10/06/2008

Saines lectures

 Aux innocents la bouche pleineFrançois  Simon est un auteur à part dans la grande confrérie des « critiques gastronomiques ». Journaliste au Figaro, écrivain, chroniqueur à Paris Première,  Il a fait de cette profession un genre journalistique et littéraire bien à soi. On m’objectera qu’à leur époque les Maurice des Ombiaux (ça y est je fais mon malin, qui connaît encore ce vieux Maurice) Curnonsky et autres Courtine l’avaient précédé; je vous invite à relire leur prose confite dans la graisse d’oie pour comprendre combien ces précurseurs étaient bien plus des donneurs de leçon (avec ou sans cigare) que des écrivains qui écrivent. Avec F. Simon, la chronique échappe à une simple description objective de ce que l’on mange ou de la couleur de la moquette (lisez certaines chroniques gastro dans la presse magazine belge vous comprendrez ce que je veux dire),  pour nous transmettre son vécu, sans garantie pour nous lecteur de revivre la même chose. De fait, pour revivre la même chose, il faudrait être François Simon, et justement, la critique est peut être facile et l’art est peut être difficile (aaaahhh wéééé), mais faire de l’art en faisant de la critique c’est pas donné à tout le monde. Son dernier ouvrage :  « Aux innocents la bouche pleine » (Robert Laffont). Pas un guide, loin de là, mais une balade poétique d’un endroit à l’autre. S’il n’y avait qu’une raison de lire ce livre, je retiendrais la description homérique du grand pot-au-feu Dodin-Bouffant au Meurice, je vais pas pouvoir vivre sans dans les dix prochaines années qui viennent… Ni manger pour vivre, ni vivre pour manger, mais manger conçu comme une démarche esthétique, tellement inutile et tellement nécessaire…  

07:11 Écrit par Carlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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