12/11/2012

De Mayeur

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Freddy Vandecasserie a passé 40 ans à la Villa Lorraine, son fils Patrick, 20.

Ils ont tout connu d’un endroit qui a su être à la fois une institution refuge d’une bonne société en chapeau, limousines et costumes « gessati »,  et surtout d’une gastronomie de haut vol moderne, traditionnelle, conservatrice et esco-fière à la fois.

Service de qualité, confort, produits nobles, découpes en salles, hommes d’affaires, luxe, petits chiens capricieux, vedettes, secrets, amants, maîtresses, légitimes, faisans, biches, homards, élégance et petites vulgarités, Vandecasserie père et fils, façonnés par le fondateur de la Villa, Marcel Kreusch ont presque tout vu de ce qui fait la vie des grands restaurants,  entre rigueur morale, excellence et faiblesses humaines.

Ils ont même connu le rachat du vaisseau qu’ils continuaient de servir depuis des années, sans le diriger vraiment, il s’en sont même accommodés un temps. Freddy est parti le premier, Patrick le gentil est resté un peu, mais à force de lui faire faire des spaghetti au caviar plutôt que des bécasses, le jeune quadragénaire a quitté le lieu qui l’avait vu naître.

Les Vandecasserie sont des optimistes, des bouffeurs de vie, des tourneurs de page, des mecs qui aiment regarder devant eux. A peine avaient-ils tourné les talons de la Villa, forts de leur expérience, de leurs goûts sûrs et d’une vraie amitié pour ceux qu’ils aiment régaler, ils se sont trouvés un nouveau lieu.

C’est De Mayeur, à Ruysbroek, le long de  ligne tgv, entre maison bourgeoise et fermette postmodernisée, ils sont chez eux, dans leur quartier, ici tout le monde les connaît et à Bruxelles (On est à dix minutes du centre ville en passant par Forest) personne ne les a oubliés.

Le patron c’est Patrick Vandecasserie, son nom est sur la boutique, Freddy est là, pas vraiment dans l’ombre, mais par plaisir. Il trimballe sa grande carcasse et ses mains larges comme des chisteras dans la cuisine « juste pour donner un coup de main, il a rajeuni de dix ans.

Et Patrick se fait un putain de plaisir en cuisine à torcher les plats qu’il aime depuis toujours, avec, comme dirait certaine confrère, « une pointe de modernité ».

Entrecôtes de Dierendonck –avec une béarnaise aux huîtres – terrine de foie gras –des morceaux de foie gras poêlé moulés en terrine – ris et mignon de veau, turbot rôti, et en ce moment, faisan, que vous choisirez à la fine champagne ou brabançonne. Une gourmandise qui vous fait fondre de joie ressort de ces plats. Ici, Patrick, débarrassé de ce stress qui aurait voulu lui faire obtenir des étoiles à coups de gastronomie rutilante comme une Lexus de rappeur peut tranquillement trier les produits au cul du camion, soigner ses cuissons et ses assaisonnements, réaliser les découpes parfaites comme peu savent le faire.

Si Patrick sait faire cela c’est parce qu’il a appris son métier chez les meilleurs et notamment chez son père. Si les Vandecasserie aiment faire cela, c’est parce qu’ils ont un sens presque démodé de la clientèle. L’égo du chef patron artiste, ils n’ont pas été nourris à cela. On pourrait presque leur reprocher leur côté « au service », à la manière du majordome de Retour à Howards End ». Peu importe, ils sont ainsi, ils servent leurs clients, sans complaisance, et surtout sans différences, ça ressemble surtout à l’amour du travail bien fait, celui qui donne des satisfactions tous les jours.

Cette qualité a un prix, ces plats « simples » réalisés avec des produits hyper sélectionnés vous emmènent vers une addition proche de l’étoile… Et pour tout dire, cette comparaison, je m’en fous, mais vraiment, car la vraie gourmandise, celle qui vous visse l’appétit une fois pour toutes en Flandre, en face du ligne de train, elle n’a pas de prix.

Chez Patrick Vandecasserie, nous n’irons pas tous les jours, mais quand notre chemin croisera celui d’une vraie gourmande, pas de celle qui chipotent (comme disait Desproges), je l’emmènerai dévorer une entrecôte à la béarnaise aux huîtres, une terrine de foie gras et un soufflé au chocolat. 

De Mayeur

Fabriekstraat 339

1601 Ruisbroek

tel: 02/331 52 61

info@demayeur.be

www.demayeur.be

 

07:18 Écrit par Carlo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : restaurants, tags |  Facebook | |

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