30/03/2015

Du café, un café ? Chronique parue pas plus tard que récemment dans le Soir Mag

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Invité récemment à découvrir dans un endroit de rêve les nouveautés des capsules magiques promues par l’ami Georges, au bout du quatrième « lungo » de dégustation et tandis que ma tension prenait deux points et ma vessie triplait de volume, je m’interrogeais entre deux lampées sur le rapport que nous entretenons au café dans notre petit Royaume.

Petit, dans ma famille mi-italienne, j’ai toujours vécu le matin au son de la « Bialetti » qui sifflait et gargouillait de joie quand sortait enfin le café attendu depuis dix minutes au moins (de Pascale senior exige encore et toujours que le feu soit au minimum minimorum, sinon « lé café il broule »). Je constatais par ailleurs  que la plupart du temps chez mes petits camarades, le café se pratiquait dans un percolateur, et lors de mes premières années de travail, ce même perco diffusait son odeur d’un café dont on savait que celui qui prendrait la dernière tasse de la matinée risquait au minimum une perforation de la paroi de l’estomac.

Dans les années 80 les machines à espresso ont envahi l’horeca mais l’on s’obstinait à le servir bien dilué sans qu’il n’ait plus rien à voir avec l’espresso de comme en Italie, chez les italiens.

Enfin, à l’aube des années 2000, le « ristretto » (en Italie on l’appellerait « lungo ») a conquis (en partie)  les belges : la petite tasse, certes toujours bien remplie a gagné de plus en plus d’amateurs et on a commencé à entrevoir une forme de goût du café : non pas le goût qu’il a, mais le goût qui reste, la rétro-olfaction qui vous accompagne!

Ca ne changera rien à la face du monde, mais le débat est bien là, pour moi le café, c’est un café, pas du café !

Alors Georges, j’aime encore bien tes produits, mais pour moi, la prochaine fois, donne moi UN « ristretto », pas DU « lungo »!

22:30 Écrit par Carlo dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

22/03/2015

Waar Vlaamse Hippe buurtbewoners zich thuisvinden et le monde entier aussi. Henri - Restaurant où c'est bon - Bruxelles Centre - Dansaert

henri.jpgAvant c'était chez Henri et on y mangeait des moules et maintenant c'est Henri tout court; et c'est devenu, enfin ça fait déjà quelques années, un bistrot de cuisine - aïe aïe aïe, le mot - bistronomique, et d'ailleurs là, maintenant, cette classification bistronomique j'en peux plus de la lire ou de l'entendre, m'enfin en même temps les gens qui la lisent voient plus ou moins où on est.

Henri, sans dévoiler tout tout de go, c'est le prototype de l'adresse sans faute de goût. Décor simple, net, urbain à mort, rien d'ostentatoire, service complice et efficace, carte des vins qui synthétise parfaitement l'air du temps, carte bouffe "extended" mais cohérente.

Voilà c'est fini, on dit que le rapport qualité/prix est bon et on se tire?

Non, il y a un truc en plus et, d'ailleurs, amis lecteurs indulgents qui voulez bien me lire, j'en profite pour dire que s'il n'y a pas dans une adresse un "truc en plus" (non, pas les seins de la serveuse) j'en cause tout simplement pas sur ce blog.

la cuisine d'Henri fait que l'on on sent parfaitement la main et le goût d'un chef qui serait lui même un gourmand qui aime bien de tout manger ce qu'on met dans l'assiette. Tu veux un exemple? La salade qui accompagnait ma Rubia Gallega maturée. Du pourpier, parfaitement assaisonné, avec genre des piquillos et d'autres choses.

Un autre? Les pommes vapeur, qui semblaient avoir été épluchées à chaud, amoureusement caressées par du beurre persillé. Et je ne te parle pas des frites qui arrivent un peu de manière anodine et superfétatoire et qui te font regretter de ne pas avoir un appétit de rechange, parce que ces frites sont tout en haut de l'échelle de Frichter dans le classement des frites que l'on sert dans les restaurants bruxellois.

Nous étions quatre, et tous les plats ne m'ont pas excité au même niveau: j'ai adoré ma croquette aux chicons-jambon, mais le saltimbocca nous a paru à tous  un peu chargé, un peu "caliche" a dit Catarineta, la purée de haricots des Saint-Jacques de Giovanni passait un peu à côté, et, peu importe, j'ai envie de dire. Graziella qui a fréquenté énormément les lieux reconnaît qu'elle aime tout, mais qu'elle ne s'enthousiasme pas toujours sur tout.

Il n'en reste pas moins que même l'espuma de crème catalane (un truc revisité, quoi) te confirme que le chef - qui n'était d'ailleurs pas là en personne ce soir là semble-t-il - fait ici une cuisine d'intention gourmande qui fait de cette adresse une maison où tu reviens "drivé" par ton appétit et rien d'autre.

Allez, encore un truc en plus, cette ambiance "Dansaert Vlaming" qui te donne l'impression que Bruxelles est à la fois une ville étape des grandes villes du monde et une capitale à dimension humaine, hors des circuits convenus du haut de la ville, ça j'aime encore vraiment bien!

Resto Henri

Vlaamsesteenweg 113

1000 Brussel

02 218 00 08

07:49 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

17/03/2015

Sakura (lovely)(1) - Restaurant japonais (de poche) - Saint-Gilles lez Ixelles

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Il est ces endroits dont les professionnels de la profession ne parleront jamais, ou presque. Ce genre de resto, trop moche pour qu'on en cause dans le journal ou un guide, trop bon marché pour qu'on lui fasse confiance, trop ringard même pour Metro.

Mais bon, quand t'as posé tes fesses au moins dix fois dans un ovni et que dix fois c'était bon et dix fois t'étais en bonne santé encore plusieurs semaines après l'ingestion, ton honneur d'amateur de la bouffe qui a de temps en temps la prétention d'écrire se doit de te dicter de relater ton expérience.

Bref, Sakura, resto japonais à prix cassés - tu te demandes quand même de quelle usine Tricatel vient le saumon,  mais il fait le job honnêtement - me nourrit régulièrement le midi, d'une bento box de sushi, salade, tempura etc..à 10 euroballes tout mouillés, ou d'un miso katsu ramen très convenable à 10.80, ou même comme ce midi, le katsu don (porc pané) sur riz et oeufs qui m'a bien tanqué, sans lourdeur, toujours pour un peu plus de dix francs suisses.

Bref, sûrement pas le meilleur japonais tenu par des chinois (c'est souvent!) de Bruxelles, mais- me vlà que je cause de rapport qualité prix maintenant - mais donc, disais-je un rapport qualité prix au taquet, le tout, sans le sourire de la crémière, mais ça fait partie du décor, comme l'aquarium.

Addition pour trois, 39 euros c'est sûr que c'est plus cher qu'un sandwich au pain décongelé et à l'américain full haleine d'oignons-poney et un coca zero, mais c'est beaucoup plus apaisant pour ton corps, et avec votre esprit, s'il vous plaît bien.

Sakura - Restaurant Japonais

Rue Simonis 2

1060 Bruxelles

 

(1) ceux qui ne comprennent pas le jeu de mots pourri peuvent m'écrire, les autres aussi.

 

16:54 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

14/03/2015

Socc'ml! (*) - Osteria Bolognese -Restaurant full cochon, full gluten, full lactose, full taste - Ixelles

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Osteria Bolognese est un petit phénomène. Un restaurant de poche, rue de la Paix à Ixelles, rempli tous les jours midi et soir rien que par le groin à oreille (de cochon). C'est quoi le principe? On bouffe comme à Bologne, des antipasti de charcutailles totally DOP, des primi avec encore du cochon (enfin, pas toujours), des secondi avec rebelote de cochon, le tout largement saupoudré de Parmigiano Reggiano, sous des flots de Lambrusco ou de Sangiovese.

Bologna la grassa, c'est ici que ça se passe. Certes, alors qu'à Bologne, outre le chef il y aurait une "sfoglina" qui ferait des pâtes toute la sainte journée, Giacomo - qui dans une autre vie tenait un restos à sushi à Bologne - a choisi de s'approvisionner en direct de pâtes fraîches chaque semaine, et il a choisi un putain de fournisseur car les tortellini juste in brodo, pour ne parler que d'eux,  sont juste comme il faut.

Bien mais une fois qu'on a réussi à réserver, on mange quoi?

L'antipasto maison qui croule sous le salame rosa, pesto modenese, mortadella, ciccioli, mousse de mortadella, est servi, Dio sia Lodato, avec de vraies crescentine! C'est quoi? Des carrés de pâte à pain frits, tu mets un peu de mousse de mortadelle dessus ou de pesto modenese (du saindoux en gros) et tu meurs là, dans un orgasme précoce.

Oui précoce, car il y a aussi les primi piatti. Tagliatelle al ragù, gnocchi, tortelloni, tortellini, bien torchés, envoyés, droit dans le bide.

Enfin (et il est juste impossible de faire les trois, il faudra choisir) les secondi sont peu nombreux mais sauvagement goûtus. Polpettone, côte de porc, flanqués de légumes, c'est corsé et droit.

Allez, avec un peu de recul, et quelques visites, c'est quoi mon choix de mon coeur dans cette petite maison?

L'antipasto encore et encore, les primi dans leur version "ripieni" (les pâtes farcies, quoi) et le polpettone dont je me suis empressé de tenter de refaire la recette. Last but not least, cet endroit d'apparence modeste, où l'accueil est certes  un poil psycho-rigide dans sa passion de la cuisine ultra-locale (mais les passionnés ont notre estime) vous déleste d'une bonne trentaine, max quarante, euroballes ce qui, compte tenu de la qualité des produits envoyés, est plus que raisonnable.

Allez, même les desserts, tiennent la route et il y a du Montenegro pour pousser le café.

Il se fait qu'ayant travaillé dans une autre vie pour le Parc Expo de Bologne, ayant quelques amis dans cette cité à la fois pétrie de traditions et libre-penseuse comme rarement, cette ville qui sait être à la fois puritaine et totalement dévergondée, pour toutes ces raisons, je m'entraîne depuis des années à dire avec l'accent, une expression tellement bolognaise qu'elle trouve, ici, particulièrement à s'appliquer:

Socccccccc'ml!(1)

(1) Non, je ne vous la traduirai pas, essayez avec Google Translate, avec un peu de chance, il va vous dénoncer et bloquer votre pc.

Rue de la Paix 49, 1050 Ixelles

02 608 51 54

On peut réserver, sauf le mercredi. Ce jour là la file se forme avant 7:00, à 7:01 c'est plein.

16:04 Écrit par Carlo dans Restaurants | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

12/03/2015

De gustibus ! - Chronique parue dans le Soir Mag de cette semaine (celui avec le Pape et les Royyyyals en couve)

(si je sors cette photo c'est pas pour me faire mousser mais c'est pour rappeler que mon amie Nathalie Penning - qui ici me tenait la nouille à Mons au Manège en juillet 2013 - est actuellement sur scène au TTO avec "Sous  la robe". C'est sold out, mais il y a des gens qui annulent en dernière minute, allez-y, avec un slip de rechange)

Non est disputandum dit le proverbe latin (non, je ne prends pas pour BDW !), on ne discute pas des goûts (et des couleurs, mais ce n’est pas mon rayon) …

Et bien si discutons-en. Tout d’abord et on en causera une autre fois, parce que justement, en matière de bien manger, la discussion sur LE goût est une activité passionnante.

Ensuite, et c’est le sujet du jour, parce que quand on parle des goûts, ceux que l’on goûte avec la langue, on entend toujours la même rengaine, amer-sucré-salé-acide, et peut-être le cinquième goût ce que les japonais appellent l’umami, qui veut simplement dire « délicieux ». Cet « umami » serait le propre du goût des protéines, cette impression de plénitude qui nous envahit quand nous goûtons un bouillon, un jus de viande, le parmesan ou la truffe.

Or, la chercheuse française Annick Faurion a montré depuis longtemps que nos papilles discernent une infinité de subtilités dans les goûts (pensez à l’artichaut, à la réglisse que vous détectez avec la langue avant l’olfaction) et que ce serait notre pauvre langue française qui n’aurait que quatre mots pour les décrire, là où notre langue (l’organe) peut faire beaucoup mieux !

Et puis outre la langue, il y a le palais, et même toute la cavité buccale qui détecte le piquant, le froid, l’astringence et plein d’autres sensations.

Et quand on a fini de goûter, de bien goûter, le même outil, permet même d’en parler…

07:09 Écrit par Carlo dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |