12/12/2007

Nossiter(roir?)

 

 

Vous connaissez Jonathan Nossiter ? Quoi vous n’avez pas vu Mondovino ? Bon, ben, c’est un cinéaste trublion que le monde du vin passionne (il a été sommelier dans une autre vie) et qui se veut un peu « réveilleur » de consciences par rapport à certaines hégémonies gustatives et commerciales qui sévissent autour du pinard (pardon du divin nectar). 

Le terroir, sol, histoire ou les deux? 

Dans « Le goût et le pouvoir » Nossiter se penche – et c’est l’intérêt principal de ce livre (pardon de cet opus) - sur la notion de terroir, sur sa signification profonde, sur ce que cela comprend, contient, embrasse. J’ai souvent rationnellement pensé (fallait bien que je vous donne un bout de ma pensée, depuis plus de quinze jours que je n’ai rien écrit) que  le terroir c’est tout ce qui n’est pas « exportable », à savoir le sol et le climat. Or, la thèse de Nossiter est séduisante : le terroir est indissociable de l’homme et de son histoire, il est une sorte de musée vivant et évolutif, dans lequel chacun qui y travaille reçoit autant qu’il donne…

Bio-ethno diversité?

 Il s’agit d’une vision qui n’a certes rien de scientifiquement quantifiable par rapport aux arômes qui vont se retrouver ou non dans le vin, mais le vin étant un produit culturel autant que gustatif, il est pour l’auteur indissociable de l’histoire des hommes qui l’ont fait et qui le font toujours… Une sorte de bio-diversité autant liées au climat et à la géologie du sol qu’à l’histoire… A l’heure où le vin se technologise, ou certains goûts s’uniformisent et où l’on reproche –aux vignerons français notamment – de se cacher derrière leurs appellations pour faire du vin pas bon, la thèse est séduisante; d’autant que Nossiter ne nous fourgue pas ce discours dans un but de dire que tel ou tel vin est meilleur que l’autre, non! S’appuyant notamment sur l’exemple des moines cisterciens ayant depuis près de mille ans classé presque au millimètre certaines parcelles de Bourgogne, il nous dit, c’est différent, point.  

 

 

Relaxxxx... 

 

 

ET…j’ai envie d’ajouter, tout cela n’est que l’illustration de la diversité incroyable du monde du vin, qu’il soit de terroir …ou pas. Dans son livre Nossiter règle au passage quelques comptes avec une certaine pensée unique de la critique (notamment américaine avec le gars qui s’appelle comme un stylo).  Là on a envie de lui dire : « Jon, relaxx, même si on nous dit que avec des vins qui sentent la vanille on a des bons points, la diversité n’a jamais été aussi accessible, la preuve ton bouquin regorge d’exemples de vins de terroir, frais, légers, vifs… » ! C’est amusant de constater que ce qui était auparavant l’apanage de conservateurs à casquette (le terroir) devient une valeur progressiste, contre l’hégémonie d’un nouveau conservatisme « clinquant paillettes » qui serait basé sur une certaine opulence du goût presque vulgaire… Qu’est ce qu’on arrive à être profond juste en se penchant sur un verre, tcheu!  

 

Boire et manger que du bonheur! 

 

 

Au final je retiens quoi de la prose de Jonathan? Comme souvent, l’intérêt, s’agissant d’un produit à la fois de consommation, commercial, culturel, qui ennivre et qui égaie, alimentaire, festif ou quotidien, c’est : la diversité – on avait compris – et... le débat…autour d’une bouteille, ou même plusieurs, je connais pas grand-chose de mieux pour ceux qui comme nous se passionnent pour ces matières vivantes que sont le boire et le manger.

 Le goût et le pouvoir

 

07:22 Écrit par Carlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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