08/01/2015

(Char)libres dans nos têtes.

Hier, le Soir Mag me demandait de ne pas oublier d'écrire mon billet de la semaine prochaine, quelle dérision d'écrire un simple billet d'humeur sur la bouffe quand les fondements d'un métier - un métier que j'ai la chance de pratiquer en dilettante, à temps très partiel - sont ébranlés. Je vous la sors avant publication, j'espère qu'il ne m'en voudront pas.


franco.jpgUn hasard pourri veut que j’écrive ces lignes au moment où l’on apprend la fusillade ignoble qui a décimé l’équipe de Charlie Hebdo. Les temps de fabrication de votre magazine auront fait que d’ici là on n’en saura peut-être un peu plus sur les ennemis de la libre pensée qui ont commis ce crime.

En attendant, vous me direz, « quel est le rapport avec ta chronique habituelle, Carlo, t’es pas censé t’occuper de bouffe, pas de politique, ni de droits de l’homme, non ? ».

Ben si, d’abord, parce que en ce mercredi 7 janvier, j’ai bien du mal à penser à autre chose. Ensuite, parce que j’ai appris à lire dans Charlie, ou presque, mon paternel étant abonné dans les années 70, je le piquais en douce dans la boîte aux lettres avant de le remballer, après lecture,  dans son emballage postal.

Enfin, parce que l’enseignement principal que j’ai retenu de Charlie, c’est que l’on peut rire de tout et qu’il n’y pas d’idoles qui ne puissent être déboulonnées.

Et dans la bouffe, qui m’occupe depuis près de vingt ans, c’est pareil. Sans jamais céder à la théorie du complot, il faudrait voir le manger comme une occasion de joie permanente, il faut démasquer les impostures, dénoncer les vraies arnaques, valoriser le manger qui nous remet en connexion avec notre culture, la culture des autres, chercher le bon, l’authentique, le tout sans jamais prendre cela au sérieux, car manger c’est certes important, mais il y a d’autres choses aussi, comme la liberté de caricature.

Et en ce 7 janvier, j’ai l’appétit un peu coupé, mais ça va revenir.

(en médaillon une des unes les plus brillantes du regretté Reiser. Les petits Franco de notre époque vont sûrement beaucoup l'ouvrir dans les jours qui viennent, restons libres)

08:20 Écrit par Carlo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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