13/07/2015

Restaurant Comptoir des Galeries, avec petit Comptoir compris (mais il est où, de fait, le petit ?) Bistronomie comme on dit.

©Serge Anton3 light.jpegCa fait déjà plus d’un an d’ici que Julien Burlat le chef de Dôme d’Anvers (et de Dôme sur Mer et de la boulangerie attenante) officie (de près ou de loin, je ne sais pas) en tant que consultant d’un beau projet qui a vu le jour dans « Les Galeries » (quand on dit « les Galeries » à Bruxelles on veut dire la Galerie du Roi, de la Reine, ou des deux, à un jet de sauce andalouse de la Grand Place, les galeries, sublime témoignage d’une architecture néo-classique d’une Belgique du XIX°, industrielle et triomphante, conservatrice et éclairée, créative et conformiste, mais je m’égare).

Donc il y a un hôtel, l’hôtel des galeries, un restaurant, le tout a fait l’objet de bien plus qu’une rénovation, c’est un très bel investissement dans notre belle capitale, un truc qui te fait dire qu’un beau projet classieux avec vue sur la pauvre rue des bouchers, ça est comme qui dirait une fois bien rafraîchissant. Signalons  que même si les amateurs de déco à la « Flamant du Sablon » vont trouver ça « un peu froid », le lieu est sobrement design, et c’est à mon modeste avis de type qui a rarement un avis en termes de déco, ce qui pouvait arriver de mieux dans l’environnement architectural des Galeries.

Alors l’hôtel ? Je sais pas, j’y suis pas été.

Et le Comptoir ?

Pas si vite, parlons d’abord du restaurant. Ben oui, parce que au niveau de l’hôtel, c’est clair, c’est un hôtel, au niveau du restaurant c’est assez clair, c’est un restaurant qui s’appelle Le Comptoir (vous suivez ?) mais au niveau du Comptoir, on nous avait d’abord dit qu’en plus du resto y aurait un Comptoir genre sur le pouce (mais même après deux dîners on avait pas compris le concept du Comptoir qu’était pas le resto) et puis là il y a quelques semaines, le Comptoir devient le Petit Comptoir et c’est toujours un comptoir (petit) à l’entrée du restaurant (qui s’appelle le Comptoir) où tu vas pouvoir grignoter des trucs à l’apéro très très bons.

Je vais me débarrasser d’un truc : si on parle de la cuisine du resto Le Comptoir des Galeries, je suis fan, c’est de la bistrocequevousvouleznomie de haut vol, tout est gourmand, plein, intense, saucé.

On y retrouve les cuisses de grenouille de Julien Burlat, un homard dépiauté à la sauge, du jambon maison avec du boudin de je sais pas quelle maison mais diablement bon, du ris de veau bien élevé sous sa mère, des croquettes (de la carte du Petit Comptoir mais que tu sais une fois avoir au restaurant Le Comptoir), le tout avec des petits légumes (un peu trop vapeur) et des pommes dauphines que tu t’envoies avec les doigts comme des crackanuts.

Dessus on rince avec du nature bien élevé, bref, même si je dois retourner à Bozar Brasserie pour me refaire une idée (et j’ai très envie) , même si Gaspar fait de mieux en mieux et me tient bien par les papilles via son chef Michel Borsy,  on est ici dans le top des bistrots gourmands bruxellois.

Bon où c’est que ça coince alors ? Car il y a un truc qui coince.

Primo, il y a ce Comptoir du Comptoir qu’est devenu le Petit Comptoir. Quand t’arrives à 20h30, par l’entrée des Galeries (on peut aussi rentrer, horresco referens, par la rue des bouchers) t’es obligé de passer par Le Comptoir devenu petit où …la lumière n’est même pas allumée. Bref, tu te dis, je vais aller au Comptoir et prendre l’apéro au petit Comptoir pour diner au Comptoir, et non, « c’est jusque 19h30 ».

Deuxio, il manque quelqu’un pour habiter la salle. Le service est prévenant, gentil, attentionné, mais il n’y a pas quelqu’un pour te câliner un peu, se souvenir que c’est la quatrième fois que tu viens au moins,  un directeur de salle,  (ou une directrice, hein, c’est pareil)  non, ça titube un peu, même.

A défaut, il y aurait le chef qui sortirait te demander si c’était bon et tu lui collerais deux bises sur les joues pour lui dire combien tu aimes sa cuisine, ça rattraperait.

Tierço, c’est un tout petit peu cher, mais au vu de la qualité, et le jour où il y aura une âme ailleurs que dans les assiettes, je paierai sans douleur.

Alors ? Alors, on a une adresse bétonnée au niveau de l’assiette, on a un véritable œillet à la boutonnière de la ville de Bruxelles   dans un quartier où le bruxellois ne se laisse pas forcément aller à y aller, bref, on a un truc béton, et dommage, il manque la petite patte pour en faire le lieu culte.

Et d’ailleurs, alors que ça devrait être « bourré massacre », c’est rarement fully booked.

Ca ne m’empêchera certes pas d’y retourner, mais ça serait bien, enfin, moi je trouve que ça serait bien, qu’après de tels investissements - qui ont donné naissance à un lieu superbe, rappelons-le-, les propriétaires trouvent (il semblerait qu’ils cherchent) à un vrai directeur-trice de salle qui ferait même un peu sortir le chef de sa cuisine, tiens, et du coup, l’âme du lieu ferait mieux que de vivre dans les assiettes et la déco, elle serait partout, pour sûr que j’en suis sûr.

Galerie du Roi 6,

1000 Ville de Bruxelles

photo c. S. Anton.

 

07:16 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

Commentaires

Salut Carlo,

Excellente cuisine mais que j'ai abandonnée pour raisons budgétaires dans ma quête de lunch top qualité/prix genre Selecto. Pour répondre à tes interrogations sur le petit comptoir: ils se cherchent un concept depuis l'ouverture pour avoir une approche moins chère côté galerie mais c'est loin d'être gagné malgré effectivement une grande qualité des plats.J'avais pourtant le souvenir du Café du Dôme à Anvers en meilleur qualité/prix. En revanche, il y avait un serveur qui me reconnaissait chaque fois quand j'ai fait ma crise à l'ouverture d'y aller 2 fois par semaine.

Écrit par : le Sniper | 13/07/2015

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