07/02/2015

Leuven Felicecittà!- Ristorante Rossi – Restaurant – Leuven – Flandres – Belgique

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Mon ami Pitou Vdh m’avait dit d’y aller, puis je me suis souvenu que mon géniteur m’avait fait la même recommandation il y a quelques mois : il y a à Leuven un type qui fait de la vraie bonne cuisine italienne « slowfoodienne » sans faire de bruit si ce n’est celui des fourchettes,  vas-y. Ca tombe bien, j’adore changer de ville, me sortir de cet univers mental crétin qui fait que dans ma ville je dois toujours ranger les adresses dans des cases en fonction de mes affinités avec l’un ou l’autre quartier que souvent je crois connaître. Leuven, c’est à un quart d’heure de E40,  et en deux pas dans le centre je me sens en Lombardie prêt à attaquer la cuisine d’un gaillard du cru. Je suis vierge de préjugés, mon appétit est en forme, mon envie bien lunée de découvrir est immense, Graziella est là avec sa science de la dégustation qui parfois tempère mes enthousiasmes trop rapides.

Rossi , comme la marque de Martini Rossi, comme Paolo Rossi, comme le voisin de tout un chacun, en Italie, Rossi c’est comme s’appeler Smets, sauf que c’est plus joli.

A la réservation au téléphone on m’avait prévenu « op vrijdag is er een verplicht drie gangen menu maar als er is iedts dat niet lust mag je wel veranderen »

Un sonore « buonasera » du chef à l’arrivée me rassure sur l’italianité DOC de l’endroit. Drie gangen ? L'antipasto, bruschetta-anchois-cabillaud-légumes que je ne luste pas à l’énoncé et on me propose à la place une soupe de chou fleur qui s’avèrera être une vraie performance. Chou fleur passé, morceaux, jus vert, une micro quenelle de foie, de la cuisine genre « La Buvette » mais à l’italienne, une petite claque.

Graziella a opté pour la bruschetta délicieusement relevée d’une pointe d’anchois.

Avant cela, petite salade de fenouil-orange en mise en bouche, parfaitement assaisonnée, où on sent bien que le chef a tourné chaque composant de la salade dans l’huile d’olive avec ses petits doigts.

Après l’antipasto, le primo, des linguine aux artichauts, guanciale, mie de pain, pecorino. Un "vermicelli alla carrettiera" empowered, une association parfaite entre le guanciale de haut vol – où l’on croit déceler des notes de cannelle – et le soupçon de parfum anisé de l’artichaut.

Le secondo; comme une milanaise mais de lotte avec une mayonnaise sans œuf (montée au fumet concentré de cabillaud), des cime di rapa et des salicornes, acide, amer, gras, sel, tout est dans l’assiette.

Alors, non, ce n’est pas des plats « du répertoire », Felice a appris à l’école mais aussi chez les grands, comme Bottura. Mais ce qui est littéralement passionnant dans la cuisine de Felice, c’est que derrière sa soupe de chou fleur et sa mystérieuse quenelle de foie, derrière ses linguine ou sa milanaise de lotte, on sent une main qui a intégré les « dogmes du juste » de la cuisine italienne avant de s’en affranchir pour faire sa cuisine.

Felice est un personnage sans être encore une vedette du sérail. Avec sa femme Yue, chinoise de Shanghaï, ils s’attablent sur le coup de 23h00 pour manger le même menu que nous. Yue parle un excellent italien, Felice adore la cuisine chinoise, ces deux là envoient une énergie humaine de mangeurs de vie.

Tandis que le quatre cylindres à injection directe turbo essence de la mini ronronne gentiment à 121 au cruise control sur la E40 du retour,  je me souviendrai de la proposition finale de Felice

« Si tu veux une soirée juste autour du cacio e pepe, tu m’appelles ».

A faire.

 

Ristorante Rossi

Standonckstraat 2 3000 Leuven, Belgique

016 62 48 48

 

 

11:24 Écrit par Carlo dans chefs, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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