07/01/2006

Back to basics

Bien, après ces semaines de produits de luxe, souvents caloriques, de débauches de matières grasses, sauces et bûches, - j'avoue, bien qu'ayant tenté de me surveiller, j'ai cédé aux sirènes de la verticale de foie gras - des envies de nourritures simples, méditerranéennes, essentielles me tenaillent...(Christian, il me reste toutefois une place pour des pieds de porcs panés, mais c'est juste à titre scientifique bien entendu)
Ma rêverie napolitaine de cette semaine me rappelle qu'il est de ces plats qui semblent éternels - c'est pas vrai, de fait, mais un peu de glamour ne fait pas de mal - et qui sont souvent les plus forts en réminiscences gustatives, les plus ancrés dans nos mémoires, les plus faciles et les plus difficiles à faire. On pourrait soutenir que c'est le lot de tous ces plats des familles, de la purée à la soupe aux poireaux, en passant par la blanquette. Eh bien non, il est selon moi des plats qui ont une dimension supplémentaire, celle de l'éphémère. Mais voilà que je me mets à causer comme un Ferran, (il va finir par me demander des royalties) il va falloir que je m'essplique...
L'éphémère c'est le plat essentiel, dont la fusion des saveurs naît d'une succession d'opérations souvent rapides, et qui nécéssite d'être mangé dans l'immédiateté de sa production afin de percevoir des sensations qui ne dureront pas. Prenons un contre-exemple pour situer notre propos: le pâté en croûte ou le homard en belle-vue ne sont pas des plats éphémères (enfin, ne faites pas attendre le homard une semaine, hein, avec le temps qu'il a déjà passé à regarder passer les clients derrière le frigo comptoir, il va finir par se remettre à nager...)
Il est un plat, léger, essentiel (pour quelqu'un qui a réussi à se faire appeler carlos@pasta.be en tout cas) qui synthétise à mes yeux cette cuisine du "moment":
Les "spaghetti aglio, olio e peperoncino"...Allez, on s'essaye à la recette en direct...
La casserole d'eau bout (1), j'y jette une poignée de gros sel, et, pour deux, maximum de 200 g de spaghetti de M. Setaro...Je les pousse délicatement sans les casser, je veille à ce qui'ils ne collent pas entre eux...
Ma main droite attrape une poêle en inox, j'y verse une lampée d'une de mes meilleures huiles d'olive, je chauffe légèrement...
J'ajoute une gousse d'ail, frais de préférence, coupée en deux, je la fais rissoler tout doucement...
J'émiette un piment sec, je retire l'ail..
Mes pâtes sont cuites, elles sont terriblement "al dente; "verde" on dit à Naples... Je les égoutte à peine, et elles rejoignent l'huile et le piment dans la poêle...Je monte le feu, je rajoute un peu d'eau de cuisson, et d'un geste autoritaire, je fais sauter mes spaghetti, je goûte la sauce qui se crée au fond de la poêle  et je rajoute éventuellement un peu de sel, je parsème de persil plat haché, et, vite, je dresse (à la fourchette) deux assiettes chaudes..
A l'aide d'une cuiller, je remets un peu de la petite sauce sur le dessus des pâtes, un peu de persil et une petite lampée d'huile "crue" pour exalter encore les saveurs...
Et je mange sans attendre, et surtout, je ne mets pas de parmesan, sinon je ne reviens pas en deuxième semaine...
Et quand j'ai réussi ce plat 10 fois de suite, je peux m'attaquer à la recette suivante, tout aussi exigeante et obéissant aux mêmes règles, les "spaghetti alle vongole"...
 
(1) S'il est des amateurs du jamais assez regretté Pierre Desproges dans nos lecteurs on se souviendra que "Quand le chat bout..." Celui qui retrouve la fin de cette délicieuse réplique gagne une bouteille de balsamique Campari-15...

10:19 Écrit par Carlo | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |

Commentaires

Quand le chat bout... le mérou pète!

Écrit par : Mr Cyclopède | 07/01/2006

Pieds de porc Pauvre Carlo !!! Pour goûter des pieds de porc panés, il te faudra sans doute attendre le 14 mars vers 21h00 lorsque les participants de "Bistrots parisiens" seront prêts à passer à table. Pour ce qui me concerne, j'en préparerais peut-être bien un de ces soirs la semaine prochaine !!

Écrit par : Christian | 07/01/2006

Bonjour Carlo Encore un site que je découvre avc joie bravo..je vais certainement prendre temps de lire tout ton blog..je mets un lien de mon blog vers le tien d'ac ?? Bisous

Écrit par : martine | 07/01/2006

Etonnant non? Rhââ, la minute nécéssaire de Mr Cyclopède, ça avait quand même un peu plus d'allure que les lobotomisés de la Starac...Quoique à la même époque il y avait les jeux de 20 heures, hein, Maître Capello...

Écrit par : Carlo | 07/01/2006

Les commentaires sont fermés.