26/10/2005

encore une toile

Voilà un film qui m'a secoué la trippe quand il est sorti chez nous en 1997... A l'époque j'étais restaurateur, je faisais de la cuisine italienne (PERBACCO pour ceux qui connaissent) et cette saga  de deux immigrants italiens aux Etats-Unis qui essaient de faire de la vraie cuisine-à-leur-maman à des américains qui veulent des glaces flambées et, horresco referens, des "spaghetti and meatballs", m'a rappelé des scènes bien vécues dans mon petit quotidien à moi. La première scène du film, particulièremnt poignante, met en scène un couple dans le restaurant - ce sont les seuls clients - Arrive un risotto et la madame demande au monsieur "Mais quand esct-ce qu'ils vont me donner des spaghetti?"
 
Je vous rassure, mon quotidien était moins triste. Mais d'avoir répondu mille fois: "Oui, le risotto, ça se mange comme ça" à des brouettées de clients qui me demandaient "Mais où est la viande?", ça pourrait mener à vous décourager de (tenter de) faire du prosélytisme culinaire...De même, à la question "Est-ce que je peux avoir des pâtes en accompagnement?" La réponse était, est, sera, toujours, Non! Les pâtes c'est avant, sinon c'est de la cuisine alsacienne, c'est des nouilles, et ça sert à éponger la sauce du gibier (Et c'est très bon, là n'est pas la question). Mon ami Ruggero de l'excellent restaurant "La Caneva" rue des Grands Carmes à 1000 Bruxelles, a renoncé. Si on lui demande des pâtes à la tomate en garniture d'une escalope valdostana, il les sert, en se bouchant le nez, mais il n'a pas envie de se faire un infarctus pour cela. Cela dit, allez-y chez Ruggero, c'est simple, juste, bon, vrai, compétent, sympathique et sans prise de tête. Et surtout laissez-vous faire (en matière culinaire, je ne le connais pas assez pour vous en conseiller plus).
 
Donc, revenons à notre "Big Night". Ce n'est pas le meilleur des films où la bouffe est un personnage, mais c'est très bien documenté sur la cuisine napolitaine. Seul bémol, les personnages (qui sont en Amérique depuis peu) parlent entre eux en anglais (dans la BO) en feignant d'avoir l'accent italien, ce qui est un peu stupide. De fait, je pense que les acteurs au départ ne savent pas l'italien, ceci expliquant cela. Toutefois, un bon film c'est aussi une bonne BO, et à ce niveau là ça un craint un peu. Mais pas plus que Jean Reno qui joue (mal) l'italien dans le Grand Bleu (à part ça j'aime bien Jean Reno, c'est le trait forcé qui m'exaspère...)
 
 

19:53 Écrit par Carlo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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