31/12/2014

Bonne année 2015, une année avec moins de moins, plus de plus parce que si on en met plus il en faut moins!

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2015, l'année du plus, l'année où on se débarrasse du moins.

En 2015 je vous souhaite de renoncer au diet, au light, à l'allégé en gras, alourdi en eau, au détexturé par manque de matière retexturé aux épaississants multiples.

Je nous souhaite de manger beaucoup moins de moins, car en mangeant du plus, de fait, nous mangerons moins!

Oui, j’ose l’affirmer sans preuve scientifiques à l’appui, que quand il y en a plus, on en mange moins, car comme le plus est nettement meilleur que le moins et que, pour peu que l’on aie une conscience bien consciente du sentiment de satiété , en mangeant moins de plus, on mange moins, au final!

Je nous souhaite plus de beurre (au lait cru), plus d'huile (toutes les huiles, les vraies, les bonnes), plus de jambon, de crème (entière et crue) et de pain (qui a pris le temps de lever) et je vous souhaite (beaucoup) moins de produits transformés, gorgés de sel, de sucre et d'exhausteurs.

Je nous souhaite plus de bonnes techniques, de cuisson, de découpe, de patience, et beaucoup moins de recettes inutiles!

Plus de vraies poules, même fatiguées, et moins de cubes!

Plus de fromages (fermiers) et moins de yaourts aux fruits déshydratés.

Plus de pâtes au blé dur d'Italie et moins de lasagnes préparées.

Et prenons nous à rêver, d'une année 2015 avec plus d'empathie et moins de connerie universelle, plus d'appétit et moins d'obésité.

Et n'oublions pas que la cuisine n'est qu'un vecteur, manger ensemble n'étant jamais que le début d'un peu de vivre (plus) ensemble.

Bonne année au beurre et à l'huile!

 

09:40 Écrit par Carlo dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

25/12/2014

La ligne bleue des côtes !– Colonel - restaurant, Bruxelles

colonel.JPGLa bien pensance m’oblige à dire régulièrement que la viande, c’est un peu, pas trop souvent et surtout de la bonne (et je le pense bien fort dans ma tête) mais dans les faits de la vraie vie, il est des fois où j’en mange un peu trop un peu trop fréquemment, j’avoue, mais je ne le ferai plus, surtout depuis que je me suis confessé.

Bref, pour vivre à fond cette passion pour la viande qui m’anime , pour manger de temps en temps (mais juste de temps en temps) du très très bon pour mieux revenir ensuite pendant six ans de suite au quinoa-seitan flexitariste, j’aime courir les adresses qui revendiquent la viande, la vraie, la viande maturée;  et si en 2015 si tu ne sauras pas ce qu’est de la viande maturée, tu seras juste une tache.

Inutile de dire (donc je le dis) que je suis un fan de la Table du Boucher de Luc Broutard à Mons,  qu’Alex des caves d’Alex est une de mes cantines et que j’aime David Martin de La Paix d’un amour chaste et sincère et que bien entendu, j’ai les yeux embués à chaque fois que je croise Hendrick Dierendonck, le petit prince des côtes (de bœuf) de la côte (van de kust) qui outre sa boucherie, aura bientôt un restaurant nommé Carcasse.

Colonel vient d’ouvrir au coin de la Rue Jean Stas (le piétonnier qui m’a toujours fait penser à une succursale de la rue des bouchers) et quand mon amie la très belle Barbarella  m’a proposé de découvrir cette nouvelle adresse en prononçant les mots magiques qui font jaillir le désir – « viande maturée » - j’ai commencé à me réjouir d’avance.

Un lieu vaste, pensé, sobre et élégant, l’impression première , c’est qu’on est dans un vrai restaurant au sens de comme à Londres , un investissement solide et bien pensé , ça dégage de l’hyper pro dans la démarche.

La carte, c’est bidoche : des onglets, des hamburgers, et surtout des côtes, à choisir dans le frigo comptoir d’un boucher jeune comme un agneau de lait, gentil comme un veau sous la mère. Barbarella et son physique élancé aiment la viande mais du bout des lèvres, je lui évite donc la Salers et la Rubia Gallega pour choisir une belle normande, bien roulée.

Avant – on mangera de la salade demain – nous commandons un os à moëlle  et une planchette de Noir de Bigorre (du cochon avec pédigrée) qui se décline en jambon, en je sais plus et en boudin noir qui te ferait vendre tes enfants pour en ravoir.

Mention spéciale pour l’os (à moëlle), un bon grand demi coupé dans la longueur dans lequel on a mis les rondelles de moëlle, juste parfait.

Arrive la bête morte de Normandie, servie sur un plat en porcelaine. Nous nous servons et Barbarella demande très justement que l’on nous la garde au chaud. En effet, la porcelaine blanche laisse à penser – à juste titre – que dans 5 minutes cela sera froid; de fait, il faudra en tenir compte, mon Colonel, sans vouloir vous commander. Notre table se couvre de frites – excellentes – d’aligot  -bien tourné – de béarnaise - très très bonne, mais malheureusement froide: la normande, comme souvent dans cette riante contrée laitière, tient toutes ses promesses : qualité de la viande, cuisson, repos, c’est impeccable.

C’est bon, c’est bon, et glisse là dessus un « Sorcières » d’Hervé Bizeul (un des seuls vins du Roussillon que le buveur de gamay - le dimanche- que je suis, aime vraiment). Et si c’est bon c’est bien sûr parce que les produits sont excellents, et parce qu’en cuisine il y un chef, « con le palle quadrate », Benjamin Laborie, qui a appris son métier chez Michel Bras; Benjamin, c'est une gueule, un caractère, avec de vrais morceaux de passion dedans.

Un colonel pour se finir chez Colonel, une addition qui ne plaisante pas – le prix du lieu, des produits et du vrai chef, dans les 160 euroballes à deux – et l’impression que si le chef et les approvisionnements tiennent le coup, on a déjà affaire un un lieu culte, un classique en devenir, voire même un lieu incontournable sur la route des foodies viandophiles.

Colonel

Rue Jean Stas 24

1060 Bruxelles

Photo: Benjamin Laborie, chef de Colonel

 

21:58 Écrit par Carlo dans chefs, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

22/12/2014

Tout un pigeon (entier)! Le Monde est petit – Restaurant – Etterbeek

De temps en temps, j’emmène Priscilla  dîner. Certes, peu souvent, depuis qu’un homme partage son existence et qu’elle se consacre à plein temps à son rôle de mère, Priscilla a peu de temps pour dîner. Pourtant parfois, nous volons du temps au temps autour d’une table, et nous inventons des vies, à la Gotlib ou à la Lelouch, c’est selon, genre par exemple en train de courir sur la plage d’Ostende, avec la camera qui fait le tour,  et deux  Jack Russel  qui gambadent en jappant joyeusement- à propos, au pluriel Jack(s)  Russel(s) ?- .(Oui, merci pour le Xanax, j’en avais besoin)

En brave mouton moutonnier (donc revenons-y), je  décide d’emmener Priscilla et son décolleté au « Monde est petit » que les Michelin ont gratifié, à la surprise du chef, d’une étoile, pas plus tard qu’il y a quelques semaines.

J’avais rencontré le chef , Loïc Villers, il y a quelques années, lequel m’avait bien expliqué qu’il faisait depuis le début la cuisine que lui il aimait pour des clients qui aimaient la même cuisine que lui et qui venaient dans son restaurant pour manger.

De fait, dix ans plus tard, alors que nombre d’enseignes conceptuelles ont passé leur chemin, Loïc est toujours là, et son adresse s’est doucement muée en classique local et a fait son trou au milieu des façades anciennes de l’avenue de Tervuren .

Pas de faute de goût dans la déco, mais rien de moderne, rien de tendance, rien de conceptuel.

L’étoile Michelin est venue ici se poser sur les assiettes comme pour rappeler aux lecteurs du guide rouge qu’une étoile  ça sanctionne « une bonne table dans sa catégorie ».

Et à la carte ? Ben oui, on bouffe à la carte, on n’est pas ici chez un artiste (j’aime beaucoup les artistes culinaires, ne me faites pas dire…) du menu unique, si je veux des croquettes aux crevettes suivie d’un filet pur et d’une dame blanche, on peut.

Donc, c’est parti pour des croquettes aux crevettes pour Priscilla et moi, de mon côté je continuerai « sur » un pigeon et ma muse se contentera de Saint-Jacques, on ne peut pas toujours avoir envie de frites.

Côté liquides, je m’autorise deux verres, flics zélés obligent, ce sera un bon vieux gin tonic bien fait et un verre de gamay car j’aime le gamay, car gamay deux sans trois.

Réglons vite le sort des croquettes aux crevettes. Bien croustillantes, chargées de crevettes, l’appareil à croquette bien savoureux. Le chef fait un choix, celui du fumet de poisson plutôt que la bisque, c’est à la limite presque plus élégant , mais « moi personnellement je » aime encore bien quand le goût est bisqué, Priscilla aussi, mais bon, on respecte le choix du chef.

Arrive le pigeon, tout un pigeon bordel ! (Le chef me confiera que depuis qu’il est étoilé, les geignards foodistas dans mon genre « trouvent que c’est beaucoup, tout un pigeon »), les gennnnnnnnnnnnnns.

Putain de pigeon, rosé, la peau un peu croustillante, dense, cet oiseau à la robe grise est bien entouré de chou, de salsifis et d’une « espuma carbonara » (l’énoncé me faisait peur !) riche et onctueuse. Je me prends tout le pigeon dans le caisson et j’en suis tout réjoui !

Priscilla se régale de ses Saint-Jacques posées sur une tranche de « presa iberica »   (du chic cochon) un peu trop fine pour être reconnaissable (dans sa presa attitude, je veux dire, si vous me suivez toujours).

Le pigeon a occupé tout mon estomac, mon corps se berce d’une langueur monotone, plus de place pour le dessert, mais le café « vient avec » des pralines Passion Chocolat qui sont à la praline ce que Loïc est aux restaurants prétentieux, ça ne m’étonne pas que le chef ait fait ce (très bon) choix  de pralines un peu à l’ancienne pour ses pralines d’avec le café.

En conclusion, ne vous focalisez pas sur cette histoire d’étoile (surtout si vous êtes un foodista qui écume les restos dès qu’il se voient ornés d’un macaron) , et venez manger pour manger, Loïc Villers et son petit Monde restent accrochés à leur bien manger comme ils l’aiment, et si ce garçon tourne ses autres plats comme son pigeon, je risque d’encore une fois bien manger dans son Monde est petit!

 L’addition ? On n’a pas bu grand-chose ni pris de dessert, 120 euros pour deux, y compris tout le pigeon.

Rue des Bataves 65, 1040 Etterbeek (Av. de Tervuren, quartier Montgomery)
02 732 44 34

 

15:14 Écrit par Carlo dans chefs, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

19/12/2014

Les Caves d'Alex - Restaurant Quartier Léopold Bruxelles

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Alex aime la bidoche, c’est pour ça que son resto s’appelle « les caves », mais non ça n’a rien à voir, il y a un projet de « on peut louer sa cave chez Alex » derrière ça, mais j’ai pas bien tout compris.

De fait, ce n’est pas le sujet, car le vrai sujet chez Alex, c’est que à prix raisonnable, on peut s’envoyer une bonne côte à l’os bien maturée, bien cuite, bien arrosée de beurre, bien reposée, avec de bonnes frites et de la béarnaise tout près.

Le resto est situé dans le quartier Léopold, à un jet d’os de côte à l’os de la gare du Luxembourg, un quartier que les bruxellois-qui-ne-vont-jamais-au-delà-du-canal ne fréquentent pas trop non plus, vu que déjà la place Saint Boniface «c’est loin". De fait, les quelques fois où je suis allé chez Alex le soir, il n’y a pas énormément de monde, et les tables sont principalement occupées par des expats, genre, je viens de sortir du bureau après avoir achevé de construire l’Europe.

Certes, outre le quartier, la déco ne casse pas trois pattes à un (magret de) canard, celle qui le faisait l’honneur et l’avantage  de partager mon os et la viande qu’il y avait dessus, me faisait d’ailleurs remarquer que c’était, du plancher aux murs en passant par les chaises en zebrano, un cocktail de bois différents qui sonnait un peu dissonant.

Mais de fait, c’est assez rare pour qu’on le dise, on oublie tout ce fatras de choses si importantes depuis les années 90, à savoir le « caaaaaaaaaaaaaaaaaaaaadre » et on se commande une bonne côte, ce soir là une Simmenthal 40 jours, un Beaujolais (j’ai oublié le nom mais c’était juste tramé et fruité comme j’aime, à propos, Alex, réimprime un peu les cartes de vin elles sont un peu fanées) et on se prend juste son pied, sainement et goulument.

Les frites sont gentiment croustillantes (pas au BDB mais juste bien quand même) la béarnaise parfaite, et la bidoche on a en causé.

En micro entrée, Alex nous a servi une tête de veau tomatée, juste bien collante fondante comme j’aime.

Alors, plutôt que de remplir des brasseries foireuses à frites surgelées et fausse béarnaise, bordel, mangeurs de viande, mangez chez Alex, parce que ce type n’est peut-être pas le roi de la déco, mais la barbaque c’est son affaire.

Les Caves d’Alex (allez-y!)

 

Rue Caroly 37
1050 Bruxelles
Tel: 02.540.89.37

 

16:44 Écrit par Carlo dans chefs, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

17/12/2014

T’as plus de trois ans et demi ? Arrête de couper tes spaghetti ! (Chronique parue dans le Soir Mag le 10/12)

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Faut que je vous raconte, c’était pas plus tard que la semaine dernière à l’heure du déjeuner. Le restaurant italien que je fréquente souvent vient de rentrer des truffes blanches, ce qui leur permet d’annoncer fièrement des « tagliolini à la trouffe blanché » au prix de 35 euros. Beaucoup d’euros à sortir de sa poche, mais compte tenu de la rareté du tubercule, un prix, de fait raisonnable.

Mon ami Sergio et moi, passablement essorés d’avance par la période pré-festive nous rabattons sur le plat du jour, mais c’est ailleurs que ça se passe.

Tandis que j’attaque mes pâtes au « ragù di vitello », un des serveurs dépose devant un des convives du restaurant, pile dans mon champ de vision, des tagliolini à la truffe. Les pâtes sont joliment roulées sur elles-mêmes, fument de beurre fondu et attendent la truffe blanche qu’Antonello vient râper prestement.

C’est là que le convive ayant investi une heure de salaire horaire d’un plombier dans un plat devrait soulever l’affaire à la fourchette, mélanger les truffes et attaquer l’affaire gaillardement.

Or, trois minutes plus tard, le gars – je commence à frémir – parle toujours et ne mange pas. Hypnotisé, je mate la suite et finalement il attrape la fourchette et le couteau et débite le rouleau de pâtes en tranches qu’il recoupe une seconde fois.

Tout cela pour engloutir des brisures de pâtes –froides désormais – certes à la truffe blanche.

Alors, oui le goût devrait être le même! Mais non, car le goût, c’est de la texture, de la chaleur, de la joie.

Alors, vraiment, faites moi plaisir, tous qui aimez lire mes bêtises culinaires, si vous avez l’âge de tenir la fourchette, roulez les pâtes, vos sens vous diront merci !

 

17:46 Écrit par Carlo dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

15/12/2014

Arrabbiata al minuto!

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 En période de pré-fêtes, sans rentrer dans un bla bla détox, prédétox  (de toutes façons les détoxificatrices -teurs vont m'envoyer au diable avec tout ce gluten) ou autres conneries du genre, j'aime encore bien de me défriser le palais, les papilles, les narines et les neurones avec une pâte à la tomate et si elle déménage un peu, ben venga! La recette expresse, c'est avec de la sauce "pronta" de petites tomates (ciliegino) en bouteille "canadienne" qu'elle est très bonne la salsa pronta, mais que c'est pas parce que c'est déjà fait qu'il ne faut rien faire comme disait l'acteur au chômage (qui est devenu célèbre par la suite) des pubs pour les quiches "Marie". Donc, tandis que l'eau bout, dans la casserole qui recevra les pâtes, j'inonde d'huile d'olive sicilienne, je jette un peu d'ail émincé, du piment oiseau émietté entre les doigts (les mecs, lavez-vous bien les mains après) et je chauffe juste de quoi réveiller les saveurs. honni soit qui brûle l'ail.

Je sale la flotte à 8 g/litre, je cuis les pâtes, je les égoutte al dente de avant al dente, je mets les pâtes dans la casserole, j'ajoute une bonne louche d'eau de cuisson des pâtes, je monte le feu et je poursuis la cuisson des pâtes en tournant comme une brute délicate à la cuiller en bois. Une osmose se crée (une émulsion, de fait) entre l'eau et l'huile. "E la salsa pronta, Dottore"? Ca vient, une fois mes pâtes presque prêtes, je vide la salsa pronta dessus, je mélange encore énergiquement et c'est prêt. Pas de fromage, merci, ou alors, du pecorino romano.

Pour 4: 400 g de pâtes courtes, ici des caserecce Pastificio dei Campi, de l'huile d'olive, des piments, de l'ail, une bouteille canadienne de "salsa di ciliegino". Les pâtes, l'huile et la salsa vous les trouvez chez Mmmmh! c'est bien aimable à vous.

18:45 Écrit par Carlo dans Plats cultes, recettes | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

11/12/2014

Trois questions à Christophe Pauly, Le Coq aux Champs, Soheit-Tinlot.

paulyinterview.JPG

Christophe Pauly répond aux questions de Sophie Moens et de ma pomme, à écouter le 20/12 sur La Première

Chef établi, bien noté par les guides, membre du collectif Génération W, Christophe Pauly pratique une gourmandise qui percute les papilles. J'avais passé il y a deux ans une soirée mémorable autour d'un lièvre à la royale, j'ai retrouvé le chef Pauly il y a quelques jours à la faveur d'un enregistrement chez lui pour l'émission "Bientôt à Table" qui sera diffusée sur la Première le 20 décembre à 10h00.

http://www.rtbf.be/lapremiere/emissions_bientot-a-table?programId=302

C'était l'occasion de lui poser trois questions, pour inaugurer une nouvelle rubrique de ce blog, les trois questions étant toujours les mêmes, et bien entendu on les posera à des gens toujours différents, ça va sans dire, mais encore mieux en le disant.

Quelle est la cuisine qui te plait, que tu aimes manger, que ce soit toi qui la fasse ou un autre?

Christophe Pauly:

La cuisine de produits vive et gourmande, mais pas trop grasse, pas trop lourde. Je n'aime pas non plus qu'une cuisine soit trop intellectuelle, trop coupée des émotions. J'aime que la cuisine soit identitaire, personnelle, émotionnelle. Je peux m'emballer autant pour un bon boulet de chez "Lequet" que pour la cuisine des "Troigros", tant que l'émotion est présente.

Quelle évolution vois-tu pour la gastronomie dans ta région et dans ton pays?

CP:

En Wallonie je me réjouis de constater que la cuisine prend un tour personnel chez nombre de chefs qui axent leur cuisine sur leur produit. On sent un petit peu l'émergence de la fameuse "tendance scandinave" qui a mis une "claque" au "moléculaire" et ce n'est pas plus mal. J'apprécie que l'on soit dans notre région de plus en plus locavores, mais attention, on fait de très bons produits ailleurs aussi - j'emploie par exemple dans ma cuisine aussi bien des volailles de derrière le coin que les excellents produits de Racan - et il ne faut pas les oublier dans notre cuisine.

De quel produit, de quel ingrédient ne te lasses-tu jamais?

CP:

J'aime tout, je ne me lasse de rien, tant que le produit est de saison.

Le Coq aux Champs

1* Michelin

17/20 GaultMillau

r. Montys 71
B-4557 Soheit-Tinlot

09:41 Écrit par Carlo dans chefs | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

10/12/2014

Burgerobsession. (Chronique publiée dans le Soir Mag du 3/12)

 

burger republic.JPGLe hamburger est partout, enfin il l’était déjà sous la forme tant du hamburger de roulotte farci d’une tranche de viande grise comme un jour sans bière, ou comme produit de fast-food. Du coup on a vu arriver le néo-burger, inspiré d’un hypothétique véridique hamburger américain que se soit dans les food-trucks ou dans des restaurants branchés. Burgermania? On l’a dit, les burgers étaient là et une version « premium » du burger « pas cher » allait forcément emporter l’adhésion d’une clientèle qui aime ça, le burger, mais prête à débourser quelques euros de plus pour manger mieux. Le belge raffole de viande hachée : saucisses, boulettes, pain de viande et oiseaux sans tête, tous les chemins nous mènent à la viande hachée. Bien, et cette burger fever, bonne ou malbouffe? Euuuuh, le hamburger est quand même un peu loin du catéchisme du correct obligatoire de la bouffe diététiquement acceptable. Beaucoup de pain – et les restaurateurs burgeriens n’hésitent pas à faire recours à de boulangers de renom – pas mal de bidoche, et de la sauce à tous les étages pourraient faire frémir les tenant(e)s du crudivorisme vegan. Le hamburger, sorte de sein parfait régressif, n’est pas non plus un mets éducatif qui va nous amener à manger plus de chicons et de graines germées (quoique), ni nous faire redécouvrir la viande avec des os, les abats ou les salsifis. Non, le burger nous conforte dans nos habitudes, nous berce et nous rassure mais non, il ne nous rendra ni conquérants ni audacieux. En même temps, un bon burger, qu’est-ce que c’est bon, allez, repasse moi les frites, la semaine prochaine, promis, on mangera des betteraves !

17:10 Écrit par Carlo dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

02/12/2014

Des tortelloni au botox

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Ben oui, dès qu’on met des produits « à la truffe » dans quelque chose, on se sent un peu comme un vendeurs de voitures d’occasion. C’est bon, ça envoie sévère, mais en même temps on sait bien que l’on a mis un peu trop de maquillage, voire même des faux cils. Mes potes de chez Dolce Amaro de chez Felice d’en face ne font pas autrement avec leurs célèbres tagliolini al tartufo, et de fait, c’est bon !

Tant qu’à faire je prends du très bon, puisque j’utilise les lamelles de truffe d’été de chez Inaudi, que c’est une marque de produits à la truffe que j’utilise depuis presque vingt ans, et que jamais elle ne m’a trompé avec un autre.

Donc, introducing les tortelloni « ricotta-tartufo Inaudi » que je vous invite à faire aussi, parce que c’est bon, et que sans malentendu, voilà une recette excellente pour draguer, voire même pour conclure.

Pour 4 :

D’abord on fait un pâton de pâte (y aura trop de pâte, faites des tagliatelle avec le reste, mais je n’arrive pas à faire moins, j’aime bien de pétrir une grosse boule)

400 g de farine

4 œufs

Une pincée de sel

Un trait d’huile d’olive

Verser la farine sur le plan de travail et creuser un puits en son centre. Ajouter les  oeufs et une pincée de sel dans le puits. Mélanger d’abord les œufs avec un peu de farine à la fourchette sinon tout se barre sur la table. Pétrir ensuite jusqu'à obtenir une pâte élastique et homogène, en ajoutant un peu d'eau si nécessaire. Réserver 30 minutes au frais dans un linge humide ou un film plastique.

En ce qui me concerne, je fais ça au robot kMix et je termine le pétrissage à la main.

La farce :

150 g de ricotta

1 boite de « carpaccio » de truffe d’été Inaudi  (chez Mmmmh !, va pas chercher ailleurs)

70 g de Parmigiano Reggiano râpé de ta main

Sel, poivre du moulin

Egoutter les lamelles de truffe, les ajouter (pas tout, faudra goûter) à la ricotta, mixer au mixeur plongeur, ajouter le parmesan, goûter, assaisonner, remettre de tout (truffes, parmesan, sel, poivre si nécessaire. Une farce emprisonnée dans une pâte fraîche doit être un peu « surassaisonnée »)

 

Les tortelloni :

Abaisser la pâte au rouleau, ou mieux et plus facile au laminoir Imperia. Ne pas chercher le réglage le plus fin surtout les premières fois, mais le cran juste d’avant.

Fariner et laisser sécher quelques minutes sur le plan de travail.

Là, pour la photo, je n’avais qu’un emporte pièce rond, j’ai donc ainsi procédé : J’ai découpé des ronds, j’ai posé une càs de farce au centre, j’ai mouillé au doigt le pourtour du dit rond, j’ai plié en deux. Là je pourrais m’arrêter et bien fermer à la fourchette, j’aurais des demi-lunes, c’est bien aussi.

Sinon,  on relève le bord, on joint les pointes et on a un tortellone, comme un nombril (ça marche encore mieux si on part d’un carré ; mais j’avais un rond, je l’ai déjà dit)

Servir :

70 g de beurre

Encore du parmesan

Cuire 3-4 mintues à l’eau frémissante salée, récolter à l’écumoire, faire revenir dans un peu (beaucoup de beurre) et de l’eau de cuisson, servir avec parmesan râpé et les lamelles de truffe restantes.

 

06:24 Écrit par Carlo dans recettes | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |