11/08/2007

Manger local?

Manger local, pourquoi pas, même si en bon bruxellois qui a l'habitude de ne pas voir le soleil ni le ciel bleu, j'aime souvent me réjouir l'esprit et le ventre de nourritures lointaines propres à m'ensoleiller un rien l'existence, histoire d'en apprendre toujours plus sur toutes les cuisines et d'oublier que le plafond est un peu bas sous nos latitudes...

Les questions philosophiques étant réglées, j'ai la petite chance de m'immerger quelques jours par an dans ce bain de jouvence culturel et physique qu'est la Méditerranée (si, si, la Méditerranée et ses plages sont de plus en plus propres, c'est pas de l'intox - j'ai dit plus propres, pas moins fréquentées).

Alors, en Méditerranée, justement, la nécessité de manger local me saute à la figure, et ce n'est plus l'envie qui fait le menu, que non, mais bien le produit qui crée l'envie, qui crée le menu, si vous voyez ce que je veux dire...

Histoire d'être un poil plus clair, quelques produits qui ont croisé ma route et mon appétit ces derniers jours

tomates

 

Inutile de chercher midi à quatorze heures, quand au détour d'un marché paysan d'une petite ville de Provence vous croisez les petites bêtes que voilà, pas besoin de réinventer la salade de tomates; des tranches, épaisses, fermes, une lampée d'huile d'olive généreuse, quelques grains de fleur de sel, et en ce qui me concerne, c'est tout, je préfère faire l'impasse sur le vinaigre, encore plus s'il est balsamique. Je ne sais pas pourquoi, depuis que le balsamique fleurit de toutes couleurs et manières, on le voit toujours surgir sous prétexte qu'il accompagnerait la bouffe méditerranéenne -hein, puisque c'est italien - Rien de moins méditerranéen que ce bon vieux balsamique, si tant est qui'il soit bon, source d'arômes infinis, ami du parmesan, riche accord bien terrien, à des centaines de kilomètres de la grande bleue...

 

tatin de pêches

Et quand votre panier croise des pêches jaunes tendres et juteuses, pourquoi ne pas détourner cette bonne vieille tarte tatin (euh, pardon, "la tarte des demoiselles Tatin" pour parler comme une carte), en laissant en plein été les pommes au Chili (j'adore le Chili, là n'est pas la question)...

fleurs de courgette

Ou encore, faire une entrée riduculement simple de beignets de fleurs de courgettes...(Quand je dis ridiculement simple, je m'explique. Vous mélangez de la farine fluide à de l'eau très pétillante, au fouet, jusqu'à ce que ce ... simple appareil prenne la consistance d'une pâte à crèpes un peu épaisse...Trempez les petites fleurs dedans, et vite vite dans une huile (d'olive) chaude mais pas trop fumante, laissez dorer, sortez à l'écumoire, épongez sur papier absorbant, fleur de sel, citron, et ...rien...

 

figatelli

Et...parce que tout cela jusqu'à présent manquait un peu de protéines, j'en avais entendu causer, mais j'en avais jamais mangé, trouvé sur un marché provençal de la côte, ce saucisson corse un peu particulier...le "figatelli", littéralement "petits foies"..;juste du foie de porc en saucisson, pas pour les chipoteurs, mais goûteux, on va dire...Au deuxième plan on aperçoit un saucisson de sanglier, toujours corse, qui ne démerite pas, loin de là...

 

oeuf presque parfait

Et au détour d'un oeuf fermier, une tentative d'"oeuf parfait" sans thermomètre ni bain-marie (il suffit d'éduquer son doigt à la température de 65°, un peu approximatif, mais tellement meilleur qu'un oeuf dur...)

bietole

 Un peu plus à l'est, des bettes d'une variété particulières, première fois que je tombais dessus...un légume un peu austère, mais une pointe d'ail, un peu d'huile d'olive, une salade de "borlotti" ou de lingots tout près, et voilà ces feuilles légèrement amères qui se dérident...

Allez, pour la suite je vous raconte mon dîner chez Jouni (voir les archives de août 06) qui a déménagé de la petite rue de derrière le port de Nice pour migrer sur le début de la corniche, avec la terrasse qui donne sur la mer en technicolor, 16/9, 5.1, Dieu merci, sans le surround...

13:25 Écrit par Carlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

Commentaires

Je suis 100% d'accord : jamais je ne mange de pomme du Cap, même en tout petits dés dans une salade (d'ailleurs je suis une accro de la cox, pomme très saisonnière et bien de chez nous) et je sélectionne soigneusement les produits. Néanmoins, il faut parfois faire des compromis (comme tu le disais à la radio). Une règle pourrait être aussi de ne manger que des préparations maison (éviter le tout-fait grande surface)... Et les boissons ? Des jus d'oranges venant du Brésil lyophilisées ? C'est hélas si courant que dans certaines familles on ne connait plus le gout du VRAI jus (en hiver quand c'est la saison des oranges)...
Bon, là dessus, mon exception à moi, c'est un excellent thé à la cardamone que je déguste...à peu près à l'heure de ta chronique!!!

Écrit par : Michèle | 18/08/2007

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