13/04/2015

Emile - Bistrot bien gaulé - Ixelles

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« Vous avez réservé? »

« Non peut-être et il y a même une dame qui m’attend»

« La jolie blonde de la table du fond ? Heureusement que vous arrivez, elle allait se barrer ».

Le ton est donné, l’accueil musclé, massif et débordant d’humour de la jeune fille tatouée – qui porte un sweat-shirt marqué « branleuse » - surprend dans un lieu « urban  presque chic », mais ça change du Canterbury qu’est à même pas 400 mètres.

Emile (de Béco) dans la rue du même nom est un bistrot qui s’est donné des ambitions de bien manger, et ça le fait, au-delà des apparences.

Oui, un endroit où l’on peut juste boire un coup ou manger, qui décidément, donne un coup de frais au genre.

Quel genre?  Ben, le genre « taverne » ou « bistrot » dont les poncifs vont de ces maisons poussiéreuses qui ornent le Boulevard de Waterloo a des paquebots plus détendus comme « L’Ultime Atome » mais où, au final, on sait bien que l’on risque de se retrouver nez à nez avec des carottes râpées, du céleri rémoulade, ou, pire, du maïs en garniture. Oui, en garniture, on va me dire, c’est pas grave, mais si, justement c’est grave.

Alors, Emile? (pas « chez Emile »).

Une jolie carte bien balancée de classiques belges, avec tout plein de croquettes (crevettes, fromââââche, scampis), des boulettes, et autres, et aussi un inévitable bœuf maturé parce que ossinon on ne sait plus faire de commerce de nos jours, sans bœuf maturé; et côté liquides, j’ai eu du mal à choisir ma bière, et de plus, à l’heure où j’écris ces lignes j’ai oublié mon choix, ce qui ne prouve rien sauf que ce n’était pas cent pour cent en ligne avec mes goûts tordus pour l’acide et l’amer (qui chante au fond des golfes clairs) et toujours côté liquides, mais côté vins, un peu trop de vins du sud et pas assez de vins vifs et légers (mais là aussi, hein, je ne peux pas demander à tous les restaurateurs bruxellois de ne mettre que du gamay - sans ma fille -  à la carte).

Respect toutefois à la dame au sweat shirt « branleuse » qui nous a orientés sur un « nature » avec syrah-grenache et tout le toutim sudiste, parfaitement fruité dont, là aussi, j’ai oublié le nom, la référence, le château et le nom de l’œnologue, ce n'est pas sérieux, mais en même temps, c’est gratuit (la chronique sur le blog, pas le vin).

Alors ces croquettes? La  « fromage » est full fromage – pas parmesan - juste fondante, tu ne sens même pas qu’il y a eu un « roux » de fait à un moment ou l’autre. La  «crevettes », au fumet de poisson, pas à mon goût, mais j’aime la bisque, pas le fumet. La «scampis » (faudra un jour que l’on dise à tout le monde que des scampis c’est des langoustines et pas des grosses crevettes, mais je pense que c’est trop tard) bisquée, goûtue, profonde, oui, profonde ! (le premier qui voit un lien entre grosse crevette et profonde peut sortir).

Le bœuf maturé? Du bœuf en fines tranches, en salaison – donc attention, c’est pas un steak de boeuf maturé - moins intense en goût que le même produit proposé par Hendrik Dierendonck (on en trouve chez Rob) mais vraiment bon.

Servi avec des top-frites, de la mayo, une salade – un peu trop de feuilles dures à mon goût, mais je suis amateurs de feuilles molles, mâche, pourpier, cresson, d’ailleurs j’aimerais que dans les restaurants les feuilles molles se ramassent plus souvent à la pelle – mais bon, une très honnête salade.

Ce bœuf maturé et ses top frites et sa bonne salade est facturé à 18 euros, courrez-y !

Izabella, une amie – reine de la com dans son prestigieux domaine – gourmande confirmée, qui a bien voulu ce soir là me faire bénéficier de sa conversation, partageait mon point de vue sans retenue. Pour le reste, au cas où la question serait posée, comme de coutume, la retenue était l’invitée première de ce dîner, non mais!

Emile? C’est un bistrot pan dans le mille, merci à mon confrère légèrement dégarni, il se reconnaîtra,  et à qui je dédie les jeux de mots encore plus nuls que d’habitude qui pourrissent cette chronique, de m‘avoir renseigné cette adresse qui jusqu’à ce jour m’avait échappé.

Emile

Rue Emile de Beco 22

1050 Bruxelles

Ouvert 7/7

16:27 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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