20/06/2015

Restaurant Alexandre (du nom de celui qui n'y est plus mais là n'est pas la question) - cuisine qui met des claques en série

alexandre.JPG Donc on reprend, pour les ceusses qui suivent l'actu des restaurants Bruxellois, il y un lieu, à un jet de sauce ponzu de la Place Rouppe, où dans le temps il y avait un restaurant nommé Re-Source. Christian Baby Yumbi, un chef originaire de la RDC y avait récolté un succès bien plus que d'estime, le lieu avait des good vibes, et même si Christian s'en est retourné depuis à Kinshasa, il est toujours un chef qui fait parler de lui, mais ce coup-ci, chez lui. Fin du premier acte.

Puis vinrent Anca et Alexandre. Alexandre, c'était le belge de service dans topmastersuperchef d'il y a quelques années, un caractère bien trempé, un talent qui s'est affirmé très vite, couronné par une étoile au Guide Rouge, avec un succès qui ne devait pas se démentir. L'Acte 2 s'émaille de quelques scènes (de ménage), et en novembre 2014, Alexandre déménage précipitamment avec armes et bagage de soute à la Villa in The Sky où Michelin, considérant que le chef avait déménagé avec équipe et talent lui attribue illico une étoile. Comme je l'ai déjà écrit abondamment, je ne prends plus parti sur  cékiki mérite des étoiles ou pas, Michelin, c'est son guide, il en fait ce qu'il veut, en attendant, son aura est toujours aussi balèze, yaka parler cinq minutes à un chef qui a perdu ou gagné une étoile pour comprendre.

On peut juste rappeler qu'à l'époque, le Groupe Villa Lorraine avait fait la bonne affaire de l'année, en gardant l'étoile d'Alexandre qui avait déménagé (à La Villa dans le ciel) et en gardant aussi l'étoile du chef Bianchin qui était parti (de la Villa Lorraine), le tout sans "proclamation" puisque pas de "nouvelle" étoile, enfin pas tout à fait, donc un peu désordre, mais on répète, c'est leur business.

Et le Restaurant Alexandre dans tout ça? On l'a dit, le lieu a des good vibes, et Anca, désormais sans Alexandre mais en décidant de garder le nom, cherche et trouve une chef...   Et une vraie rencontre a lieu entre deux femmes, Anca Petrescu, donc, et Isabelle Arpin, une chef française d'Ostende, longtemps gratifiée d'un 15/20 au Gault et Millau, à Ostende, on vous l'a dit.

Maintenant, on oublie un peu les histoires de famille, on oublie même le nom du Restaurant, on s'assoit, on goûte (non, on ne teste pas!).

Et c'est là que j'ai regretté d'être le dernier à y être allé.

Le lieu, d'abord, il était déjà simple et de bon goût du temps de Christian, il a évolué, et comment, et sans ostentation, c'est sobre, beau, enfin, moi je trouve ça beau, et sans aucune faute de goût, enfin, par rapport au mien de goût, le bon goût, hein, c'est quoi?

Anca est en salle, elle dégage passion, énergie, caractère.

Et arrivent les assiettes d'Isabelle Arpin.

On va prendre des précautions oratoécrivatoires: l'expérience que j'ai vécu est totalement personnelle, je n'y ai dîné qu'une fois, et peut-être, amis lecteurs, vous ne vivrez pas la même, car nous n'avons pas forcément les mêmes goûts ni la même sensibilité, that's it.

Mais, j'ai tout adoré, du début à la fin, je me suis pris en pleine poire une gourmandise "mozzafiato" continue; limite, je n'arrivais pas à reprendre ma respiration. J'aurais voulu être au moins déçu par le dessert ou les mignardises, non! Dès la première mise en bouche, j'étais high, genre sous LSD et c'est resté. Pourtant, il y plein de trucs - du genre que d'habitude je dirais qu'il y en a trop - dans les assiettes, des points, des feuilles, des poudres. Mais tout est groupé-serré et en bouche tout se tient.

Voilà le compte-rendu le moins descriptif de l'année 2015, je n'ai même pas envie de parler de ce que j'ai mangé, c'est le menu tout entier qui m'a excité tout au long de cette soirée.

Alors voilà, comme de plus, j'ai une sensibilité de midinette, j'aime bien cette histoire ou pour le moment tout à l'air de se terminer bien (ou mieux, ou allant ver les mieux, WTF!) pour tous les acteurs de ce qui a été une mini tragédie du petit monde des restaurants de Bruxelles.

Merci Isabelle et Anca pour ce moment, je vais le garder précieusement quelques temps en moi avant de revenir, mais je ne vais pas trop traîner non plus, histoire de re-kiffer encore votre cuisine, juste avant que les étoiles (font ce qu'ils veulent, hein, au Rouge) ne vous rattrapent, ou pas, d'ailleurs.

 

Rue du Midi 164,

1000 Bruxelles

02 502 40 55

 

07:53 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

Commentaires

J'aime ;)

Écrit par : Rosa | 20/06/2015

Cher Maitre (c'est comme ça qu'on s'adresse à un avocat, non ?),

Je ne peux que confirmer vos propos.

Je suis venu, j'ai vu et j'ai été vaincu moi aussi. Indépendamment des belles et bonnes choses que nous y avons dégustées, j'ai surtout eu le plaisir de rencontrer deux belles personnes pleines de foi qui ont vraiment insufflé une nouvelle âme à un resto que beaucoup croyaient condamné avec le départ d'onséki vers de nouveaux cieux (quel verve matinale !).

Bref, faut y foncer si ce n'est déjà fait et applaudir des deux mains Isabelle et Anca pour le défi relevé avec panache.

Écrit par : Olivier Marette | 26/06/2015

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