17/03/2008

Le Postay, enfin!

postay

Queue de boeuf "cubique", truffe noire et feuilles craquante aux cèpes

Ca fait plus de deux ans que j'en rêvais, ça fait six semaines au moins que j'avais réservé, ce week-end, c'était le bon, celui de je pars le samedi après-midi, je fais le grand menu Epicure 10 services avec le vin, je dors sur place, et quand j'émerge, je rentre.

Donc week-end à l'Hostellerie du Postay, chez Anthony Delhasse, un des vrais futurs grands de demain, selon l'expression consacrée, et tout à fait grand d'aujourd'hui si vous voulez mon avis.

Une considération préalable: plus je me passionne pour tout ce qui touche à la table et la cuisine, moins j'aime les menus à rallonge. J'aime trop manger, goûter, essayer... pour trop manger, trop longtemps.

Anthony Delhasse ne m'a pas fait changer d'avis sur le fond, en revanche, sa maîtrise des saveurs et quantités est telle que jamais je ne me suis ennuyé une seconde tout au long de ces dix services, même si, accrochez-vous au pinceau, de l'apéritif aux desserts au pluriel, la performance à duré près de six heures. On me l'aurait dix avant, je suis pas sûr que je serais venu.

Mais là, Anthony nous offre une véritable expérience gastronomique, qui confine - au niveau du contenu des assiettes- à l'happening artistique, tendance rock, voire metal. Au delà de la qualité de l'expérience gustative, le tour de force technique, de savoir, d'intelligence, de maîtrise est absolument éblouissant. Cuisine moléculaire? Ce que l'on nous sert est trop brillant pour l'enfermer dans un style... Anthony aime dire cuisine de "jeune", et effectivement, c'est une vraie "nouvelle cuisine", terriblement personelle, qui utilise à bon escient les dernières découvertes techniques pour varier sans cesse les notes gustatives.

Le seul défaut d'un tel menu - outre sa durée, pour laquelle on ne peut être toujours prêt - c'est qu'il est tellement riche de "données culinaires" que l'on voudrait pouvoir se repasser le film, tant on l'impression de passer à côté de certaines choses.

Enfin, en grand bonhomme de la cuisine qu'il est, Anthony réussit à insuffler son style, genre ultra-passionné et relax-nonchalant à son équipe, faisant de l'expérience un moment particulèrement convivial hors de toute prise de tête. Le seul truc qui tranche avec l'harmonie particulière de ce moment privilégié? Un décor anodin, voire banal (la cuisine en revanche est superbe), et la partie hôtel, simple et totalement absente de prétentions, mais terriblement nécéssaire, après un tel marathon.

J'avais déjà eu l'occasion de goûter des plats d'Anthony , mais l'impression qui reste de ce samedi, c'est d'avoir entendu un opéra, avec en prime, quelques solos tout à fait ébouriffants...

L'Hostellerie du Postay, c'est à Wegnez (Verviers) 1* Michelin et une bonne note au GaultMillau je sais plus laquelle, mais qu'importent les guides, il y a là une vraie personnalité, c'est ce qui compte.

11:11 Écrit par Carlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

Commentaires

tu m'as donné l'envie d'y aller...et comme ce n'est pas trop loin de chez moi...et la carte des vins elle est comment?

Écrit par : sandrine | 28/03/2008

le postay Votre article reflète exactement ce que je pense de ce restaurant et de son patron. Une cuisine remarquable et un service près de la perfection; cuisine inventive et irréprochable du début à la fin, vivement qu'on y retourne, on adore.

Écrit par : sedran jean-pol | 03/12/2008

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