Brasserie, est-ce un bémol? je laisse aux spécialiste ès bémols le soin d'en juger.

Il reste un truc qui n'a rien à voir avec la cuisine, c'est l'ambiance générale. L'architecture de la salle, qui est née art-déco, est sublime. La cuisine ouverte est aussi très belle. La lumière, depuis la dernière fois que je suis venu s'est réchauffée un peu; mais, l'ambiance reste un peu froide, et je n'arrive pas à comprendre pourquoi.

Je dis ça c'est pour que vous y alliez et que vous passiez outre cet inconvénient mineur (qui ne le sera pas pour certains, mais peut-être pour d'autres en quête de restaurants romantiques) car pour une raison qui m'échappe, le choeur des faiseurs d'opinion bruxellois parle rarement de cette adresse et de son chef.

Ben moi, Je créerais bien un club des amis de la tourte façon chef Torosyan.

Palais des Beaux-Arts
Rue Baron Horta, 3
1000 Bruxelles

 

14:48 Écrit par Carlo dans chefs, Plats cultes, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

02/07/2015

One Pot Pasta? Ok, if it is Pasta e fagioli.

fagioli.JPG

Quand il fait chaud que c’est l’été, tous se ruent sur les salades et autres melons, gazpachosses et capaccismes. Certes, moi zossi, mais à l’instar des contrées tropicales ou mêmes des pays du sud de la Méditerranée, je n’ai rien contre la « manger chaud »  en « période chaude », même que j’aime ça, que ce soit une pâte au pesto, une soupe thaïe, un minestrone juste tiède ou même une « pasta e fagioli ».

Ben oui parce que l’été c’est juste le moment où les « fagioli », tu les trouves frais et pas secs et que c’est encore meilleur.

Certes il faut écosser, mais on peut le faire à plusieurs, en gang bang d’écossage, et, bonne nouvelle, à la différence de ce que l’on doit forcément faire avec des haricots secs, avec les frais, on évite la corvée du trempage.

Donc, je prends mes haricots écossés (borlotti ou canellini, selon que l’on soit Nord ou Sud) et je les cuis dans beaucoup d’eau additionnée d’huile d’olive, de gousses d’ail et de branches de romarin. J’ajoute en cours de cuisson un peu de passata de tomates. Quand mes borlotti sont tendres, j’en prélève un bon quart que je mixe avec leur jus de cuisson.

Je rajoute la purée obtenue dans la casserole (celle où il y a les borlotti, t’en vois une autre ?), j’assaisonne de sel et de poivre (ne jamais saler un haricot avant cuisson) et je jette les pâtes, toujours dans la même casserole (60-70 g de pâtes par tête de pipe - rigate - ) vu que il y a déjà des haricots). Allez, tu vois, moi aussi je fais du « one pot pasta » !

Je cuis ainsi les pâtes dans cette soupe de haricots frémissante. Comme le disait ma Nonna, pour savoir si on va dans le bon, on goûte le jus de cuisson. Il doit légèrement s’épaissir, avoir un bon goût d’huile d’olive, d’ail, de romarin et on doit percevoir un soupçon de tomate, le tout devant être correctement assaisonné.   

Quand les pâtes sont cuites – pour une fois elles peuvent être un poil puis cuite que al dente – je sers avec dessus une rasade d’huile d’olive, poivre et piment (facultatif, le piment) et pas de parmesan, « non ci và », mais si vous en mettez, je n’ai rien vu.

Note à benêt: j'ai employé ici des "pipe rigate" car je n'ai rien trouvé d'autre dans les contrées reculées qui m'accueillent. Classiquement on emploiera des "ditalini". Autant de cuisiniers, autant de régions, autant de pasta e fagioli. A Naples on emploie volontiers la "pasta mista", plus au Sud on casse de la "pasta lunga" e cosi via...

07:04 Écrit par Carlo dans Plats cultes, recettes | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

28/02/2015

Des pâtes au beurre? chronique parue dans le Soir Mag du 11/2 - la recette en sus.

 

pâtes au beurre.JPGLes pubs radio sont un réservoir inépuisable de perles culinaires. Entre les lasagnes toutes faites qui nous disent que comme ça on aura plus de temps à passer avec les enfants, le grand distributeur qui nous vante le soleil contenu dans des raisins qui ont fait dix mille kilomètres, le pompon de la semaine (d'il y a trois semaines) , c’est la pub où  gars qui sert des pâtes au beurre à son pote car il n’a plus un rond, vu qu’il construit une maison.

« Des pâtes au beurre ! » lui dit l’ami, mais tu te moques de moi ?

Amusant qu’un plat puisse ainsi être cité en exemple pour illustrer le manque d’amour.

Un plat simple des pâtes au beurre ? Non ! d’abord, si le beurre est illustratif de « plat pauvre » c’est peut-être que ça ne va pas si mal que ça pour nous en Belgique ; en effet, nos ancêtres vouaient un véritable culte aux matières grasses et au beurre en particulier en raison de leur rareté.

Ensuite, les pâtes : des pâtes de blé dur de qualité c’est une conquête récente, un plat ont même les italiens ne bénéficient sur une base quotidienne que depuis peu.

Enfin, faites des pâtes au beurre mais comme des pros : égouttez les pâtes très « al dente », versez les dans un poêlon contenant beaucoup de beurre mousseux , ajoutez une louche d’eau de cuisson  des pâtes et mélangez les à feu vif en saupoudrant dans le même temps de parmesan. L’émulsion qui se crée entre l’eau, le beurre et le parmesan et qui nappera les pâtes à la perfection, c’est juste de la joie !

Et sinon, des tagliatelle maison au beurre?

Les pâtes fraîches :

La farine est en fontaine sur le plan de travail (ou dans la cuve du robot): tous les 100 g de farine, je prévois un oeuf, donc par exemple, 4 oeufs pour 400 g de farine et ça fera 600 g de pâtes, assez pour 6, surtout en "primo piatto". Une pincée de sel, une lichette d'huile d'olive, je mélange, je pétris, et quand c'est souple, lisse et légèrement élastique je réserve trente minutes au frais bien emballé dans un torchon ou un film plastique.

Avec ma petite machine Imperia qui brille de mille feux, je lamine des petites portions de pâte, en la repliant plusieurs fois en deux après chaque laminage. d'abord au moins dix fois à la plus grande épaisseur, puis je réduis, je réduis, je réduis,  jusqu'à l'épaisseur désirée. Sur l'Imperia je m'arrête à trois car j'aime la pâte un peu épaisse et bien nerveuse. Si en revanche, un jour que j'ai le temps je veux faire des ravioli je pousse à deux, sinon c'est trop épais pour fourrer.

Si je n'ai pas encore une Imperia, je fais tout cela au rouleau.

Idem, pour la découpe en tagliatelle, j'emploie le découpeur de l'Imperia ou un bon vieux couteau.

La cuisson et l'assaisonnement des pâtes au beurre:

Je cuis les tagliatelle à l'eau bouillante salée (8g/L, 1L pour 100 g) et sur le feu d'à côté, une sauteuse accueille le beurre qui fond doucement. Avec ma troisième main, je râpe le parmesan.

Deux-trois minutes passent, mes pâtes ne sont pas encore cuites, voilà pourquoi je les égoutte en réservant un bol d'eau de cuisson.

J'égoutte les pâtes et hop dans la sauteuse, dans le beurre, j'ajoute l'eau de cuisson, et je tourne, tourne tourne dans les pâtes avec la cuiller en bois, tout en ajoutant le parmesan en pluie. Une émulsion se crée entre le parmesan, le beurre et l'eau.

Si vous avez fait des blocs agglomérés, mangez les quand même vos pâtes, c'est pas grave.

Servir dans des assiettes creuses et chaudes.

PS: la photo montre des petites lamelles de jambon de Parme, pas indispensable.

PPS: J'ai eu une stagiaire en diététique pendant deux jours chez Mmmmh, elle m'a confié que la prof de cuisine leur apprenait à rincer les pâtes à l'eau froide (à l'institut Paul Lambin). "Pour éviter les dégagements d'amidon". On croit rêver.

07:26 Écrit par Carlo dans Humeurs, Plats cultes, recettes | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

15/12/2014

Arrabbiata al minuto!

ciliegino.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 En période de pré-fêtes, sans rentrer dans un bla bla détox, prédétox  (de toutes façons les détoxificatrices -teurs vont m'envoyer au diable avec tout ce gluten) ou autres conneries du genre, j'aime encore bien de me défriser le palais, les papilles, les narines et les neurones avec une pâte à la tomate et si elle déménage un peu, ben venga! La recette expresse, c'est avec de la sauce "pronta" de petites tomates (ciliegino) en bouteille "canadienne" qu'elle est très bonne la salsa pronta, mais que c'est pas parce que c'est déjà fait qu'il ne faut rien faire comme disait l'acteur au chômage (qui est devenu célèbre par la suite) des pubs pour les quiches "Marie". Donc, tandis que l'eau bout, dans la casserole qui recevra les pâtes, j'inonde d'huile d'olive sicilienne, je jette un peu d'ail émincé, du piment oiseau émietté entre les doigts (les mecs, lavez-vous bien les mains après) et je chauffe juste de quoi réveiller les saveurs. honni soit qui brûle l'ail.

Je sale la flotte à 8 g/litre, je cuis les pâtes, je les égoutte al dente de avant al dente, je mets les pâtes dans la casserole, j'ajoute une bonne louche d'eau de cuisson des pâtes, je monte le feu et je poursuis la cuisson des pâtes en tournant comme une brute délicate à la cuiller en bois. Une osmose se crée (une émulsion, de fait) entre l'eau et l'huile. "E la salsa pronta, Dottore"? Ca vient, une fois mes pâtes presque prêtes, je vide la salsa pronta dessus, je mélange encore énergiquement et c'est prêt. Pas de fromage, merci, ou alors, du pecorino romano.

Pour 4: 400 g de pâtes courtes, ici des caserecce Pastificio dei Campi, de l'huile d'olive, des piments, de l'ail, une bouteille canadienne de "salsa di ciliegino". Les pâtes, l'huile et la salsa vous les trouvez chez Mmmmh! c'est bien aimable à vous.

18:45 Écrit par Carlo dans Plats cultes, recettes | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

15/02/2014

Tagliolini alla Vigliacca (Prima puntata)

tagliatelle doppio 045.jpgIl y avait rue de la Rivière à Saint-Josse – oui dans le quartier des vitrines aux néons de couleur – un restaurant italien qui se prévalait du titre de plus ancien restaurant italien de Belgique, « Inès ».

Inès était arrivée dans les années 40 de son Frioul natal à Bruxelles, y avait créé un café-restaurant où l’on mangeait la cuisine riche et roborative de ce Nord-Est italien, latin – un peu – mitteleuropéen –certainement –  avec même des morceaux de slavitude dedans.

Je n’ai pas connu Inès, j’ai connu son fils, Jean-Jean, né dans la maison, qui réussit à épouser une italienne de la même région de sa mère. Dans les années 90, alors que le quartier avait bien changé au niveau de son offre commerciale (trois restaurants italiens historiques subsistaient néanmoins, Inès, Il Dottore et Trieste) ; Jean-Jean,  Madame et le fils, Raphaël, continuaient à perpétuer une tradition désormais figée mais toujours gourmande, à coups de "baccalà mantecato", ravioli de viande, mais surtout, un plat à la dénomination curieuse, différent d’une région à l’autre d’Italie, j’ai nommé les "tagliolini alla vigliacca", à la manière d’Inès.

Puis Raphaël rencontra l’amour, les pharmacies,  se détourna du restaurant, Inès n’existe plus que dans nos souvenirs, life sucks.

Vigliacca @ Inès, mais c’était quoi ?

Pâtes fraîches-ail-poivre-jus de veau-beurre le tout arrosé de parmesan.

Voilà le décor campé, mais comme toutes les recettes les plus simples, tout est:

Dans ce putain de jus de veau, comment le préparaient-ils?

Dans la subtile fusion des ingrédients, les pâtes, le jus, le beurre, l’eau de cuisson, tout ça.

Grâce à la complicité d’un ami gastronome – Jean Baisier de chez les "Tartes de Françoise" - un garçon avec de bonnes probabilités de rester au Panthéon des bienfaiteurs (d’une partie certes infime, mais quand même, à savoirs ses amis) de l’humanité, nous avons retenté plus de dix ans après, une "vigliacca", sur un coin de table, sans même faire nous même du jus de veau (ce sera pour la prochaine fois).

Des tagliolini frais - déjà prêts, on fera aussi les pâtes nous-mêmes next time -, du beurre, du jus de veau Ariaké (avec un peu de fond du même fabriquant), du Parmesan 24 mois, de l’ail, donc.

L’ail est écrasé, il baigne dans le jus de veau, dans une sauteuse. On chauffe, on met force beurre, on poivre à mort.

On cuit les pâtes, elles tombent encore bien al dente, pas trop égouttées,  dans le jus de veau et le beurre (et l’ail et le poivre).  On rajoute encore du jus de veau, on finit de cuire ainsi en remuant. On réserve un peu de jus de veau.

On dresse, on ramasse le jus, chacun sa gousse d’ail entretemps confite, encore du poivre, remets-en du jus,  vas-y, inonde moi ça de parmesan, tourne sur ta fourchette, mets en bouche et oui, on y est presque.

La prochaine fois on fera un fond nous même, peut être Raphaël voudra-t-il lâcher le morceau du comment qu’ils faisaient ce fameux « sugo d’arrosto »;  on s’y prendra à  temps, sera-ce mieux?

Rendez-vous -very soon - pour le second épisode ou plutôt la "seconda puntata".

13:56 Écrit par Carlo dans Plats cultes | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |

16/11/2013

Un Pistolet-Orignal, fourré bien comme il faut !

 

pistolet original.JPG

Le pistolet ! Déjà, il a le charme de ces produits, de ces plats, de ces spécialités dont le nom ne révèle rien tout en disant tout. Oui, le pistolet est de cette race là,  tout comme  l’américain, pour rester en belgitude, ou encore le saint Honoré ou le Kugelhopf pour aller ailleurs; le pistolet,  ce monument de belgobelgitude qui ne répondra jamais ni flamand ni wallon au grand recensement de qui est le wallon ou le flamand de service qu’un jour on nous fera peut être tous faire connectés à un détecteur de mensonges, le pistolet, commence par un mystère, celui de son nom.Pistolet, si tu permets que je te tutoies, pistolet mon ami, peu importe que ton nom évoque la pistole ou le pistor, d’abord, je veux te dire, arrête !

Arrête de disparaître, réveille toi, bon Dieu, c’est quoi ce laisser aller qui t’a fait tout doucement déserter les tables du petit déjeuner du dimanche de nos riantes contrées au profit de viennoiseries toujours plus grasses et sucrées, subrepticement envoyées par des espions à la solde d’Outre Quiévrain afin de mener tout doucement notre pays vers la décadence de par la lenteur de la digestion qu’elles impliquent?

Pistolet, reviens, reviens au matin, reviens à midi, et même le soir, tiens !

Et ça revient très fort! Oui, grâce à Valérie Lepla, conceptrice, initiatrice, et pistoleteuse en cheffe chez Pistolet-Original et le boulanger Yves Guns – ça ne s’invente pas, un type qui s’appelle Guns comme dans Gun’s and Roses qui fait des pistolets - le pistolet, le vrai pistolet revient!

Oui, ce magique petit pain dont la forme fendue évoque immédiatement la plus parfaite des paires de fesses alors que son volume, qui remplit parfaitement la main d’un honnête homme , est celui du sein nourricier idéal – ou ludique, le sein n’est pas toujours nourricier, mais je m’égare – le pistolet est une promesse de plaisir avant de donner du plaisir. A l’heure où le pain se doit de plus en plus d’être une nourriture diététiquement correcte, le pistolet est un iconoclaste. Sa mie doit être légère, elle n’est là que pour contraster sa croûte. Alors qu’un pain devrait durer trois jours, le pistolet joue la carte de l’éphèmere. Soufflé, aérien, croustillant, ses promesses ne durent que quelques heures.

Le pistolet est prétexte, je m’explique : le pistolet est certes parfait quand l’artisan qui le crée a percé son secret, et Yves Weapons, pardon, Yves Guns, il a foutrement mis le doigt dessus, mais le pistolet commence à exister, quand il lui arrive le meilleur du meilleur, pardonnez-moi mais le pistolet doit être fourré, et bien fourré encore bien! Et là, Valérie Lepla, vous avez frappé fort. Vous avez recruté le meilleur du meilleur, en commençant par Yves Guns, vous avez attaqué ces pistolets par le milieu pour leur offrir la substantifique moelle de notre artisanat local.

Haché, oui du haché de porc cru, mais non vous n’allez pas mourir du ténia constrictor ; américain à base de bonne viande rouge des Flandres de chez Hendrik Dierendonck, boudin blanc, gouda jeune, bloempanch ,  crevettes épluchées main, ou même juste beurre salé.

Celui qui n’a pas mordu dans un pistolet tout frais, fourré d’américain cressonnette, en buvant une vraie gueuze de chez nous n’a qu’une connaissance très imparfaite du bonheur.

Alors? Si pour nombre d’entre nous, et surtout toi qui a moins de vingt ans, si pour toi le pistolet ne veut plus dire grand chose, si donc pour certains, le cordon ombilical s’est rompu entre notre estomac, notre cerveau imaginaire et ce miracle à deux bosses qu’est le pistolet, ce n’est pas grave, il revient, et de bien belle manière, et surtout, il nous révèle une fois encore qu’il y a chez nous des hommes et des femmes qui n’ont pas fini de nous donner envie d’une fois bien manger.

Pistolet-Original

Rue Joseph Stevens 24

1000 Bruxelles

Ouvert 7/7

13:39 Écrit par Carlo dans Plats cultes, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |