25/07/2006

 Fête nationale et paresse universelle

Un week-end vraiment hyper-actif, on peut le dire…en tout cas du point de vue des mandibules…La chaleur et la douce torpeur estivale qui petit à petit me gagnent ayant étouffé dans l’œuf toutes velléités sportives, même pas le karting faut pas demander…Fête nationale, vous avez dit fête nationale, vendredi ? Qu’à cela ne tienne, il n’y a plus beaucoup de temples de la belgitude alimentaire, mais il en est un qui ne déçoit jamais, j’ai nommé le Vieux Saint Martin, place du Grand Sablon…S’il est vrai que pas plus que le Carpaccio, l’ «Américain» n’est un plat terroir (dans le sens plat qui aurait été déjà ancien aux temps reculés des tribus belges qui étaient les plus  braves de tous les peuples de la Gaule (César, Jules, in La Guerre des Gaules, je vous le recommande), c'est en tout cas un "classique", un vrai. Et puis, en fait, la cuisine terroir, en ce qui me concerne, je m’en fous qu’elle aie mille ans ou dix minutes, tant qu’elle me raconte une histoire, qu’elle flatte mon palais, réjouit mon estomac, et surtout, tant qu’elle est prévisible…Je m’explique, certains plats, nous rassurent de par le plaisir que l’on a à y penser, à s’en souvenir, et à les …retrouver, toujours les mêmes, toujours aussi bons….

 

 

L’américain mis au point par M. Niels est de cette veine…Il coûte 40% plus cher que celui d’à côté, de plus loin, de derrière le coin? Il est trois fois meilleur…Donc, 21 juillet, Sablon, déjeuner avec mon pote Eric (celui qui m’a fait découvrir Viva M’Boma, un bienfaiteur), américain, frites, mayonnaise et c’est tout, et juste une petite promenade digestive sous le cagnard…

Ce qu’il y a de bien avec le fait d’avoir un peu de temps devant soi – une fois n’est pas coutume – de ne pas être chargé de famille (déjà en vacances), c’est que on peut ne pas faire de programme, et donc programmer de se faire plaisir…en allant manger où ça tombe, mais pas n’importe où…Tout en tentant de se fixer un vague cahier des charges (Vous vous en foutez sûrement mais j’ai perdu 4 kilos depuis le 5 juin, si si), afin de ne pas faire exploser l’accumulation calorique…Donc, je reprends, une fois « marché » les calories de l’américain (on peut rêver, une demi heure de vélo à 170 watts ça ne fait que 330 calories, donc 3 km à 3km/heure ça doit en faire 22), l’appétit qui ne part jamais bien loin, était revenu, et tant qu’à faire de varier les plaisirs, un petit « mezzé » au Strofilia (pardon Constantin c’est vrai que je parle souvent du Strofilia dans les colonnes couleur crème brûlée de ce blog, mais Notos, j’adore, et même je m’émotionne; Strofilia, me nourrit de choses propres et nettes, bien faites et authentiques, « terroir ? », rien de plus, mais rien de moins…). Horta (des légumes genre bettes, à l’huile d’olive et au citron, saucisses au sumac, brochettes d’agneau, tyropita (des feuilletés légers avec du fromage dedans), un peu d’ouzo tout près, et un café grec là-contre…

 Strofilia

 

 

Samedi, debout à l’aube, rendez vous avec Soraya pour la chronique du samedi matin, précédée d’un petit déjeuner chez Giovanni (oh, presque rien, un café concentré comme de la réglisse et une « sfogliatella », aaargh), et puisqu’il pleuvait et que nous sommes des optimistes (nous c’est quelques chefs de chez Mmmmh toujours prêts pour des aventures alimentaires), petit pélerinage à Knokke-Le-Zoute, histoire de voir si on y mange autre chose que les glaces de la Poste ;-)). Déjeuner au « petit Bedon » (oui le nom est naze, et encore plus naze, il y Touta qui est toujours convaincu que ça s’appelle le petit bédouin). Juste des huîtres (normandes), des scampis avec une petite sauce harissa, puis café, livre d’or, cigare et addition (copyright François, mais j’adore lui voler cette expression), et soldes, non mais, il en reste encore même 20 jours après…Maxi sieste sur la plage, je commence à me douter de ce que ça veut dire ce fameux « lâcher prise »…

Le vent frais venait à point pour chasser de temps en temps la chaude caresse d’un soleil qui semblait avoir vu le jour en Méditerranée pour lécher de ses flammes voluptueuses l’austère bande de sable qui ourle notre mer du Nord, et tandis que cette journée de calme et de sérénité s’achevait, rythmée du vol des cerfs-volants et de la grâce des goélands, mon corps engourdi par la fraîcheur du sable et la morsure de l’astre céleste, l’appétit, simplement calmé à midi de quelques huîtres et d’une légère assiette de crustacés, se rappela à moi.

Fin de l’intermède powétique. Touta, nous emmenait donc de ce pas chez Wim, toujours sur la digue, ce n’était pas le jour à pousser la porte d’endroits feutrés et raffinés où il m’aurait fallu arborer un pantalon blanc impeccablement repassé (Messieurs, n’allez pas au Zoute cet été si vous n’avez pas un pantalon blanc, les filles pareil, et débrouillez vous avec les transparences…), alors que en bons touristes « frigo-box », notre mise (enfin surtout la mienne) évoluait vers un froissé toujours plus affirmé, pour ne pas parler de la tignasse..)

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Fin de l’intermède vestimentaire. C’est très bien chez Wim, même que les parasols résistent à la drache nationale qui s’est manifestée après l’entrée…Gambas, homard aux petits légumes, bouillabaisse pour les autres, Muscadet sur lies bien gentil, que du bonheur…Le charme discret des ces endroits au marketing désuet mais dont on comprend que la qualité de l’assiette (certes plus que classique et bien souvent riche en crème et autres matières grasses) est une valeur non négotiable…

 

(la photo est réalisée par la même agence de pub qui s’occupe des meubles « Mailleux ». Mais oui, avec M. Mailleux des meubles Mailleux qui s’exclame : « avec mon équipe je m’y engage » !) 

 

Je n’ai eu ensuite qu’à me faire bercer ensuite par le doux ron-ron de l’habit de lumière, drivé par le flambeur fou, qui, sous la pluie nous a bien tranquillement ramené vers la capitale, touristes d’un jour que nous sommes…Allez, les vacances les vraies, ça commence le premier août…

 

 

 

09:53 Écrit par Carlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

16/07/2006

Vinaigre de vin

On en a parlé hier dans la radio, donc je la colle ici sur le blog, la recette de la "caponata di melanzane". Le sujet c'était le vinaigre pas balsamique, dont acte avec cette recette légèrement aigre-douce (aiguedwoû, comme dirait Touta ;-), parfaite (début de la minute powétique) en cette saison estivale où la Méditerranée nous tend ses bras séculaires pour nous bercer de sa douce torpeur, faite de chaleur et de vent, de produits de la terre et de merveilles de la mer, de sable chaud et de chant des grillons; vins épicés et pâtisseries sucrées, fomages arides et paysages brûlés, fruits gorgés d'eau et herbes fraîches (fin de la minute powétique, je réclame l'indulgence de tous pour cette prose digne d'un mauvais reader's digest, mais ça soulage). Non je n'ai pas de photos de la caponata, d'ailleurs à propos de photos, incessamment sous peu un "scrapbooking" élémentaire de notre voyage en Loire...

"Caponata di melanzane in agrodolce"

pour 4 personnes 

2 aubergines

2 cœurs de céleri

2 oignons rouges

2 tomates

100 g d’olives noires dénoyautées

1 c à s de pignons

1 c à s de raisins secs

1 c à s de câpres au sel trempés

1 c à s de sucre en poudre

huile d’olive

Vinaigre de vin rouge

 

Couper aubergines céleri et tomates en dés.

Emincer les oignons.

Faire cuire à la poêle tous ces ingrédients séparément. 

Réserver dans une casserole dans laquelle on ajoutera les olives, les pignons les raisins et les câpres bien rincés et égouttés. Saupoudrer de sucre, caraméliser à feu vif – remuer constamment - et ajouter ensuite une lampée de  vinaigre ; mijoter encore 10 minutes à couvert.

Ce plat est certainement méditerranéen, sicilien, mais peu italien… le sucré salé, le vinaigre, le rapprochent des préparations du Maghreb , mais quand on connaît l’histoire de la Sicile, rien d’étonnant.

 

07:38 Écrit par Carlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |

10/07/2006

Paris by food

 
 
Le symposium en Loire, ça s'en vient, mais j'allais oublier de causer du présymposium parisien de jeudi. Bon, pas beaucoup de temps devant nous, juste une après-midi, consacrée aux musées et aux expositions bien entendu, option food and wine...On va pas faire durer le suspens, nous avons trainé tout l'après-midi à la Madeleine... Pour commencer, déjeuner chez Ladurée, club sandwich pour les uns, salade de tourteau pour les autres; et au dessert, comme des vieilles dames, mille-feuilles, religieuse à la rose et saint Honoré...Aaaaah le charme discret de ces maisons lambrissées où du personnel poli, prévenant, voire compassé soulève la religieuse et la pose délicatement sur la porcelaine avec des précautions dignes de la couronne de Charlemagne...Le club sandwich n'était pas inoubliable (ça sentait un peu la mise en place d'avance...) mais la religieuse à la rose (tout un programme..) était certes une bombe calorique (on ne vient pas ici pour maîtriser ses points weight-watchers) mais riche en crème et en saveurs...Le saint Honoré de mon camarade François était absolument superbe de classicisme, tandisque le mille-feuilles aux fruits rouges de JP craquait-fondait que c'était un plaisir...Le tout arrosé de l'eau minérale la plus chère du Monde (celle de Louis XIV, d'après l'étiquette), c'est pas non plus un endroit pour se torcher la gueule...Avant de partir, petit détour par le comptoir du rez-de-chaussée, ou des jeunes filles bien comme il faut avec des gants de chirurgien disposent avec ordre méthode et un de brin logique aléatoire, des macarons aux parfums multiples...
Une toute autre ambiance pour le soir (quoique qu'on nous objectera que nous sommes passés d'un endroit à touristes à l'autre...), grand plongeon dans la cuisine fusion, façon Ducasse diffusion, chez Spoon, la chaîne de restaurants world modern new fusion food du multi étoilé... Bon ça commençait bien, le pingouin en gilet écossais qui est venu prendre la commande nous a adressé la parole en anglais...ça doit être le gilet qui déteint...Puis, on découvre la carte qui se présente avec des plats énoncés sur une matrice du type de celles que je n'ai jamais compris sur les bancs de ma rhéto latin-sciences, avec des tas de combinaisons possibles, sauf quand il s'agit des plats du mois du chef invité qui n'est pas là, mais il est invité quand même..., ces plats là ne permettent pas de "chipoter à la recette"...Bien, mais au final, on est quand même là pour manger...et? Une sorte de rouleau de printemps très frais avec une sauce au pamplemousse pour moi, et pour JP une casserole (amenée à table, terrrrrrrrrriblement sobbbbbbbbre) de légumes vapeur non salés et non assaisonnés, mais fort bons après un peu de fleur de sel et d'huile d'olive...Ensuite, il faut le dire, un vrai bonheur culinaire, qui valait à lui seul le déplacement...Une joue de veau braisée, avec des pommes vertes rapées dessus (le plat du chef invité qu'était pas là mais qui a appris au chef qui est là mais que lui on sait pas qui c'est, il n'est pas de la fête du name dropping qui sévit sur la carte). Fondant, goûteux, savoureux, vraiment le meilleur plat dans mon estomac depuis le ris de veau à l'orange de la Barbacane à Carcassonne. Mes camarades avait prix du boeuf japonais très cher (pas le Kobé, l'autre) servi en "tagliata", avec une sauce barbecue originale et pour l'un, des pommes de terre fines comme une feuille de brick, et pour l'autre (celui qui avait eu les légumes pas salés en entrée) des coeurs de laitue super salés, comme pour se faire pardonner...Au final,le jour où j'irai à Paris toutes les semaines, c'est sûrement pas ici que je viendrai (quoique nous y avons rencontré deux charmantes soeurs américaines qui avait pratiqué toute la semaine du "quote-damage shopping-unquote"), mais quand même, un restaurant qui vous offre ne serait-ce qu'UN plat qui vous marque, vaut toujours la peine que l'on y fasse fumer sa carte...
Bon, allez, le temps de transférer les photos, et dans les jours qui viennent, l'intégrale du symposiummmmh d'Orléans à Chinon en passant par Azay-le-Rideau...

18:05 Écrit par Carlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |