19/09/2015

Les Petits Ruisseaux, restaurant éphémériste, Mechelen, Vlaanderen, jusqu'au 11/11.

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C'est à Mechelen, oui, la capitale de l'archevêché Malines-Bruxelles, renommée pour son catéchisme (de Malines) et son coucou (de Malines) que le chef Maarten van Essche a refait un restaurant éphémère. En bon francophone, j'en avais jamais entendu causer - mais Graziella oui, du coup elle nous y a entraînés avec Umberto et Laurette -, mais l'homme  n'en est pas à son coup d'essai, et il a posé ses casseroles dans une, semble-t-il, ancienne cale sèche à sécher les bateaux pas secs laquelle jouxte une maison néo-classique dix-neuvième juste à peine croyable, entourée d'un fabuleux jardin, le tout en pleine ville, ça en jette.

Dedans, une subtile harmonie de briques peintes et de tables de bois brut donnent une atmosphère qui invite à rejoindre Maarten dans sa quête d'une gourmandise épurée et tournée vers le produit (moi aussi je peux le faire, hein).

Donc, vu que c'est éphémère, c'est jusqu'au 11 du 11, juste pour info.

Je dois dire que j'aime les moyennes distances (30 bornes depuis Bruxelles) pour aller dîner. D'abord, ça fait venir l'appétit, ensuite, j'aime profiter d'une adresse sans jugement de valeur par rapport au quartier, la rue, comme on est toujours stupidement tenté de le faire dans sa propre ville.

Deux menus, un avec "dieren", l'autre sans "dieren", accueil charmant, Maarten nous parle spontanément dans notre langue, bien plus à l'aise en français que nous ne le sommes en néerlandais.

C'est parti pour deux menus avec (dieren) et deux sans, avec le forfait vin qui va avec, rien que du nature, nous dit le chef.

C'est bon? D'emblée, oui, on est ici en plein dans les assiettes que j'appelle de juxtaposition, on pose des ingrédients différents l'un à côté de l'autre, et ici, je dois dire que ça fonctionne, on est dans la jurisprudence Noma-scandinave, sans excès de technicité ou de conceptualisation, un peu comme chez feu Neptune ou encore à La Buvette, voire même, Bouchery (le tout à Bruxelles, capitale de la Belgique). J'avoue que je ne suis pas trop fan de cette tendance juxtapositionnelle, je préfère le plus souvent que les choses dans l'assiette s'interpénètrent plus fort, à la manière de la cuisine d'une Isabelle Arpin, de chez Alexandre (on est toujours à la capitale). Cela dit, il y a quelques véritables morceaux de bravoure dans ce menu, comme la "salade", une romaine cuite, surmontée d'oseille et je sais plus mais c'était très bon, un canard aux betteraves, une sèche aux échalotes. Last but not least - et aussi très tendance, mais c'est une tendance qui me ravit - le wortelpeterselie en dessert, délicieux.

Côté vin, du nature, qui se présente parfois avec des défauts, surtout un blanc dont je me suis dépêché d'oublier le nom, "spacciato" pour oxydatif (certes il l'était) mais l'oxydatif qui tire vers la pomme à cidre cuite m'excite moins que les vraies senteurs de noix d'un savagnin bien fait. Le wortelpeterselie en dessert était escorté en revanche d'un chenin de Loire moelleux mais pas trop, un accord juste excellent.

Alors, sur la E19 du retour, tandis que les 71 malheureux bourrins de la Twingo bleu ciel du jour - qui semblaient avoir étés nourris à la Kétamine - peinaient à atteindre un règlementaire 120 km/h, je me demandais si j'avais envie d'y retourner ou de suivre encore Maarten dans d'autres aventures. Oui pour la magie d'un lieu, le cocooning calinothérapeuthique sobre de l'accueil, les assiettes juste et légères, un peu moins pour les accords vins-mets - j'aime les vins nature mais j'aime pas quand c'est trouble (au nez et ou à l'oeil) , et un peu moins quand même pour l'addition. D'accord c'est éphémère, mais le souvenir de l'addition est assez durable. Plus de 120 euros par personne, avec les vins, d'accord, mais ça fait quand même cher la carotte de persil tubéreux.

Allez, quand même, on va dire "à suivre",car ce jeune homme talentueux n'a sûrement pas fini de faire parler de lui.

http://www.maartenvanessche.be/FR/#Start

 

14:12 Écrit par Carlo dans chefs, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

08/09/2015

Végé, t’as rien? (chronique parue dans le Soir Mag)

Une récente actu familiale m’a mis le doigt sur un truc que je n’avais pas vraiment capté jusque là, le totalitaro-centrisme de la pensée  qui nous habite généralement, dès que nous sommes face à la différence alimentaire de l’autre.

Cette pensée dominante se nourrit généralement de préceptes nutritionnels issus de l’après-guerre, lesquels sont justement, le plus souvent, en retard de deux guerres.

Où veux-je en venir? A l’attitude de la plupart d’entre nous face au choix de certains-certaines de devenir ou d’être végétariens, voire végétaliens, ou « vegan » pour parler la langue de George.

L’opposition fondamentale la plus courante, notamment face à des ados, c’est « oui, mais et ta croissance ? », ou encore « Mais, Dieu du ciel, tu vas souffrir de carences ». Une amie végétarienne me confiait pas plus tard qu’hier qu’après avoir choisi la végé attitude, elle avait plusieurs années de suite fait des prises de sang pour vérifier les fameuses carences, bien entendu inexistantes !

Rassurez-vous - si  nécessaire- , en ce qui me concerne, je mangerai encore du foie gras, de la pintade et des crevettes, et les extrémistes végétaristes qui parfois me traitent de spéciste juste parce que je poursuis cet acte gourmand et culturel de manger de la viande me hérissent le poil.

Mais, consommer des produits carnés n’est en rien une norme, les carences nutritionnelles sont partout, et tout le monde gagnerait à améliorer sa nutrition… pour lutter contre ces fameuses carences! Alors, face à un végé qui s’affirme – pas un qui nous emmerde au point de voyager avec son tupperware sacré, hein – prenons plutôt exemple, et , mangeons…plus de légumes et de légumineuses !

 

09:50 Écrit par Carlo dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |