22/12/2014

Tout un pigeon (entier)! Le Monde est petit – Restaurant – Etterbeek

De temps en temps, j’emmène Priscilla  dîner. Certes, peu souvent, depuis qu’un homme partage son existence et qu’elle se consacre à plein temps à son rôle de mère, Priscilla a peu de temps pour dîner. Pourtant parfois, nous volons du temps au temps autour d’une table, et nous inventons des vies, à la Gotlib ou à la Lelouch, c’est selon, genre par exemple en train de courir sur la plage d’Ostende, avec la camera qui fait le tour,  et deux  Jack Russel  qui gambadent en jappant joyeusement- à propos, au pluriel Jack(s)  Russel(s) ?- .(Oui, merci pour le Xanax, j’en avais besoin)

En brave mouton moutonnier (donc revenons-y), je  décide d’emmener Priscilla et son décolleté au « Monde est petit » que les Michelin ont gratifié, à la surprise du chef, d’une étoile, pas plus tard qu’il y a quelques semaines.

J’avais rencontré le chef , Loïc Villers, il y a quelques années, lequel m’avait bien expliqué qu’il faisait depuis le début la cuisine que lui il aimait pour des clients qui aimaient la même cuisine que lui et qui venaient dans son restaurant pour manger.

De fait, dix ans plus tard, alors que nombre d’enseignes conceptuelles ont passé leur chemin, Loïc est toujours là, et son adresse s’est doucement muée en classique local et a fait son trou au milieu des façades anciennes de l’avenue de Tervuren .

Pas de faute de goût dans la déco, mais rien de moderne, rien de tendance, rien de conceptuel.

L’étoile Michelin est venue ici se poser sur les assiettes comme pour rappeler aux lecteurs du guide rouge qu’une étoile  ça sanctionne « une bonne table dans sa catégorie ».

Et à la carte ? Ben oui, on bouffe à la carte, on n’est pas ici chez un artiste (j’aime beaucoup les artistes culinaires, ne me faites pas dire…) du menu unique, si je veux des croquettes aux crevettes suivie d’un filet pur et d’une dame blanche, on peut.

Donc, c’est parti pour des croquettes aux crevettes pour Priscilla et moi, de mon côté je continuerai « sur » un pigeon et ma muse se contentera de Saint-Jacques, on ne peut pas toujours avoir envie de frites.

Côté liquides, je m’autorise deux verres, flics zélés obligent, ce sera un bon vieux gin tonic bien fait et un verre de gamay car j’aime le gamay, car gamay deux sans trois.

Réglons vite le sort des croquettes aux crevettes. Bien croustillantes, chargées de crevettes, l’appareil à croquette bien savoureux. Le chef fait un choix, celui du fumet de poisson plutôt que la bisque, c’est à la limite presque plus élégant , mais « moi personnellement je » aime encore bien quand le goût est bisqué, Priscilla aussi, mais bon, on respecte le choix du chef.

Arrive le pigeon, tout un pigeon bordel ! (Le chef me confiera que depuis qu’il est étoilé, les geignards foodistas dans mon genre « trouvent que c’est beaucoup, tout un pigeon »), les gennnnnnnnnnnnnns.

Putain de pigeon, rosé, la peau un peu croustillante, dense, cet oiseau à la robe grise est bien entouré de chou, de salsifis et d’une « espuma carbonara » (l’énoncé me faisait peur !) riche et onctueuse. Je me prends tout le pigeon dans le caisson et j’en suis tout réjoui !

Priscilla se régale de ses Saint-Jacques posées sur une tranche de « presa iberica »   (du chic cochon) un peu trop fine pour être reconnaissable (dans sa presa attitude, je veux dire, si vous me suivez toujours).

Le pigeon a occupé tout mon estomac, mon corps se berce d’une langueur monotone, plus de place pour le dessert, mais le café « vient avec » des pralines Passion Chocolat qui sont à la praline ce que Loïc est aux restaurants prétentieux, ça ne m’étonne pas que le chef ait fait ce (très bon) choix  de pralines un peu à l’ancienne pour ses pralines d’avec le café.

En conclusion, ne vous focalisez pas sur cette histoire d’étoile (surtout si vous êtes un foodista qui écume les restos dès qu’il se voient ornés d’un macaron) , et venez manger pour manger, Loïc Villers et son petit Monde restent accrochés à leur bien manger comme ils l’aiment, et si ce garçon tourne ses autres plats comme son pigeon, je risque d’encore une fois bien manger dans son Monde est petit!

 L’addition ? On n’a pas bu grand-chose ni pris de dessert, 120 euros pour deux, y compris tout le pigeon.

Rue des Bataves 65, 1040 Etterbeek (Av. de Tervuren, quartier Montgomery)
02 732 44 34

 

15:14 Écrit par Carlo dans chefs, Restaurants | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

Commentaires

bonjour j'ai lu votre lettre critique moi quand je vais au restaurant avec mon amie anne sophie on choisi pas l'étoile mais le resto ou l'on sait que l'on va bien manger jamais nous irons manger un pigeon entier

bien à vous et a Priscilla qui je pense n'a pas été emballée plus que ça

Écrit par : KNAUFF | 27/12/2014

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