26/03/2010

Combien de points?

 

Mon papier de dans Ambiance du mois de mars...

Combien de points?

Bon, ben, là il faut que je me lâche. Il y a un truc qui commence tout doucement à m’inquiéter chez nos contemporains-contemporaines.

 

Je l’ai déjà dit, c’est avéré, la cuisine, la gastronomie, la bouffe, sont dans l’air du temps, c’est indéniable, c’est assis, tendance sociologique lourde, nous diraient les spécialistes.

 

Bien, mais tout cela n’a rien changé  à une certaine obsession du régime qui…obsède littéralement nombre de femmes et d’hommes. Là je vous parle de mon petit vécu à moi, c’est pas vraiment de la science, mais avec le temps ça fait plus qu’un échantillon statistique.

 

Dissipons tout de suite un malentendu, je ne suis pas du tout préoccupé par le fait que l’on prenne soin de son petit corps, de son état de santé, de la douceur de sa peau, du brillant de ses cheveux – même si quand ça vire à l’obsession, tout cela n’est plus de l’art de vivre, mais juste un frein à l’ouverture au monde, mais je m’égare…- , la question n’est pas là, ce qui obsède souvent les gens qui nous entourent (et souvent les filles plus que les garçons) c’est le régime proprement dit, les calories, la perte de poids rapide, voire immédiate.

 

Et ça se manifeste très souvent aussi chez celles et ceux qui déclarent spontanément se passionner pour la chose culinaire…

 

Ils n’en mouraient pas tous mais tous étaient atteints, à des degrés divers: même chez les non-pratiquants, j’en veux pour preuve la terreur des matières grasses visibles qui s’empare d’un groupe social quand l’un d’entre eux (un aventurier des temps modernes, sûrement) verse une gourmande coulée d’huile d’olive sur la salade!

 

La nécessité permanente d’accompagner n’importe quelle dégustation de pâtisseries ou de chocolat par des commentaires du genre: « là c’est pas très régime… » ou encore « on se rattrapera demain »…

 

Et ça mène où cette obsession du régime? A l’obsession de la perte de poids, et donc à son corollaire, l’alimentation vue comme un vecteur de prise de poids…et en même temps vecteur de plaisir intense, et donc à l’association plaisir et interdit, ce qui implique par la suite la punition par la privation…

 

La perte de poids est souvent le seul paramètre pour évaluer la qualité d’un régime et donc de la façon que l’on a de s’alimenter, à tout le moins pendant un laps de temps donné. J’en connais même –si,si- qui, se pesant tous les jours, s’étonnent d’avoir « « maigri » » » après des agapes et en tirent parfois de fumeuses conclusions.

 

Je ne leur souhaite pas, à ces balanço-dépendants, d’avoir perdu cent grammes après une orgie de Morteau-lentilles, ils en tireraient des conclusion scientifiques sur le facteur « calories négatives » provoqué par l’association « légumineuses-gras de porc »…Montignac a fait du fric avec beaucoup moins que ça…

 

Nous sommes malheureusement des êtres civilisés et sédentaires depuis trop longtemps pour être encore naturellement en phase avec nos besoins réels.

 

Nous sommes de plus les rejetons d’une civilisation judéo-chrétienne qui ne sait pas toujours quelle attitude avoir face à la gourmandise. Péché véniel pour les catholiques, plutôt complaisants en la matière, vil asservissement aux turpitudes du corps pour les luthériens les plus rigides (on reverra avec bonheur « Le festin de Babette »).

 

Je sais que le terme « raisonné » peut faire peur et qu’il a des relents de perfection morale subtilement ennuyeuse, mais si on arrêtait d’évoquer à tout bout de champ nos « régimes » pour chercher, en prenant le temps, en s’écoutant un peu et en se renseignant beaucoup, de trouver son « régime ». Celui qui nous convient, pour bien vivre, en donnant à notre corps ce dont il a besoin : bonne bouffe, nutriments essentiels, calories nécessaire (et surtout pas les calories en trop), oxygène, lumière…Le régime raisonné qui nous convient…

 

Et cette quête là, un peu personnelle, abstenons nous de la raconter en permanence pour nous justifier d’un écart que nous faisons devant un groupe social…

 

Mais aussi, n’en faisons jamais un facteur d’exclusion de la table de nos amis,  collègues ou proches… Manger tous ensemble un peu de gras inutile parce qu’il est au menu fera de nous des compagnons de table et des membres à part entière d’un groupe d’humains.

 

On ne m’empêchera pas de penser que c’est quand même beaucoup mieux pour l’esprit, donc pour le corps, que de refuser la pitance pour se jeter ensuite sur un sachet protéiné que l’on mangera seul, avec le seul plaisir d’une récompense mentale chimérique,  en regardant s’agiter les animaux peu comestibles de la « ferme-célébrités ».

 

18:34 Écrit par Carlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |