11/04/2007

Macaron run

 

D. R. 

la photo vient du site figaro madame, j'ai pas trouvé mieux

 

La culinairocultissime MiriamN (quand est-ce qu'on te découvre sur un blog?) me dit que j'aurais été amputé de quelques secondes dans ma chronique de lundi, qu'à cela ne tienne, voilà le texte plus ou moins intégral.

 

En matières de bonnes choses à manger, comme de bonne table, la mode, c’est pareil que pour les fringues ; il y a des produits, des attitudes, peut être moins éphémères que la hauteur (ou la « basseur ») de la taille du jean ou du tee shirt, mais quand même, mode il y a;  et, en ce lundi de pâques, las de ramasser des œufs en chocolat couvés par des lapins distraits, j’ai eu envie de vous parler d’une petite grande mode qui n’en finit pas de faire tourner la tête des parisiens (il semble qu’en Belgique, le démarrage soit un petit peu plus mou) j’ai nommé cette folie pâtissière d’une gourmandise qui se pare de mille parfums, le macaron !!!

 

Enfin, le macaron parisien d’aujourd’hui, hein, parce que vous me connaissez je vais une fois de plus vous la faire un peu historique, le macaron est très ancien, il est multiforme, il vient probablement d’Italie, il peut être de Nancy ou « amaretto », bref, il n’est pas né de la même manière qu’il est à la mode…Apparemment le macaron (cousin donc de  l’italien amaretto, ou son fils on ne sait pas) serait venu de Venise – mais je ne peux m’empêcher d’y voir, comme dans nombre de pâtisseries méditerranéennes, une influence arabe – et serai arrivé en France dans les bagages de Catherine de Médicis…

 

Le macaron moderne, celui dont je vais vous causer dans trente secondes, apparaît à Paris chez Ladurée (il y est toujours parmi les meilleurs macarons de Paris) et c’est lui l’objet de notre petit bavardage du jour…

 

 

Donc, le maracon qui fait courir le monde c’est quoi ?

 

En fait, c’est…deux macarons, petits « « « « biscuits » » » » je mets des guillemets parce que c’est sans farine, il ne s’agit que d’un mélange de base de sucre, de poudre d’amandes et de blanc d’œuf, réunis pour la vie par une crème, une ganache qui peut être parfumée à plein de choses, de l’huile d’olive à la rose en passant par le munster au cumin, j’exagère à peine, d’ailleurs je suis sûr que quelqu’un a déjà du y penser, au macaron au munster au cumin…

 

Et là naît cette folie, tout à fait dans l’air du temps culinaires, qui dans certains milieux de freaks de la bouffe fait des ravages…

 

 

Cette gourmandise petite, un peu solitaire il faut quand même le dire, que l’on consomme prestement après l‘avoir saisie entre deux de ses doigts, qui se prête ou que l’on prête à de multiples expériences en matière de parfums, est au faîte d’une certaine façon d’envisager la modernité culinaire…

 

By the way, j’adore me promener sur les blogs culinaires d’amateurs très très éclairés et passionnés , et de fait il s’agit le plus souvent d’amateuses, de bloggueuses, donc, et je constate que les épices, les aromates les saveurs originales se multiplient à l’infini…

 

 

Des madeleines, oui mais au thé matcha (je vous suggère d’ailleurs à tous d’investir votre patrimoine dans le thé matcha, ça coûte la peau des fesses et l’occident le découvre et le met à toutes les sauces, peut-être qu’un jour on finira par en boire) …

 

Du crumble ? Oui, mais aux sardines…

 

Des macarons, au saumon fumé, à l’huile d’olive ou au vinaigre balsamique…

 

Ou encore du tiramisu à tout ce qu’on veut, sauf au café, et servi de manière absolument incontournable en verrine individuelle…On imagine plus de plonger vulgairement dans un plat commun, pour faire un parallélépipède parfait que l’on recouvrira de poudre de cacao…

 

Cela dit, c’est comme pour les pâtes, le risotto ou les vermicelles de riz….Quand on maîtrise la cuisson, la « vie intrinsèque », les petits codes, la musique de ces « classiques » qui ont souvent déjà beaucoup de poésie à l’état « simple », l’envie est légitime d’explorer les saveurs de toutes les saveurs que le monde d’aujourd’hui. Et cela débouche souvent pour les curieux culinaires que nous avons envie d’être, par de grandes petites émotions gustatives, même si en ce qui me concerne, j’aime bien, de temps en temps, retrouver la saveur originelle et simple d’une texture précise, débarrassée de ses oripeaux parfumés, rien que pour réinitialiser mes goûts de temps en temps…

 

Mais  je dois aussitôt dire que mes petites expériences macaronières de ces trois derniers jours on tôt fait de faire tomber toutes mes petites analyses à deux balles pour me réjouir tous les sens :

 

Le toucher, de saisir délicatement ces petites choses sans écraser la ganache, l’ouië, oui oui, écouter craquer le biscuit avant de sentir la merveilleuse texture d’une ganache dont on ne sait plus à quoi elle est parfumée alors on cherche, le goût, caressé par la délicate saveur sucrée, le toucher encore par le contraste merveilleux des textures croquantes et moelleuses, du biscuit d’abord et tout à fait moelleuse de la ganache et rebiscuit, …..rhâ et enfin tous les plaisirs de l’olfaction où le pâtissier nous fait découvrir sa maîtrise des saveurs…

 

J’ai eu de plus la chance d’assister à une séance de komankonfélesmacarons, et même si les gestes sont simples et peu nombreux, c’est d’une précision inouïe, je vous raconterai ça une autre fois. De même, ne vous fiez pas aux recettes par trop simplifiées que l’on trouve çà et là, il faut faire son petit pâtissier avec un peu d’application pour faire un beau macaron…

 

Je me rend compte qu’à vous raconter tout cela je me donne des petits airs de précieuse, mais franchement, mardi dernier après-midi, sous un soleil frais printanier qui donnait envie d’arpenter Paris en tous sens, je ne me suis à aucun moment senti ni fashion victim, ni coupable de péché de gourmandise, ni encore moins honteux  d’avoir entamé solidement le patrimoine que je laisserai à mes enfants en laissant un peu plus qu’un billet rouge pour une trentaine de macarons, tandis que ma main serrait avec fermeté le petit sac avec deux petites boîtes que je ramenais de la minuscule et précieusissime boutique Hermé de la Rue Bonaparte

 

Mon expérience de dégustation pour se finir ?

 

Je vous raconte pas tout mais , j’ai épinglé trois hits :

Un macaron à la crème de pistache avec une griotte capturée dedans, une alliance extraordinaire, bien au-delà du macaron,

 

Un macaron caramel et fleur de sel, plus caramel que sel, mais j’adore ce goût de caramel mou qui me rappelle plein de choses…et enfin, pour l’expérience sensorielle, le macaron à al rose à la crème au pétale de roses, bon d’accord, pas très viril, mais vraiment extasiant…

 

 

07:49 Écrit par Carlo dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

Commentaires

renseignement bonjour, je voudrais savoir si vous faite des formation pour des macarons et autre

Écrit par : simorre | 07/04/2008

renseignement bonjour, je voudrais savoir si vous faite des formation pour des macarons et autre

Écrit par : Zaffuto David | 16/02/2009

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