13/05/2015

Risque zero bactériologique versus risque maximal de manger de la merde. L'occasion pour Slow Food de montrer qu'elle va enfin compter en Belgique.

On vit une époque formidable. Quand on veut un tout petit peu faire un petit chemin vers plus de raison dans notre enseignement public, , on se cogne en permanence à tous ceux qui veulent défendre l'enseignement du religieux au nom de je en sais plus... . Quand on veut défendre notre culture, ce qui a façonné notre paysage, l'immatériel qui flotte autour de nous comme autant de siècles d'histoire, on nous assène la nécessité de la tolérance bactériologique zéro au départ de la ferme. C'est la malheureuse aventure qui arrive aujourd'hui à la ferme Munnix, producteur du Hervlon, un Herve qui ne disait même plus son nom, tellement qu'il était meilleur que celui qu'on voit partout.

Je sais bien que les contrôleurs de l'AFSCA n'ont rien à voir ni avec les signataires prochains du traité transatlantique, ni avec le ministère de l'enseignement en Communauté française, mais le paradoxe de l'époque est piquant. D'un côté, la science obtuse, le principe de précaution absolu, qui en passant arrange bien la pensée dominante d'un circulation totalement libre de toutes les merdes alimentaires, de l'autre, une rémanence forte, voire une poussée, dans la sphère publique, de l'irrationnel, sans que personne en se mette à compter les germes de connerie que ça met dans les cerveaux. C'est bien là le problème, la listeria se mesure en unités, les fables diverses à mettre dans la tête des gens, on n'a malheureusement pas inventé l'unité de mesure, et tant mieux, un peu de raison arrivera bien mieux dans les esprits à coups de dialogues qu'en lavant les cerveaux comme du camembert industriel.

Je ne suis certes pas agronome, ni biologiste. La listeria c'est une saloperie, ça donne la listeriose, encore faut-il qu'il y ait assez de listeria et que ça tombe sur un organisme sensible. Mais ça existe, ne nous voilons pas la face. Mais en revanche, l'hystérie hygiéniste inutile, ça existe aussi. On ne répètera jamais assez que travailler au lait cru ça veut dire travailler propre!

L'organisation internationale Slow Food défend - notamment - des produits, ils appellent ça les Sentinelles. Pour donner un exemple, en Italie, l'Asiago (un fromage d'alpage) a une AOP gentillette et peu exigeante, comme le Herve chez nous. Ils ont fait une sentinelle pour l'Asiago historique, une tuerie (i) qui peut vieillir dix ans.

Le Herve est sentinelle, depuis peu, si nous ne faisons rien, si Slow Food International ne met pas la force de son organisation bien huilée pour aider à maintenir cette fierté belge, le vraie Herve, même quand il s'appelle Hervlon, dans peu de temps, on se dira, "tu te souviens, le Herve"...

On a perdu le fromage de Bruxelles, gardons le Herve, le vrai, celui avec du goût dedans. Mangeons du Herve, du vrai, c'est déjà la première chose que l'on peut faire et que l'on ne fait pas assez!

 

 

07:25 Écrit par Carlo dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

Commentaires

Tout est dit !
Merci Carlo pour ton implication, impressionnante mais qu'ont sent tellement vraie.
Merci aussi de faire bouger les forces vives de Slow Food, en les stimulant à soutenir, via Fabienne Effertz (Slow Food Liège), l'avenir de la ferme de José Munnix.

Écrit par : Patrick Bottcher | 13/05/2015

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