05/02/2012

Dolce Amaro

DA02Copy2.jpgMa copine Joëlle Rochette a du me le dire pendant au moins six mois pas plus tard qu’il y a un an et demi. Tu devrais essayer l’italien en face de chez toi. Et voilà, justement, le dernier endroit où l’on va, c’est en face, parce que l’on a toujours le temps bien entendu.
 
Et puis les restaurants italiens, je suis toujours méfiant : entre les trilologues pâtes-pizza-scampi, les traîtres qui servent depuis trois génération des spaghetti à la tomate avec une escalope panée puis cremée –si, si- ça existe, les arrivistes qui envoient chaque copeau de truffe à cinquante euros, oui, je suis méfiant, c’est comme ça.
 
Bon ben un jour j’ai écouté Joëlle et j’y suis allé, chez Dolce Amaro.
 
Déjà c’est un restaurant, un vrai, grand mais pas serré, avec même une fresque – non ne partez pas – de la Piazza del Campo au mur, mais rassurez vous c’est stylisé, avec des nappes, des serviettes en tissu, des serveurs empressés qui vous disent gentiment « buongiorno », et vous installent, vraiment à table.
 
Le chef s’appelle Felice, il est là depuis plus de deux ans, il a quitté ses Pouilles natales, et il n’a pas trouvé le temps d’apprendre un traître mot de français. Il a travaillé dans de bonnes maisons en Italie, il est venu en Belgique, il a continué à faire la même chose.
 
Voilà peut être le secret de Dolce Amaro. Un restaurant qui s’il n’avait ouvert ses portes à Bruxelles aurait trouvé sa place à Milan, Naples ou Rome.
 
Pas une Osteria avec des petites bonnes femmes qui s’agitent pour faire une cuisine ultra locale, non un restaurant d’un chef qui a voyagé en Italie, à l’aise avec le risotto, le poisson ou les pâtes fraiches.
 
Un jour Riccardo Lillini, un serveur italien égaré dans le jeu de quilles bruxellois m’a dit: un restaurant c’est pour manger, c’est pas un bar, c’est pas une galerie, c’est pas un endroit pour se montrer, on rentre, on commande, on mange.
 
Dolce Amaro c’est ça et même un peu plus. Un service vraiment attentionné, pas le chef de salle lèche cul qui sourit et qui engueule le petit personnel dès que vous êtes assis, non juste parfait.
 
Et puis tout est bon, le pain, l’huile d’olive pour chipoter avec le pain, le morceau de focaccia en mise en bouche.
 
Je ne vais pas vous mentir, j’y suis retourné et retourné et surtout j’y suis allé souvent au déjeuner.
 
C’est là que vous jugez les restaurateurs, à cette capacité de maintenir votre appétit en alerte, plusieurs fois sur le mois ou la semaine.
 
Quelques souvenirs marquants qui m’ont marqué : des tagliolini aux truffes d’été qui m‘ont remis d’aplomb un soir du mois de juillet. Un filet de porc de cinta senese qui aurait pu être à la carte de Fulvio Pierangelini, des orecchiette en veux tu en voilà, des champignons, des calamars, du poulpe, même des escalopes, de l’huile d’olive, de l’amour et du vin, oui, Michele et Felice, vous avez su rendre un italien content, mais pas que l’italien, le mangeur, celui qui vient au restaurant pour manger, parce que en plus, vous faites beaucoup mieux que cela !
 
Et ce que j’aime chez vous, c’est même vos défauts: je me souviens d’un midi de juin, étonné de manger un risotto au safran aux grains trop détachés j’ai laché un « ma che cazzo è sto riso ? » et renseignements pris c’était horresco referens, du parboiled, ce riz tout lisse et prévaporisé….  De fait je vous l’avais déjà  pardonné avant de poser la question.
 
 
Dolce Amaro
 
Chaussée de Charleroi 115
1060 Bruxelles, fermé le dimanche,
02 538 17 00

18:22 Écrit par Carlo | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : restaurants |  Facebook | |

Commentaires

Carlo...tant qu'on y est sur l'italie...Voir sur mon blog une superbe dégustation de "Chianti Classici Riserva"...JN

Écrit par : JN Gosselin | 06/02/2012

Et oui Carlo ! Tu as bien fait d'y aller sans moi puisque nos agendas ne nous ont jamais laissé le temps d'y aller ensemble ! Du coup, y étant encore l'autre soir j'ai appris que Felice était l'heureux papa d'un petit garçon arrivé il y a deux mois ! Un p'tit d'homme de 6 kg à deux mois ! Du beau travail aussi, non ?
et surtout, retournez-y encore et aussi pour leur fameux tartare de boeuf avec ... mais là c'est une surprise dont tu me diras à nouveau des toutes good news !

Écrit par : Joëlle rochette | 22/02/2012

Joêlle, c 'est pas parce que l'on n'a pas réussi à y aller ensemble, qu'on ne va pas essayer!

Écrit par : Carlo | 26/02/2012

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