25/06/2006

Tout se perd...

On ne parle plus que de ça, la malbouffe, la cuisine industrielle, la perte des traditions culinaires. Il est vrai au début du siècle dernier, la cuisine, notamment française, pouvait s'ennorgueillir d'un patrimoine gastronomique unique qui berçait les enfants du siècle naissant dans un éventail de goûts, que nous ne pouvons imaginer, dévoyés que nous sommes par le fast-food et le prêt à manger, le snacking, les nouilles instantanées et les sodas allégés...Certains auteurs nous aident, Dieu merci, à réveiller nos consciences et à trouver le désir d'un retour aux sources du Vrai, lisez plutot:

"Aujourd'hui, la renommée (des) créations et spécialités locales subsiste encore, mais ce n'est le plus souvent, hélas! qu'un reste de grandeur déchue, qu'une gloire purement nominale. L'industrie s'est emparée de la fabrication de toutes ces bonnes choses, dont on gardait jadis le secret dans les familles, qu'on ne servait qu'à des initiés et à des amateurs de choix. Le commerce maintenant les répand un peu partout; mais la quantité fait tort à la qualité; à mesure qu'elles se vulgarisent, elles perdent de leur finesse et de leur rare saveur"

Percutant et d'actualité n'est-ce pas? Sauf que ça a été écrit en 1904, par André Theuriet, de l'Académie française, en préface de "L'Art du bien manger" de Edmond Richardin...

Que peut-on en déduire? Bah, plusieurs hypothèses, en vrac:

Soit que quelque soit le domaine, il y a toujours des grincheux pour dire que tout fout le camp ma bonne dame et que c'est la faute aux écoles, à l'ouverture des frontières et à la disparition des punitions corporelles...

Soit encore que vraiment, nous sommes dans un processus dégénératif culinaire et ça fait plus de cent ans que ça dure...

Ou, encore, que finalement, quel que soit le domaine de la connaissance humaine, - et la cuisine en est un des plus beaux et des plus quotidiens...- la vigilance, l'envie de connaître, la volonté de sauvegarder ce qui existe et de créer ce qui n'existe pas,  se doivent, pour les curieux culinaires, d'être toujours à notre esprit...Car enfin s'il est des produits et des traditions culinaires qui ont disparu, si des goûts s'uniformisent sous la pression des opérateurs de la world bouffe, il est des produits, des recettes, des savoir-faire (que quelqu'un me vienne en aide sur le pluriel des mots composés!) qui n'ont jamais été aussi bons qu'aujourd'hui (si, si)....Les vins d'ici d'ailleurs et du Monde et l'huile d'olive en sont (mais il y en a d'autres) de magnifiques exemples...  Bon allez, après la profondeur de ces réflexions, je suis fatigué...Bon dimanche pluvieux pour ceux qui ont de la pluie, ensoleillé pour les autres, bon appétit si vous êtes à table, bon travail si vous êtes au boulot, bonnes vacances, salut en de kost, bonjour chez vous, bonne coupe du Monde, et j'en passe...

A propos de coupe du Monde, il y a un truc qui me gonfle; pourquoi plein de journalistes continuent depuis que la coupe du Monde a eu lieu en Argentine, en Espagne et au Mexique à dire "Moundial"...Pourquoi pas "Mondialé" à l'italienne, hein? Ou Mondial en français, quand on parle français, non? Ou Coupe du Monde, j'sais pas... 

 

09:13 Écrit par Carlo | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |

Commentaires

Oui mais... Le problème c'est la mondialisation (oui oui oui je sais c'est un peu facile). Hé oui, on s'internationalise, le meilleur chef du monde devient Anglais puis Espagnol, et plus Français. En vérité, peut-on continuer comme ça? Les cultures sont encore assez différentes, et c'est la même chose dans le domaine du goût. Qui dit que certaines personnes préféreront Adria à Gagnaire? Ou à Bocuse? Alors oui, il y a une forme de dispersion de la haute cuisine, qui devient un loisir, mais pas pour tout le monde... Il y a ceux qui cuisinent, et ceux qui ne cuisinent pas (les deux ayant bien entendu leurs raisons). C'est tout ;-)

Écrit par : Stéphane | 25/06/2006

d'accord Heureuse d'entendre quelqu'un parler d'André Theuriet puisque c'est un homme qui a beaucoup écrit sur mon pays le barrois de par ma mère et l'Argonne de par mon père, heureuse d'autant plus qu'il partage mes convictions culinaires. Il a notamment écrit un très joli poème sur la quiche lorraine. Il est malheureusement difficile aujourd'hui de trouver ses oeuvres !

Écrit par : MarieT | 25/06/2006

m'enfin... il y a encore plein de gens qui cuisinent, plein d'enrichissement justement par rencontre des cultures ... Par contre, la simple lecture des étiquettes de certains produits industriels devrait nous faire dresser les cheveux sur la tête !!!

Écrit par : Michèle | 26/06/2006

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