18/11/2014

Un détail? (Chronique publiée dans le Soir Mag le 29/10)

Pas plus tard qu'il y a quelque temps, alors que je recevais mon amie Priscilla* à dîner, j’ai eu l’occasion de réfléchir à l’essence même de ce qui fonde le bien manger.

Je sais depuis longtemps que une bonne cuisine, c’est tout d’abord des ingrédients de qualité, cuisson et assaisonnements justes.

Pourtant, alors que Priscilla mangeait avec gourmandise une côte à l’os (un simple blanc-bleu, mais élevé à l’herbe), simplement flanquée de champignons « cardoncelli » offerts par mon ami Giovanni Bruno du Senzanome et de patates, je sentais, et ce malgré le décolleté avantageux de Priscilla, une insatisfaction croissante envahir mon palais, et donc mon esprit, à mesure que je tentais de savourer les tubercules.

Pourtant, j’avais fait tout comme toujours. Cuites avec la peau, pelées à chaud, revenues dans les champignons, le beurre et le  fond de veau, il émanait une sécheresse inhabituelle  de ces pourtant rattes.

Ce n’est qu’à la faveur d’un réveil nocturne que je compris la bourde immense que j’avais commise. Dans le souci d’économiser mes doigts et de gagner du temps, j’avais, horresco referens, épluché les patates sous le jet du robinet d’eau froide, détruisant illico cette faculté de la pomme de terre épluchée chaude d’absorber sauce, beurre et saveurs.

Le diable se niche dans les détails, la plastique de Priscilla m’a déjà envoyé en enfer depuis longtemps, mais, Dieu me pardonne (ou pas) le détail qui ruine est toujours là, tapi prêt à vous saborder une ratte ou un rôti, mais sûrement pas les glorieux appâts de Priscilla, Dieu merci !

(* prénom d’emprunt, ne cherchez pas)

 

 

06:23 Écrit par Carlo dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pommes de terre, senzanome |  Facebook | |

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