14/02/2016

Des momo, des burgers, une révélation, une croquette de pied de porc, une polenta au guanciale, un revenant; chroniques des quelques tables qui m’ont réjoui la couenne en février.

Momo

27 Rue Defacqz,

1050 Bruxelles

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Bruxelles, Ixelles, rue Defacqz, un mini fast-good girly dont j’avais déjà poussé la porte, Momo. Momo, c’est, ce sont des raviolis tibétains farcis de viande et/ou de légumes, poêlés comme des gyoza, vapeur comme des dim-sum ou en soupe comme des wan-tan.

C’est surtout très bon, surtout les momo aux shi-také (et d’autres choses) et ça vient avec un panier de légumes vapeur juste arrosés d’un trait de sauce soja.

L’endroit, bien qu’éclairé comme un hôpital, est girly, on pourra même l’affubler du sobriquet de néo-cantine-branchée-qui-nous-fait-découvrir-une-spécialité-méconnue-toute-en-légèreté.

De fait, c’est plein de filles jolies, fraîches et concernées et c’est health conscious car tu peux faire un vrai repas vegan, même si et non, pas de chance, ce n’est pas sans gluten, mais je suis sûr que c’est sans lactose. Au final, si t’as envie de goûter quelque chose de plus pur, moins assaisonné (plus fade aussi dirait un mangeur de soupe Royco) que les gyoza, wan-tan, nems et autres standards asiatiques, enfile-toi un ou plusieurs momo, tu sortiras légère et le corps réjoui. Je ne sais pas si on peut dire enfile-toi sans risquer un bashing, la police de la pensée est particulièrement active de ces temps-ci, tant pis, allez je le laisse.

Be-Burger

Hector Henneaulaan 164
1930 Zaventem (Vlaanderen)

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Tu connais Roland Debuyst ? Un de ces chefs – ils sont de plus en plus nombreux - qui, il y a quelques années a tourné le dos aux étoiles pour se tourner vers une vraie bonne cuisine de Brasserie, avec sa Brasserie Orange.

Roland, il connaît le business, il connaît la musique, et il s’est lancé avec beaucoup d’assurance dans on serait tenté de dire le ènième concept de burgers, en ouvrant une première enseigne dans un ancien moulin (qui était déjà un restaurant), à Zaventem, à 10 minutes de Bruxelles, quand ça roule.

Un fast food ? Un fast good ? Presque. A la différence près que contrairement à Manhattn’s, par exemple, on vient prendre ta commande à table mais tu dois aller ensuite chercher ton plateau quand le désormais connu pager-buzzer aura pagé-buzzé, mais tu peux ensuite recommander tes boissons à table; bref un hybride au niveau du service et c’est pas plus mal que de devoir faire la queue à la caisse, d’autant qu’on peut même réserver.

Et le burger ? Il est king size, avec un bun délicieux, large et plutôt plat qui vient du fournil de Yves Guns (Où n’est-il pas, Yves Guns ?) et dedans, de la viande irlandaise (ou au choix, du wagyu) et des toppings de qualité.

Il est tellement maousse qu’il t’échappe un peu des mains, et tu finis par finir l’affaire avec des couverts, mais c’est extrêmement gourmand, même si, attention, micro-bémol, l’option wagyu ne m’a pas transcendé par rapport à l’irlandais de mes commensales.

Remarque perso, après des dizaines de néo-burgers, finalement, entre le pain, la viande et la salade ou les légumes, on s’en fout des frites, pour ma part, je ne commande plus qu’une portion pour deux, voire pour trois ou quatre, ça suffit amplement, tu peux rester focus sur le burger sans exploser les deux mille kilocalories.

 

Brinz’L

Rue des carmélites, 93
1180 Bruxelles

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Un coin connu, rue des Carmélites. C’est le lieu qui avait vu naître Bon-Bon, avant son déménagement à Woluwé, pour ensuite accueillir le Vadouxvent de Stefan Jacobs, bref un lieu où dès qu’un chef se pose, il se prend une étoile sur la veste et c’est bien la même mésaventure qui pourrait arriver à la jeune chef qui a pris possession des lieux.

Laure Genonceaux, elle ne vient pas de nulle part. Gril aux herbes d’Evan (c’est une copine de Stéphanie Thunus de Au gré du vent – Seneffe-) puis 4 ans chez Bon-Bon dont deux en tant que sous-chef, la jeune chef a d’abord rafraîchi solidement l’endroit qui prend du coup un bon coup de jeune et ne ressemble finalement plus à un stamcafé amélioré.

Et sinon, dans l’assiette? Nous avons pris le menu 3 services (précédé de trois mises en bouche) à 45 euroballes. Une entrée de betteraves, anguille fumée, fromage de chèvre, sarrasin, suivi d’un pigeon en deux services (les suprêmes avec des salsifis et un jus de cuisson et à côté dans un petit bol séparé des rillettes de cuisses) le tout parfaitement exécuté. On a reçu en bonus track une raviole de crevettes bisquée assaisonnée de Dieu le père, une bonne claque sur la langue. On est dans une gastronomie qui est bien dans son époque, sans révolution aucune (pour le moment), avec des intitulés de plats avec des « / » (betterave/anguille, tu vois le genre ?) ce qui est le marqueur d’au moins trente chefs étoilés ou non en Belgique et ailleurs depuis au moins 5 ans, mais tout cela est nickel au niveau des cuissons, produits, goûts, et tutti quanti.  Bref, même si on pourra reprocher à la présentation des assiettes d'être un peu  timide, on s’est régalés, idem avec le dessert, des mandarines, une chiboust et un crumble avec de très (très)  bonnes mignardises pour suivre.

Bref, profitons-en tant que la donzelle se lance, car ce menu à 45 zeuros dévalués, ça ne va pas durer avec les distinctions et autres gommettes qui ne vont pas manquer de pleuvoir à foison sur cette adresse qui démarre très fort, même si pleuvoir à foison ça ne se dit pas, non ?

Stéphane Chermanne

62 Avenue de l’Europe

6000 Charleroi

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Dites, il paraît que Charleroi, c’est le contraire de Bruxelles. Tandis que la capitale s’effrite de ses tunnels, il semblerait qu’à Charleroi ce soit le renouveau.

C’est en tout cas le crédo de Stéphane Chermanne, un jeune chef avec déjà plus de 20 ans d’expérience, que l’on a connu dans différentes enseignes et qui se fait plaisir maintenant sous son propre nom, à Charleroi, en ville.

Un bistro-nomique (Dieeeeeeeeu que je n’aime pas ce mot !) gourmand, avec des croquettes de pied de cochon, de queue de bœuf, de la cervelle meunière, tartare, des ris de veau et des rognons. Et pour les plus timorés, du suprême de pintade, du filet pur ou de la côte à l’os, maturée,  la côte à l’os, si c’est pas maturé, de nos jours tu es un untermensch.

C’est bon ? A fond, et la béarnaise est atomique, les frites allumettes bien tournées, et ce qui ne gâte rien, il y a pléthore de légumes dans ton assiette. Un rien de bémol sur la purée de mon ris de veau, parfaitement texturée et sûrement amoureusement passée au chinois, mais qui aurait pu connaître encore plus de beurre à mon goût.

Là aussi, bonus track, une soupe de topinambour, avec dedans une quenelle de Mont d’Or et un râpé de mélano par-dessus, indécent !

Osteria Bolognese

Rue de la paix 49
1050 Ixelles

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On ne présente plus Osteria bolognese, mais ça fait des mois que je n’y étais plus allé. Un jeudi soir, on passe devant et on se dit, merde, voilà l’endroit où il faut réserver avec trois semaines d’avance, allez, il est 7 :00 pile, on s’arrête quand même, « Giacomo c’è posto ? » « Si, basta che mi liberate il tavolo per le 8 un quarto ». Bref, c’est faisable.

Tellement faisable qu’entretemps une table ayant annulé, on pourra se poser tranquille jusque 21 :00.

La planche d’antipasti 99% cochon est toujours aussi riche et délicieuse, flanquée de ses "crescentine" (le pain frit tout en légèreté ou presque) . Un nouvel antipasto a fait son apparition, de la polenta frite (oui, frite, encore du frit) avec du "guanciale" (de la joue de cochon comme du lard, mais de la joue). Après toute cette protéine animale, difficile d'attaquer les tortellini, lasagne et autres "maccheroni al lardo (encore!) e pecorino". Il y a également un "polpettone" que j'ai déjà pris par le passé et qui est redoutable mais également riche comme un repas de Noël. Bref, je me suis rabattu sur des "tortelloni verdi ricotta e spinaci" (avec du beurre, hein, je vous rassure) qui m'a permis d'atterrir en douceur.

Le tout, arrosé de vin local, et rincé par un doigt de "nocino".

Bref, pour ne pas devoir me dire que il n'y a jamais de place, j'ai réservé pour dans trois semaines, histoire de remettre le couvert.

L'addition s'étant établie à 60 euroballes pour deux (avec pas beaucoup de vin), raison de plus pour y retourner!

Yamato

Rue Francart 11

1050 Bruxelles

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He's fucking back!

Le patron de Menma a rouvert le Yamato (enfin c'est ce qu'il nous a expliqué, je capte un mot sur deux quand il cause) et non seulement il a rouvert mais il n'en a pas fait un Menma bis! (J'adore le Menma - bar à ramen avenue des saisons à 1050 Bruxelles -  là n'est pas la question) Mais Yamato avait cette pureté de la simplicité, le même ramen que dans le film Tampopo, juste des nouilles, du bouillon, une tranche de porc et surtout, l'option porc pané.

Yamato, je l'ai découvert en 1990 quand je faisais encore bureaucrate dans un immeuble du quartier et depuis j'ai la passion des ramen à la fois dans  mon estomac, mon esprit et mon sang, une passion trinitaire.

Monsieur Menma il nous a rouvert le Yamato (fermé fin 2014) dans son jus, voire même dans son environnement broleux presque crasseux, avec les recettes de l'époque, le bar tout pareil, les même vieille tefal à bout de course, la table pour deux à côté de la plonge et l'immense marmite de bouillon qui bouillonne. Prix canon, plaisir total du ramen sans fioriture, merci, merci, arigato!

 

 

12:07 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |